Duttetin de correspondance heîléniqne, 18!>4, p. 365 sqq
HISTOIRE l>E LA MUSIQIE
GRECE '.yj
î LJ
et li; piiinl ilii l'ose Idinbe ainsi à la plaeo iiormalf (cf. mesures 4 et 6). Ce mode de Iccliire a l'avantage de supprimer une anomalie.
Sur ce monument le Posé est sifçnalé aux yeux par des points, comme dans les exemples précédents tirés de l'Anonvnie. Lorsque l'iambe est condensé en une tenue de trois unités (mesures 1 et 2), le point surmonte le sifjne de cette tenue. Lorsque l'iambe a sa l'orme pure {mesures 4 et 6), le point est appliqué h la seule noire, alin d'indiquer le posr du temps. Lorsque l'iambe est remplacé par le tribraque, rhacune des 3 croclies du groupe est surmonlée du point (mesure .'i). Aux mesures 3 et " le lapicide a manqué de place ou de soin : il convient dajouler le point à la 3' croche.
L'exéeulion de celte jolie pièce, avec alourdissement tri's léiTcr du Posé, — il faut battre à l'antique, en commençant par le Levé, — est niinulieuseinent récriée par les sij^nes; cl elle est une dénionstralion directe de la pratique rylliniique des Anciens.
Abstraction faile de la mesure 3, où le premier temps est Irocbaîque, les diiambes purs (4, 6), moniiuji^.'! (o, 7, 8i, contractés (1, 2l, balancent périodiquement leurs deu.x temps, dont le pins faible est initial. Mais celle mesure 3 elle-même, qui commence par un trochée, obéit au même répime : le Irocliée initial y est faible, comme dans la dipodie trochaïque anlithétique".
Celle mesure 3 a une importance capitale : elle confirme l'interprétation donnée, dans les glyconiens de l'hymne delphiqne, du groupe rythmique — ww-, appelé chiiriinnlie par les métriciens, parce qu'il résulle (le l'affrontement du chorée ( ;= trochéel et de l'iambe [377J :
— <-> vy .
C'est une mesure ambiguë : ici la bascule rythmique penche vers l'iambe terminal icf. mesures 2, 12, 14, 16, 18, 20, 22 de l'exemple [436'. Les métriciens ont longtemps cru incompatibles le trochée et l'iambe; leur juxtaposition en une même mesure pouvait, en elfet, paraître contradictoire. La chanson de Seikilos a définitivement « réhabilité le choriambe », et confirmé les vues exposées par Henri Weil, dès 1872. Th. Ueinach a rais en lumière l'importance de celte inscription : le choriambe est ici l'équivalent du diiambe et subit la même balleu.
La forme ambiguë lui permettra tout aussi bien de se faire à l'occasion le substitut du dilrochée (176i, et on le verra — autre rôle — devenir un agent de modulation rythmique à l'intérieur de certains vers o24 .
174. L'interprétation de l'hymne à la Muse, attribué à MésomèJe (à comparer avec la transcription [70|), se réduit à la première strophe. Il est certain que deux pièces minuscules ont été confondues en une seule-.
1. Si dans l'air de l'Anonyme on transforme en tenue de 3 unités cinq des longues fournies par les manuscrits, on aboutit à l;i tnulsfription de W'estphal et à des ressemblances étroites avec la chanson de Traites. Mais pourquoi iniliger à des longues normales un accroissement de durée arbitraire?
La première parait être clairement exprimée pur la graphie ci-dessous :
Hymne à la Muse.
"A-£i-be Moi — gg poi ^i-Xn
mes. 3.
(loX-nn; b'é - ji nç na TÔp - xov (2) I I
LÎ.ÏE
Sî
— \J ^ \J ^ KJ s.
aij-pn bf oSy on' àX-ot-ujv
mes. 7.
é-iiaçj(j)péYac
to- vei — Tuj.
[ll'-'l
Le manuscrit de Naples donne aux mesures 6 et 7 ivers 3 et 4), au lieu de Z sur la noire, le son N. La traduction proposée par rh. Reinach, qui voit ici un télracorde néo-chromatique, I N P C ( = )'<' î(ï;sj.. lai, dans lequel le son N est emprunté aux Disjointes chromaliques du ton hypolydien, appelle l'observation suivante. Dans l'hymne delpliique [.■i47|, le télracorde néo-chromatique empruntera son degré anormal à l'échelle pseudo-relalive située une tierce mineure plus bas. On aurait ici, conformément à cette pratique, non I N P C, mais I K P C [Le lecteur peut se reporter aux diagrammes [loi] |lr)3| et, au moyen du tableau [168], substituer aux signes de la notation dite instrumentale ceux qui se trouvent employés dans les manuscrits de l'hymne à la Muse.] Le son N, emprunté par Th. Ueinach à une échelle chromatique hétérogène, bien que voisine', se trouverait ainsi isolé au milieu d'une série diatonique divergente. Il n'a point paru à Gevaert que cette leçon fût justifiée. Mais il convient de la signaler, dans le cas où une trouvaille nouvelle apporterait une confirmation aux vues de Th. Reinach.
La seconde pièce (KaÀ/.'.o-Eiaïooii, d'après Reinach, est constituée par deux hexamètres daclyliques, où le Posé en chaque pied est initial, et qu'on peut lire directement sur l'exemple [70]. .Mais il estime que le dernier vers, qui fait chavirer la battue, est un dimètrefait de deux diiambes, dont le premier a la forme choriambique. Cette juxtaposition de deux rythmes antagonistes est une élégance recherchée, ailleurs établie par d'autres exemples.
Ne pourrait-on toutefois, vu la briévelé de lapièce, considérer que le choriambe du dernier vers est une répétition des deux choriambes initiaux dans les deux trétramètres choriambiques précédents'? L'ensemble