LES INSTRUMENTS ASIANIQUES EN GRECE
Historiens et musicographes de l'antiquité s'accordent à n'attribuer une origine purement grecque qu'à la lyre, à la cithare et à la llùte simple à cinq trous. Les instruments polycordes, du type harpe, psaltérion et même cithare, auraient été importés d'Asie, et leurs noms seraient empruntés aux langues de ce pays*-. Ils furent très vite adoptés e[i loiiie, mais, sur le continent, se heurlèrent toujours à quelque défiance. Leur étendue harmonique, l'ampleur de leur sonorité, ne plaisaient pas au goût sévère des Grecs, qui n'yvoyaient que des incitations à la volupté et à la mollesse. Aussi les philosophes proscrivaient-ils ces instruments avec rigueur. « Nous n'avons pas — disait Platon — à entretenir dans ma république des ouvriers pour fabriquer des trigones, des pectis et tous ces instruments à cordes nombreuses et à plusieurs harmonies''.» On utilisait cependant leurs ressources dans l'étude des problèmes acoustiques; à l'éijoque alexandrine, leur caractère exotique leur attira une certaine vogue.
Les instruments à cordes. — La cithare asiade. — Les hellénistes croient volontiers aune origine orientale du mot kithara^, qui se retrouve en ell'et dans la Bible''. H est à remarquer que dans Homère la cithare se trouve surtout entre les mains des Troyens et de leurs alliés; les Grecs jouent plutôt de \a.phorminx. Au \" siècle avant notre ère, la grande cithare de concert s'appelle nsia.s kithara ou simplement asias^. Elle se compose d'une caisse trapézoïdale aux faces latérales légèrement cintrées, d'où partent plusieurs cordes disposées en éventail (fig. 117). Ce furent les citharédes de Lesbos qui en propagèrent l'usage-'. Plus tard on crut que la forme eu avait été fixée au temps de Cé-