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LA MUSIQUE OCCIDENTALE

Par Amédée GASTOUÉ

Le nom de moyeu âge éveille, chez la plupart do nos contemporains, la vision d'une époque mystérieuse, vague, enténébrée, d'où jaillit cependant l'idée puissante qui enfanta ces sublimes cathédrales que nous admirons toujours, et qui ne cesseront d'être de merveilleux modèles oti'erts au.x constructeurs et aux décorateurs de l'avenir.

Le moyen âge, est-il nécessaire de le dire, est bien autre chose que cela; et d'abord, ce que nous nommons moyen âge correspond-il à l'idée qu'on peut s'en faire d'après cette appellation? Non.

En réalité, cette expression ne répond à rien de

précis. En piétendant mettre à part la période mille' naire qui s'étend de la lin du \' siècle aux dernières années du xv" siècle, les littérateurs romantiques des environs de 1830 ont commis la plus lourde des erreurs historiques, scientifiques et artistiques.

Ce qu'on a voulu, c'est marquer ce qui sépare l'antiquité gréco- romaine des temps relativement modernes. Or, si nous voulions établir une ligne de déraarcati(jn a peu prés nette, ce n'est ni au v ni au xv= siècle qu'il faudrait en placer les deux termes, mais au x'^, à la tin de l'époque carolingienne.

Les goûts antiques, en eU'el, malgré les ruines

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MOYEN AGE s:,?

accumulées par les invasions des barbares, subsistèrent et s'impost'renl en maîtres Juscin'aii nionieiit où les races conquises et \r.s c(in(|ut''rants eurent enliéremetil l'usioniié. Jusqu'au rè^ne de Cliarleniai;no et à la renaissance ipi'il produisit, on peut dire (luo l'auliquité n'est pas moite. Arts el sciences sont toujours réfjis par les nii^ines lois (|u"aux premiers siècles de notre ère.

L'empire carolingien l'ut la (in île l'antiquité; mais aussi, ayant nnilié les races et les coutumes, il donna le sipnal de la formation et de l'émancipation des peuples : l'idée moderne était née. Dès lors, arts et sciences suivent un nouveau processus. Ue nouvelles inventions les transforment, les font évoluer, les amèneront jusqu'à la foriuation de notre mentalité moderne.

Au point de vue spécial qui nous occupe, on voit qu'il n'y a donc pas, à proprement parler, de musique du nioven âge; il y a des formes musicales qui, à cause de leur emploi prédominant à lel ou tel moment de cette longue période, peuvent sans doute revendiquer le qualificatif de « médiévales », mais, en dehors d'elles, c'est la musique antique grécoromaine, liébraïi]ue et égyptienne, telle qu'elle était en usage vers le ni" siècle de notre ère, qui subsiste seule Jusqu'à l'époque de Charlemagne, et ce sont, d'autre pari, les premiers balbutiements de la musique mesurée et polyphonique qui se font entendre dès ce moment.

Voilà pourquoi nous no dirons point la inusuiiic du iiioi/oi (i;ie. mais l<i musique au inoi/cn l'ujc. Et la grande division que nous venons d'indiquer marquera elle-même la division de ce travail : on y traitera d'abord du chant liturgique proprement dit {plain-chani ou chant ijri'-fioi'icn). dont la période de formation et d'apogée s'étend principalement jusque vers le xi" siècle, puis des formes mesurées et polyphoniques qui naquirent vers le i.v- siècle (musique des trouvères, déchani, moletsi.

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