THÉORICIENS
La tonalité, le rythme, le style de ces musiques profanes ne peuvent nous être connus que par l'étude comparée des monuments de l'antiquité grécoromaine avec ceux du chant chrétien.
De ce côté, nous sommes amplement pourvus, et les polémiques qu'on a pu élever sur ces questions sont venues simplement de l'ignorance de tous les documents que les recherches modernes ont fait sortir des bibliothèques poudreuses où ils se trouvaient.
D'ailleurs, nous ne devons pas oublier qu'au moment où Rome et les contrées occidentales de l'Europe se débattaient ainsi contre la barbarie, Byzance, d'un autre côté, était en possession d'une civilisation extrêmement raflinée, et les musiciens, comme les artistes de tout genre que comptaient nos pays, allaient demander à leurs confrères liyzantins le complément technique dont ils pouvaient avoir besoin.
Dans l'enseignement donc, les traités si importants d'Aristide Quintilien, pour la rythmique, et de Gaudence, pour la tonalité, maintenaient dans les écoles les principes antiques. (Juand nous disons les écoles, on doit aussi bien entendre les établissements d'enseignement ordinaii'e et supérieur, que ceux où la musique était l'objet de soins tout particuliers, tels les Scltolx cantoruin décrites plus loin. L'étude des principes, non point seulement de ce que nous nommons actuellement le solfège, mais aussi du rythme, de la tonalité et de la division des intervalles, était poussée très loin et faisait l'objet d'une des matières des cycles des études libérales, suivant la tradition antique, conservée à travers tout le moyen âge.
Les deux manuels d'enseignement dont j'ai cité les auteurs dataient du ir- siècle, mais ils trouvaient leur explication ou leur complément dans des traités plus récents, nécessités par les progrés de l'art musical.