‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 73 sur 1158 · Cesnûla, Salaminia, fig. 53, p · texte numérisé non relu

Cesnûla, Salaminia, fig. 53, p

Chypriote a voulu, comnie beaucoup plus lard les pelits-maitres du grand siècle, oITrir un cadeau à sa maîtresse: il a donc commandé à ses serviteurs de tout préparer pour un repas champêtre, et, pour éviter l'ennui d'un trop long tête-à-téte, a songé à emmener avec lui des musiciens habiles en leur art. « .Malheur à vous! s'écriait le prophète Isaïe; le kinnor, le nable, le tympanon et la flûte agrémentent vos festins, et les œuvres de Jaliveh, vous ne les regardez point, et ce qu'ont fait ses mains, vous ne le voyez point'-! »

La musique syro-pbénicienne eut une influence considérable. En Egypte, cet art était simple et primitif sous l'ancien empire; ce ne fut qu'après les grandes conquêtes asiatiques du xviii" siècle qu'il commença à y prendre un grand développement; des instruments nouveaux apparaissent, trigone, cithare, double llûte; sur les monuments se déroulent d'interminables théories de musiciennes, de chanteuses et de danseuses'^; les luthiers syriens trouvent sur cette vieille terre pharaonique un merveilleux débouché pour leurs produits'''. Les vieux instruments sont affublés de noms nouveaux, d'origine sémitique, kinnor, nadjkhi, ouudjiia, ouuirou^". A côté du verbe hos, chanter, on emploie couramment le mot sémitique haniili ">. Les scribes s'indignent fortde ces mœurs nouvelles, et l'un d'eux reprochait à un de ses élèves de donner dans cette mode funeste'". De même à Kome le vieux censeur Scipion Emilien s'écriait dans une harangue fameuse : « Nos jeunes gens se font enseigner des arts d'agrément déshonnètes; au son de la sambuque et du psallérion, ils se livrent aux jeux des histrions : ils apprennent à chanter', ce que nos pères auraient voulu faire regarder comme une honte pour un homme libre; ils vont, dis-je, à l'école des danseurs parmi de vils esclaves, ces vierges et ces enfants d'ingénus. Quand on me racontait cela, mon esprit ne pouvait croire que des nobles pussent apprendre de telles choses à leurs enfants; mais je me suis fait conduire dans l'école des danseurs, et j'y ai vu certainement plus de cinq cents jeunes gens et jeunes filles; et parmi eux (ce qui m'émut au plus haut point pour la république) un enfant de douze ans à peine, portant la bulle d'or et dont le père brigue les honneurs, sautait en agitant des crotales, et cette danse, l'esclave la plus impudique n'aurait pu honnêtement la danser"!» Deux siècles plus tard, Juvénal constatait que u depuis longtemps déjà l'Oronte syrien a coulé dans le Tibre et y a versé son langage, ses moi'urs, ses flûtes, ses cordes obliques elles sons agréables de ses tympanons" ». Les instruments syro-phéniciens faisaient en effet fureur à Rome, et le maestro Flaccus, fils de Claudius, à qui Térence avait demandé les intermèdes musicaux de ses Adclphes, avait employé à l'orchestre des flûtes tyriennes-".

De même, Salomon s'était adressé aux luthiers du roi de Tyr, Iliram, quand il avait voulu donner à ses chantres de bons instruments de musique; on les fit avec du bois à'algownim. pin ou santal, que la flotte phénicienne avait rapporté du lointain pays d'Ophir,

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