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On peut rependant justifier ces jeux et ces acrobalismes même chez un vrai artiste, tel que Locatelli a été sans doute, en songeant à la nécessité dans laquelle un concertiste se trouve souvent, dans un milieu qui n'est pas toujours artistique. En outre, on ne doit pas s'étonner si la technique enrichie entraine l'exécuteur : Locatelli ne s'est pas borné à la seule technique, vivant dans le champ de la virtuosité pure : cela aurait été une faute. Par conséquent, borner les jugements à ces essais moins heureux, et le placer seulement parmi les « héios des doigts », constitue une injustice historique, ainsi que le silence dont ses œuvres sont encore entourées. On connaît le peu de publications faites par MM. Alard, Witting et David; M. Torchi publia de nouveau d'autres essais chez lioosey à Londres. Le matériel précieux possédé par les bibliothèques, que M. Eilner cite avec soin, renferme des trésors qu'on devrait consulter avant de prononcer un jugement sur Pietro Locatelli.
II est un artiste qui sent l'approche des temps nouveaux et qui aspire avec eux à de nouvelles libertés de pensée et de forme. II est bien plus moderne que Corelli et que Veracini même; ce dernier le surpasse par ses factures imposantes et la profondeur de la
pensée, qui dans l'école italienne disparaît peu à peu. Mais Locatelli possède toute la brillante fantaisie italienne, et il en profite surtout en amplifiant la partie de développement dans ses compositions par des épisodes et des contrastes inattendus. 11 suit l'artifice qui reparaît souvent chez les compositeurs, d'intercaler quelques mesures de Lanjo ou d'Adagio pour séparer deux Alleyro consécutifs. En examinant les œuvres reproduites par M. David, on s'aperçoit que c'est un système commun, surtout dans la première partie des sonates.
Mais le mérite de Locatelli est digne d'une louange particulière, plus que dans la forme, à l'égard de l'impulsion qu'il a donnée à l'art instrumental. Ces qualités sont déjà affirmées dans les Concerti f/rossi. qui constituent l'œuvre l" publiée à Amsterdam chez Le Cène, en 1721. Elles atteignent une plus grande iniporlance dans l'œuvre IV, publiée à Amsterdam (Le Cène) en ^l'^'6, dont une copie manuscrite est
1. Né à Ber^me en 1693. mort à Amsterdam en 1764. Povir les documents, V. Aleâ^andiu. Bioiji'afie di xcrittori beryaniaschi. Bepgame. 1S7-";. Pour l'iinportance très grande dans le <lpveloppement de la technique du violon. V. VAUfj. mtis. Zeittinij de Leipzig. 1S65, u^ 3S. Pour les autres renseignemenls V. les Dictionnaires musicaux.
:s2 E.VCyr.LOPEDIE de la musique et niC.TIOXNAIRE nu r.ONSERVATniRE
Vivace
VIOLINI
BASSO