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Adam de la liassc'e, mort en l2Sii, clianoinedeSaiiil- Pieiifi (le Lille, fut un reniarqiialile compositeur, surtout de pièces religieuses, publiées en 1838 par l'abbé Oarrel.
Eu Adam do la Halle, enfin, le « Bossu d'Arras », contemporain du précédent (environ 1210-1287), nous avons, pour ainsi dire, le cùmpendium du xin" siècle musical. Depuis Tédition de ses œuvres, par De CoussemaUer, en 1872, on a souvent ilonné des extraits de ses pastourelles, et le Jeu de ïiobin et Marion a été iroiUé par tout le monde. Adam de la Halle fut un mélodiste et un polyplioniste, et il a laissé, en tant qu'œuvres littéraires et musicales, trenle-(iuatre chansons, dix-sept jcu.v-parlis, seize rondeaux, dont un noël, cinq motets profanes, le Jeu d'.\dam, celui de Robin et Marion, celui du Pèlerin et diverses autres compositions.
Au xiv» siècle et au xv", la musique nouvelle a décidément conquis droit de cité; compositeurs et théoriciens se succèdent, développant et purifiant l'art mesuré et polyphonique : parmi eux nous compterons des gens de grand talent :
Jehannot de Lescurel, au commencement du xiv" siècle, dont les œuvres sont empreintes d'un profond sentiment'.
GiiLLAiMEdeMachaut, néàMacliaut, près de Rethel, en 1284, mort en 1309; un des plus remarquables théoriciens et compositeurs de ce temps. On remarque pour la première fois, dans ses œuvres, la minime, note encore plus brève que celles jusqu'alors usitées, et au moyen de laquelle len tenant compte du mode de transcription que nous avons adoptéi, plusieurs de ses compositions peuvent être notées avec des mesures à 6 12 ou à 12 10, comme ses « chansons balladées ». On chanta une de ses messes (peut-être fut-il le premier auteur qui ait écrit une « messe en musique ») au sacre de Cliarles V.
Philippe de Vitry, évèque de Meaux (environ 1285- 1301), contemporain du précédent, fut un maître théoricien de grande valeur, dont les travaux ne contribuèrent pas peu au développement de la musique de son temps.
Jean de Mûris, ou de Meurs, fut encore plus impor-
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tant que le précédent; chanoine de Notre-Dame de Paris, et professeur de mathématique et d'astronomie à la Sorbomie, il est un des plus grands esprits de son temps. Ses œuvres théoriques eurent un succès considérable, cl plusieurs de ses compositions polyphoniques sont renfeimées en divers manuscrits.
L'école anglaise brilla alors avec Binciiois, qui faisait partie, en 1437, de la chapelle des ducs de Bourgogne, et Dl'nstaple, qui passa sa vie dans son pays d'origine. Plusieurs de leurs œuvres les plus remarquables, chansons avec instrumenls, ont été récemment éditées à Londres, ainsi que des pièces de Dufay.
GuiLLAUMK Dufay est le nom île plusieurs musiciens, depuis le milieu du xiv-' siècle jusqu'au commenceniiMit du ïvi"'. Le plus important toutefois, né vers 1400, mourut en 1474, dirigeant alors la chapelle de la cathédrale de Cambrai; il avait été, de 1428 à 1437, chantre de la chapelle pontificale de Rome, puis de Philippe le Beau, duc de Bourgogne. Il fut le principal maître du xv" siècle, et celui dont les œuvres eurent la plus grande intluence sur le style de toute l'époque suivante. En lui, peut-on dire, se clôt la musique médiévale; ses successeurs appartiennent à l'art de la Renaissance.
Tels sont les maîtres dont les recherches et les inspirations transformèrent lentement l'art musical, jusqu'à l'amener à la souplesse de formes que révélera Josquin des Prés à la fin du xv^ siècle.
Pour la mélodie, on a déjà eu quelques exemples typiques dans les pages précédentes; quant à la marche ascendante de la polyphonie, elle dut beaucoup à la forme appelée motet, où les musiciens chercliaient, en en défigurant plus ou moins les valeurs, à faire concorder des mélodies données.
En même temps, ils s'essayaient à développer des thèmes, soit en eux-mêmes, soit par l'adjonction d'harmonies diverses, soit par la recherche des imitiilions dés le xnr siècle, tantôt pour les voix seules, tantôt avec instrumenls, comme le sont, au xv= siècle, les chansons de Binchois, de Dufay, de Dunstaple^.
Veut-on connaître quelques exemples typiques de cette évolution? On me permettra d'en reproduire d'après une de mes études sur ce sujet 2.
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^ \. Elles ne sont point encore éditées, ainsi du reste que les œuvres •du suivant; mais un choii fait et transcrit par M. Pierre Aubrv pour ses cooféreoces de l'école des Hautes Lludes sociales y a été exécuté ■en I90i, par M"»» A. Gasloué, qui s'est particulièrement adonnée à l'interprétation de notre vieille musique.
-. Les cours ducales et royales entretenaient grand renfort d'insruments, surtout tenus par des Anglais et des Irlandais. Déjà le lai
de VEpine, au xrii» siècle, parlait de la chanson d'Aélis Que uns Iroi> ^one en fa rote (Qa'uu Irlan'laîj fait rêfonner sur sa rotlel. L*îs mêmes avaient introduit la harpe; au xv« siècle, on loue les « harpeurs » anglais de la cour de Bourgogne.
3. L'i Musique a Avif/non ei dans leComtat, du quatorzième au dixhuitième siècle, dans la liioista 7nusicale itaiiana, 1904 (tirée à part).
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On pourrait enfin résumer Tari populaire issu de 1 l'une pasiowclle anonyme du xui= siècle, l'autre chances maîtres, par la comparaison de ces deus pièces, | son faile pendant la guerre de Cent ans'.
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1. Aubry. tes Phis Anciens Monuments de la innsiçue française, 1 giiianx, plusieurs des pièces mélodii]ues les plus remarquables du. Paris, 1005, ou l'on trouvera, avec la photographie des nianuscrlls ori- j xi» au xvi« siècle.
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Voilà donc la mélodie française dans sa forme native, el, si nous la rapproclions des vieilles chansons populaires conservées dans les pays de tradition, nous ne serons pas surpris de voir que, mieux que les musiciens de carrière, les bergers des monlagnes ou des plaines onl gardé, dans leurs naïfs refrains, les meilleures formes de notre vieille musique nationale.