‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 830 sur 1158 · HK S · texte numérisé non relu

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Je n'ai pas été très lienreux avec le Lihro l'nmo de luth ( 1346) d'Antonio Hotta iqualifié, comme d'habitude, musico cccelloitissimo dans le titre de sa tabla-

ture . Des 27 danses qui sont dans les premières pa;,'es du volume, ce n'est que La liotca e il l'uso qui a pu lixer mon attention, parce qu'elle édaircit

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l.i lorine orii.'iiiali' d'une iiK'Ioclic iiopulnirc, trnitéo avec liiiessn comme Puss' e mi-zto el Piidovand jiar d'autres auteurs illorzaiiis, etc.). Tout le reste des danses est d'une jjraude fadeur. J'eus bien des difficultés à surinoiitcr lorsque j'essayai de lire les Miflfùjali et la musi(iue d'éylise; sur ces tablatures on jieut suivre pas à pas les Iransforinations ipie subissaient les dillérents modes driivt's de l'art f,Tec, A cause des altérations clironiati()ues ipic les cliaiiteurs eniployaii'Ml ilans la musique iicdypiionique avant l'alcstrin.i et (|ue les luthistes écrivaient sciupuliusenient dans leurs tablatuies. Je ne rej;retto donc pas la peine (|ue les pa;,'es de Itolta m'ont dunnée, pour avoir pu y sur|irendre dans la piati(|ue le fait par leipiel le caractère de la musiipie ancienne disparaissait eji pii'senco de l'inlluence inconsciente qui créait l'arl niod.rne.

Les Iticcrniri que Kolla a écrits sont sans attrait.

Marrantonio del l'il'aro, de Holo^n(!, qu'il ne faut pas conloinlre avec l'il'aro, p(''re di- rromlioiicimi, publia, dans son Lihfo Pn';//o de tablature pour le lutli (I.'i4ii', Cliiareiizdw et .S<(/^/)'e//i, auxquels il donna [lompensenient le titre (b? « toute espèce de; danses p>. A ce (|u'il parait, la Cliinrfiizaïui était un l'uas' e mezz'i en mouvement un peu vif ((^); des Snllarclti je reproduis tWiaoïéitiiiio, (|ui, mal;,'ré qnebpies suites d'accoids un peu clioquanls pour nos oreilles, me parut ètie la meilleure composition de l'il'aro. Les deux fornit^s qu'il a exclusivement employées finissent par ennuyer, bien que la variété, pour ne pas dire rextravaf,'ance, des tons et des modes, qui se succèdent continuellement sans aucun é;.'ard pour le sentiment de la tonalité et pour l'unité de la pièce, puisse surprendre.

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MvBCANïoxio iiKi. Pn-'AKo, 1516. — l.'Aiicoiiil.nin , Suihirellu.

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Quant à la manière de composer de Pifaro, je dirai seulement que de deux morceaux de Lu Batai/Ua francese de Janequin il lit une ChiarenzanaU'.ela ne faisait point scandale de son temps; d'autres lutliistes ne se privèrent pas de faire étalage de leur habileté

en disposant comme l'asx' e mezzi et SaltaieUi la même chanson et bien d'autres encore. Cependant ils montrèrent plus de iioùt que Pifaro.

Au contraire, on doit regarder comme un des meilleurs luthistes d'alors Joan-Maria da Crema. Le soin

ENCrr.LOPliOlE de la MISIQUE et Dir.TIOXXAllŒ or CONSERVATOIRE

qu'il emploie pour conserver toujours sur le luth toute l'expression des pièces ori^'inalcs est vruinieiit admirable. De plus, les Riccrctiri Je sou Primo Lihro de tablature (154(ij montrent, dans les bornes per-

mises par l'instrument, qu'il élait un compositeur de valeur. Parmi ses quinze Hicfrcavi je choisis le sixième, qui est agréable par le dessin naïf de la mélodie.

Jo.-Maei,v da Cbkma. ISiiJ. — Hkercar xerln.

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On trouve aussi dans le livre de da Crema plusieurs chansons françaises : Entre mes bras. Vivre ne puis, Jiiyme le cœur, De vos servir, Amors ont clinnQi', Le content est riche. Je le laraij. Amis souffres, .lamais. Holla he. Et don bon soir, Bni/ses moi/, Mon ami, U

n'est })liiisir. Quels que ce et Allons allons; elles mériteraient toutes d't^tre reproduites, tant elles ont de firàce; mais le manque d'espace ne me permet que d'en donner un seul exemple.

.II). -Maria ha Cbema, \:<i6. — A7 i/«« /«« .so;>. Chanson française.

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La musique religieuse transcrite par Joan-Maria da Creina \Queramus et Leiare de Josquino, Qnx est ista de Gonibert et Si boiia stiscepimiis d'auteur inconnu) m'a été une preuve de plus que ce fienre de tablature n'a d'intérêt que par comparaison avec la composition originale. On doit s'étonner que de très bons luthistes, tels que Joan-Maria, et après lui Galilci, Terzi, Molinaro, lîesard, etc., ne se soient pas aperçus de la profanation qu'ils commettaient en transposant sur les cordes du luth la musique d'église, soit à cause de la construction i;uindée à laiiuelle il fallait la réduire, soit à cause de l'effet très faible, je dirais presque ridicule, qui en résultait. Du moins ces tablatures conservent avec précision la tradition de la manière dont on exécutait clironiatiquement la musique vocale du xvi« siècle : c'est une question qui est discutée chaudement et sans succès par ceux qui ne considèrent point la chose à ce point de vue.

