‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 87 sur 1158 · NoNNOS, Dionysiaques, I · texte numérisé non relu

NoNNOS, Dionysiaques, I

22. Pldtaroue, De Iside et Osiride, 24, p. 360 B ; De Musica, § SI.

kèrodeton, de la iyrinx et même de Vaidos^. Certains prétendaient qu'il n'avait fait que ramasser l'instrument qu'Athéna avait jeté par dépita

Marsyas jouissait d'une très grande renommée; on disait même qu'il avait osé délier Apollon Cilharède. » Ce barbare sauvape, — s'écriait Apulée avec indienalion, — à face de fauve, hérissé, la barbe sale, semé de poils et d'épines, combattit, dit-on, ô abomination! avec Apollon; Thersile contre Achille, barliare contre civilisé, brute contre dieu M » Il s'en était fallu de peu cependant que le dieu des arts fût vaincu; les sons nobles et purs de sapAonninx avaient charmé l'auditoire; mais ce fut un véritable délire quand on entendit les sons graves et passionnés de la tlùte double du Silène. Apollon dut mêler sa voix aux accords de son instrument pour obtenir la palme. Il s'avouait ainsi impuissant à obtenir sur la cithare les effets mélodieux que produisait la flûte. On sait comment il se vengea cruellement sur son adversaire, en l'écorchant vif après la victoire.

Dès l'antiquité, Marsyas ne fut pas regardé comme un personnage historique. Suivant les uns, ce serait une allégorie personnifiant les cascades tourbillonnantes du fleuve phrygien Marsyas; pour d'autres il y naîtrait une plante appelée aulo^ qui, agitée par le vent, rendrait des sons harmonieux'-. Sa source s'appelait Aulocrène, la source aux tlùtes.

On rattachait Marsyas à la fois à Hyagnis et à Olynipos, qui aurait été son fils ou son mignon suivant les unsS son père suivant les autres'. Ces traditions montrent le souci qu'avaient les Grecs d'unir par des liens étroits les trois grands noms qui personnifiaient pour eux la musique de ûùte phrygienne.

D'autres personnages, plus effacés encore, jouèrent un rôle analogue, Midas et les Dactyles.

Midas, fils de Gordios, était un roi de Phrygie célèbre par ses richesses; il avait reçu de Dionysos la faculté de changer en or tout ce qu'il touchait. C'était aussi un grand amateur de musique de tlùte, et il n'avait pas craint de blâmer le jugement du Tmole qui avait déclaré Apollon vainqueur de Pan, le joueur de syrinx. Le dieu, très susceptible quand il s'agissait de son talent musical, le punit en lui donnant des oreilles d'àne'. On lui attribuait parfois l'invention de la tlûte : « Ce fut le roi phrygien qui, le premier, entoura d'un roseau le souffle aux ailes rapides et composa pour les flûtes saintes aux doux sons un air lydien qui put rivaliser par ses modulations avec les accents de la muse dorienne*. » Pline, en termes moins élégants et plus simples, fait dOlyrapos l'inventeur de la flûte traversière'.

En même temps qu'à l'aulète phrygien, Plutarque attribuait l'introduction en Grèce des instruments à cordes aux Dactyles de l'Ida'".

C'étaient des génies industrieux, ordinairement au nombre de trois, originairesdePhrygie". Ils auraient découvert les rythmes musicaux, particulièrement le

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