LES MESURES NORMALES ET LES MESURES ADAPTÉES
144. Bien qu'Aristoxène déclare — d'autres théoriciens le laissent entendre — que toute mesure puisse être aussi bien que thétique, antithétique, il est évident qu'on doit considérer comme normales celles où le CI poids » du temps et celui de la mesure sont de même nature.
La mesure normale s'ouvre donc soit par ,L, soit
par ^^^.
Exemples de mesures normales :
M.trochaïque thebque
48fi
KSr.VCLnPÈDIE DE LA MVSIQUE ET Dlf.TJOWNAriiE DV r.n.XSERVATOffiE
M.dactyliq^ie théUque
TVT. iamtvque (i J J antiUieLKjue -K- ■■ — -
TL aTiapesUque •;; J~] j^antithétiqiie 2 ■■^'
Seront dites mesures adnpties celles qui sont disposées de telle sorte que la ballue initiale du temps soit en conflit avec la battue du pied :
Exemples de mesures adaptées :
M Irocliaique antiUieliq[U£
M. lambique theUaQie
Cette désignation leur convient, parce que leurrOle parait être, dans le plus grand nombre des cas, une accommodation d'un groupe rythmique isolé à un rytlime prédominant. Exemple : soit une série iambique dans laquelle la mesuie type est manifestement un diiambe antithétique, donc normal [360, t] :
Supposons qu'on intercale entre deux mesures quelconques de ce schème un ditrochée; normalement il serait thélique; on devra donc lui faire subir un chavirement de la battue, le rendre antithétique ; [360, 3] et ainsi on radai)tera au rythme iambique.
Autre exemple. Soit une série de dianapestes normaux :
Qu'il s'y glisse un didactyle isolé : il s'adaptera à cette battue, deviendra antithétique et s'écrira :
ItoOi fournissent des renseignements précis : il y a dans tout mètre une région réservée et qui, quoi qu'il advint, devait rester pure : cette région est intense; c'est le Posé. Là où le poète case des mots appartenant à un autre rythme, est la région du Levé, la « moins noble » du mètre, celle que des éléments hétérogènes peuvent remplir (1291 à (131).
Il importe que le lecteur retienne les types de mesures suivants, qui sont d'un emploi fréquent et dans lesquels le substitut marque le Levé. Il y est joint des mesures avec syncope interne, caractéristiques en ce sens que la syncope y chevauche de la partie faible sur la partie intense de la mesure, ce qui est conforme à notre usage de la syncope :
Iitrocliie
On peut dire, en général, lorsqu'une mesure ne doit pas se battre normale, qu'elle est » adaptée » h. une battue prédominante.
145. Comment, en l'absence des points indicateurs, et avec le secours de la seule » quantité métrique » (valeur ou durée des syllabes), — en un mot, quand on se trouve en face de textes purement verbaux, — reconnaître la battue ?
Ce n'est pas toujours possilde. Tant s'en faut! Mais dans un assez grand nombre de cas les 0 substituts »
Biiainl
[dit CKoriambe
Di anapeste à sjTîcope
Ce tableau, extrait du grand tableau [360], contient les vaiianles les plus usitées de quelques mètres types. Le choriambe (- u w -) n'y ligure que sous la forme antithétique, qui est la plus usitée, et qui fait de lui, le plus souvent, une simple variante du diiambe; mais c'est en réalité une mesure ambiguë dont les autres usages seront indiqués plus loin.
LA RYTHMIQUE VEHHALE
146. Comment, en l'absence de substituts, déterminer le Levé, par suite le Posé, et par conséquent les limites de la mesure? Le lecteur a déjà entrevu le mécanisme de la » coupe » verbale, il faut à ce sujet entrer dans quelques explications.
Presque tous les renseignements fournis par les Anciens sur la rythmique s'appliquent à un art vocal — donc verbal — où la valeur des syllabes, en durée, est prédominante. Le principe qui fait de la (syllabe) longue (-) le double de la bi-i've (w|, comporte une tolérance qui permet d'attiibuer à la longue une durée de 3, 4, 5 ou 6 unités. En un mot, une longue peut avoir pour valeur :
pas dé signe
11 ne semble pas que, vocaicmcnt. celte limite ait été dépassée. Le mot reste le substratum essentiel du rythme, et à sa déformation par les allongements il y a des limites restreintes.
Mais les entraves rythmiques infligées aux séries verbales ne s'appliquaient point à l'art instrumental.
iiisTnini-: m: la misiove
GRECE 'iH7
C.i'liu-c'i. ilr>l vrai, ne prenait que rai'eniciil son imlr IHMiliUh 0 ahsoliie. Toiilel'ois il est certain t\i\o, niènie .issocié au oliant dont il était, comme chez nous, le soutien, il ne s'astreignait point à le suivre note contre note, et rju'un i< contrepoint » plus ou moins fleuri, sans parler lies préludes, di'S riloiirnolles et des poslludes, ai^rémentait les parties de llûle ou de citliare. Il en résidtait une polyphonie nidimentaire à II parties, une " diplionie », pourrait-on dire, (jui marque les limites île l'harmcniie simultanée dans l'art grec. Ici c'est aux seuls rythmes verliaux, ou à peu près, (pie l'on aura alfairo. Les monuments nous y conlinent, et il ne faut pas Tonhlier. I.a rythniif|ue va donc se réduire à des mesures de syllabes; elle sera presque exclusivement métrique'. Toutefois, on en présentera, autant que faire se pourra, les seules applications musktiks.
ÙA
li> fP
d .iiiiiis, ils produisent les anneaux de cette chaîne solide et souple que ligui'e chacun de leurs vers.
Toutefois, — et cette reniar(iue doit précéder l'exposé généial des différentes es[)èces de vers. — lorsque ceux-ci sont constitués par une agrégation de mesures » simples », c'est-à-dire de temps-types érigés en mesure : péons, ioni(|ues, par exemple, ou encore doclimiaques-, il arrive très souvent que la liii des mots coïncide avec la lin des mesures. Autant dire que de tels vers sont sans coupe :
TKTRAMirrftK CKKTIQrK
«a-ia-ijif-pa i no-boc OKjiav loiJoXt-pà yôp | Ta^vuî)p6po^(;
Euinémides . 370
TlilBAMETRE DACCHI.VQCE
n; ay- ùi, I tii; ob-po | npo • (Jtn t a Hià^'V-Y"';.
rrotnethee. 115 [380]
TÉTRAMÉTBB lONUJUB (majCUr) CATALECTIQrE
- — \J ^ -l«w J. — >J \J ^ \J Ij^
"Hpnv iTO-T£ liJiaa-'iY Ai- a | ToviEp-m-Kt -pauvov
Soladés. elle par Hépheslion
TKTRAMF.TRE lONlQDK (ininOUr) CITAI. KCTIQDK
ûi - 0-vu oov 1 KO-Tdyouoai | ^puYiiuvIffe. I ô-pE-u)v
Bacchantes. 85 [3S2]
DOr.HMl.XQCKS
JiqfflTSPîH®
Melpoméne jouant, sans phorheia, de l'aulos double. — Coupe à figures rouges, pointe vers 450. — Musée du Louvre, salle G.