11 est étrange que les danses renfermées dans les dernières pages de ce livre si intéressant soient presque toutes très mauvaises. En outre, la division de la mesure est souvent fausse, ce qui me fait croire que Joan-Maria n'a pas eu part à la publication de ces pièces, qui ont été probablement ajoutées au volume par l'imprimeur afin de rendre celui-ci plus amusant et plus varié.

Dans le Libiv l'ciino (la47), mis en tablature par Simon Gint/.ler, il y a 6 Riceixari de l'auteur, 10 Motclti à six, à cinq et à quatre voix de Josquin, Verdelet, Berchem, Mouton, \\illaert, Arcadelt et Lupus, tiladrigalide Xerdeloi, Arcadelt et l{erchem,et 6 chan-

sons françaises de Sandrin et de Villiers. Tout cela a une valeur historique, parce qu'il serait difficile à jirésent de reconstituer les compositions de ces anciens maîtres avec d'autres moyens. Parmi eux Sandrin est nommé par Babelais comme un des musiciens les plus célèbres de son époque. La chanson Mais pour quoy, composée par lui dans le style poly- [ihonique, est embellie de /iofilure et de traits mélodiques rapides entre les notes originales d'une façon ultra-exubérante par Gintzler.

De la musique polyphonique fut aussi transcrite pour le luth {Libro Seconda, lo48) par Julio Abondante : JI/a(/ri;y«/î, chansons françaises, Motetii. Ricercari et ?\'apolitane. L'édition de Scotto es( fastidieuse à lire, et souvent même impossible à interpréter, car les erreurs de chiffres et les caractères obscurs se rencontrent à chaque pas. C'est dommage , parce que dans ce volume paraissent des compositions remarquables de Willaert, de Cipriano liore, de Nicola Vicentino, dont on ne connaît aucune autre musique imprimée, et de Leonardo Barre. J'ai reconstruit à grand'peine le Palcr noster de Willaert, dans lequel il existe des altérations chromatiques plus surprenantes que celles qui ont été notées dans le texte de Otto Kade dans le V volume de l'ouvrage historique d'Ambros (Cf. Summelbànde dcr Int. .Musik- Cicsellschrift, anno 111, fasc. 3).

Les NnpoUlane d'Abondante sont vives, mais ennuyeuses; elles n'ont pour mérite que de nous apparaître comme les premiers essais de ce genre.

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Le livre intitulé 7/ Beinbo (1549), du luthiste de Padoue Melchioro île Barberis, représente un recueil de musique très singulier. 11 contient des chansons \)Op\ûa.iTes, Funtasie, Madriijali et airs de danse avec SallareUi elPass'c inezzià foison. Mais dans la tablature apparaissent les fautes les plus incompréhensibles, et le plus souvent l'ensemble des pièces atteint à un haut def;ré de fadeur et d'extravagance. Je ne saurais dire si la responsabilité en est au luthiste

ccccllenlissimo], qui avec II hemho était arrivé à son neuvième Librri di liuto: en tout cas il ne donne pas la preuve de la finesse de son goiil. Je transcris une l'avanii, qui se développe dans le rythme de 4/4, et qui de cette façon dilfère de la Paviniti-Gaijliarda à rythme ternaire simple ou double; cette l'uvana devient facilement Satlaretto avec une modification assez léeère.

Mki.chiobi: du Bahdi:bis 1519. — l*unniii rt Sitltitrcllo.

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XVI' ET XVII" SIÈCLES

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Avec II Ih'iidio, Ic^ " yloi'ieux travaux "tic Haiiieris ne s'ai'lii'vi'i'enl pas : quL'li]Ui' temps apri's il publia son Liliio Dtciiihi pour li' lutli. Pur celui-là ou apprend iiuon jouait alors en Italie il'uiic i-'uitarc à sept cordes, Men dilVéreiite par conséquent de la guitare alla spuijuala, (|ui dura lon|,'tenips avec cin(( cordes. Il s'agissait proliablenient d'un instrument plus v'''ii"d que le luth, à forme de guitare; il était accordé avec les mêmes intervalles que le luth, plus une corde à vide en dehors de la touche, l.a variété des instruments à pincer fut très giande au .Nvi» siècle; mais tous, plus ou moins, peuvent st' léduire aisément aux formes typiques du luth l't di' la guitare.

Le Flamand Jo. Matelart publiait en 1559 son |iremier livre de luth, contenant 15 liicercale o vero Fanliisie de lui, le Benedirluf: et l'Osanna de la missa de lienedkla de Moralex, et (]uel(]ues Hiccicnle de l'"rancesco du Milano mises en concert pour deux luths par Matelart lui-même.

