VII. Toute mesure ayant une double forme, forme
théti(|ue et l'orme antithétique [itOO], il peut se produire, au gré du musicien-poète, un choc entre deux nu\sur('s consécutives d'équilibres contraires. Ce heurt rylhmiiiuc de deux Posés allrontés, ou de deux Levés, correspond à un clitivirement de la battue, qui a lieu, dans l'intérieur d'uni; pièce lyrique, d'un vers ù l'autre; et même, dans l'intérieur de certains vers, d'une mesure à l'autre.
VIII. Dans la rythmique appliquée à la musique vocale, la seule que les monuments permettent d'étudier, les soudures des mesures entre elles sont établies presque partout par les mots, qui chevauchent, presque partout aussi, sur les divisions du rythme iSerruys).
IX. Dans les strophes lyriques chorales, où l'expression du sentiment collectif prédomine, l'invention du rythme et de la mélodie précède l'invention des mots. La répétition mélodique et rytlimi(|ue, très goûtée, se fait, dans les strophes successives, sur des paroles dill'érentes. Dans ce cas, c'est aux sons et aux durées ([u'il appartient d'exprimer la pensée lyrique, dans sa forme la plus large. Les mots ne font que s'installer après coup dans un cadre musical et rythmique préétabli.
X. Dans les scènes où un soliste traduit par la monodie des sentiments individuels mobiles, passionnés, les mots reprennent la préséance et sont les conducteurs de la mélopée. En d'autres termes, le lyrisme individuel s'affirme par la subordination de la musique à la poésie.
Joueur de cithare et joueur d'aulos double, funambules exécutant sur la corde raide — • prodige do valeur! — la « danse accroupie » que les Russes pratiquent encore et qui a été en vogue chez les Grecs depuis le vie siècle av. J.-G. jusqu'à l'époque romaine (cf. lian&e grerqne antique, p. 195). Il est précieux de constater, par les peintures de Pompéi (i" siècle avant J.-C.) qui
nous fournissent ces musiciens-danseurs , que les instruments essentiels de l'art grec, la cithare et l'aulos, sont en honneur chez
les Romains, au i'^'' siècle avant notre ère. Et l'image ci-dessus, en un plaisant raccourci, nous montre que les Romains ont hérité des Grecs leur musique et leur orchestique. — iluseo Borbonico, VII, L.
M.4URICE EMi«ANUEL, 19H.