Il convient de remarquer que dans ces dernières compositions les deux luths sont parfois accordés à des tons dilVérents, c'est-à dire (jue celui ([ui exécute le contrepoint (accompagnement) est haussé d'un degré sur l'autre; de cette fac-on, la diversité des tons ajoute de nouveaux elfets par la sonorité plus variée des cordes à vide.

Les Faiitdsie de Matelart n'ont pas un caractère capable de les faire distinguer du style de cette époque ; on doit plutôt tenir en considération VOsnnna

de Morale^, où la lahfiluie fait voir des altérations

Fii3. 303. FiG. 300.

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chromatiques comme la tonalité de ce temps-là n'en laisserait pas supposer.

Jo. Maïklart, 1550. L'ihittinii >h' lit Missit ilr lii'iu'ilîcfu tk Morfih

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KSCYCLOPÉDIE DE LA MIS/OrE ET DICTIOWAIRE DU r.OXSERVÀTOniE

De Jacomo (iorzaiiis, i> ciccoptigliesc, liabitaiite nella fittà di Tricstc », je connais deux livres Je luth, publiés à Venise en ln6i et da63. Ils sont très intéressants par rorisinalité des compositions qui y sont contenues. Plusieurs suites de Pass' e mezzi, Saltarelli et Piidovane se présentent sous une forme toujours nouvelle dans ces ouvrages de Gorzanis; leur mélodie est caractérisée par une certaine naïveté qui leur est propre et par l'usage presque continuel de la gamme descendante majeure avec le septième

de^ré mineur (harmonie liypophrygienne de la musi(iue grecque, et mode mixolyilien ou si'iitième ton du chant liturgique), laquelle donne à la tonique la tendance à la quarte en lui ôtant le sentiment de repos absolu que nous y reconnaissons ; l'accord ressort décidé; le rythme se dévelopiie régulièrement. 11 m'est impossible de reproduire ici, à cause du manque d'espace, de longues pièces de fjorzanis; c'est pour cela que je me borne à transcrire une de ses Padovanc du deuxième livre.

Jacomu dk Gorzanis, 1563. — l'ailmiim delta « Chi passa per i/aesla siraila

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Sous le prétexte d'apprendre « l'art de bien mettre en tablature u la musique iiolyplionique, Viucenlio (ialilei en 1.^68 publiait le Fronimo, oii il traduisait pour le luth les compositions des maîtres les plus célèbres de sou temps. Que l'intention de l'auteur i'ùt telle, nous le voyons par la deuxième édition du livre (1384), ou les pièces qui y sont contenues paraissent tout à fait nouvelles. De cette façon tlalilei nous présente des Ricevciile, des Cdnzoni, des Madrirjali et des Motetti très estimés dans le monde musical du xvi« siècle. Nous trouvons de plus dans le Froîiimo des Fantasieet des lUcercate composés par Galilei. Celui-ci doit certainement avoir fait mer-

veille sur son lulli, si, comme il le dit (page 104 de la deuxième édition du Fnmimo), on l'a vu « mettre en tablature et jouer plusieurs fois des musiques à quarante, à cinquante et à soixante parties... sur les cordes ordinaires »! Il dit aussi « avoii- des Canzoni et des Mutelti. qui au total surpasseront le nombre de trois mille, divisés en cent livres:... des iliccccatc et des Fcintasie divisés eu dix livres » ; il ajoute que, (( entre autres choses, il a composé plus de cinq cents Romaneschc, trois cents Pass' e mczzi et cent Guijliarde, tous différents, outre le grand nombre d'airs sur d'autres thèmes et les Saltarelli: loul cela il veut le faire imprimer dans dix nouveaux livres ».

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XVI' ET XVII' SIÈCLES. — ITALIE fiS7

On ne coiiiiiiit. rien de tout(' colli; niusi(|uo, saut' îles danses, qui ne snni |ias en nombre aussi consi<léralile nue (lalilt'i l'al'linnait; <in conserve le manuscrit à la Hibliotlièque nationale do KIorence, et il a bien plus de valeur que le Fvouimo, à cause du fleure des i-omposilions qu'il contient. Toutefois, nous devons reronnaitre i|Ui" la mélodie que (ialiloi adapta aux Homancuclie. Sutliirclli. Pass' e mczzi et GinjUardc ne brille point par un caractère qui peut distin^'uer les dilïérenls types des danses autrement (|ue par les mesures binaire et ternaire, et qu'elle dénote l'aiidité de la l'orme polypboniiiue <rnù elle est sortie.

Cependant nous y rencontrons une très ;;ranile richesse dans l'usau-e de certaines tonalités qui n'étaient [las employées du temps d(^ (lalilei ; c(da prouve ce que je disais plus haut, à savoir que le tempérament éf;al était un fait ([ui s'était accompli naturellement, et sans que l'on s en aperçi"!!, dans les cordes du lutli dès rori|.;ine do l'instrument. J'ai eu occasion de transcrire beaucoup de paf^es de ce manuscrit; je les ai [uibliées dans les Atii delCiingreiso intcrnazinnnlc di scknze slaricha (Womu, 1003); j'en extrais une Gaiilianla d'une tournure polyphonique assez aL'réahle.

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