PiNDABE, Pythiques, XII, IV, v
Fernand PÉLAGAUD, 1010.
HÉBREUX
Par M. le Grand Rabbin Abraham CAHEN,
SOCS-DIRECTlvUR DE l'ÊCOLE RADBIMQDE
Nous n'avons pour ainsi dire pas Je documents sur la civilisation musicale des premiers Hébreux, et son histoire pouirait se borner aux citations des rares versets de la Bible où il est fait allusion à des chants, à des danses ou à des appareils sonores. Les écrivains qui ont abordé ce sujet n'ont pu que joindre à la sèche énumération des références bibliques les quelques déductions que tirait leur esprit de l'examen du texte; et tout leur elîort n'aboutit qu'à des suppositions assez vagues. Les versets qui font allusion, d'une façon quelconque, aux choses de la musique, n'ont pas assez de précision pour permettre à la méthode déductive d'en tirer des conclusions bien intéressantes.
La première mention d'instruments de musique apparaît dès le premier livre du Pentaleuque^ : «Son frère, appelé Jubal, fut le père de ceux qui manient le kinnor et ro!(.7((6. »
Le mot kinnor a été souvent traduit par le mot harpe. Félis^ prétend même que ce mot désigne une harpe d'origine égyptienne, à neuf cordes obliques, portative, de forme triangulaire, que l'on pouvait appuyer contre la poitrine ou sous l'épaule. Il est probable que, sous David, le mot kinnor désigne en effet un instrument à ce point parfait; mais lorsque nous le trouvons dans la Genèse, nous devons nous contenter de le considérer comme désignant un instrument à cordes, sur la forme et la conformance duquel nous sommes parfaitement ignorants. De même il ne faut voir dans le mot oiujab, traduit souvent par orgue, que la désignation d'un instrument à vent quelconque, aucune indication ne nous permettant de préciser davantage son caractère.
Jubal ayant été, selon Moïse, le père des joueurs de kinnor et d'oïKjah. il faudrait en conclure que la musique aurait existé dès avant le déluge! On conçoit qu'il soit diflicile de suivre ici une méthode de véritication bien scientifique... Passons au déluge, comme dit Dandin à l'Intimé.
Il est inliniment probable qu'il en fut des premiers Hébreux comme de la plupart des autres peuples. L'oisiveté des bergers, à l'heure de la pâture de leurs troupeaux, les amena à tailler par jeu les roseaux qui croissaient à leurs pieds. Le hasard et leur industrie firent le reste. En soufflant dans un des chalumeaux ainsi obtenus, ils s'apeiçurent qu'ils produisaient un son. De là à tâcher de perfectionner ce son, de l'étudier, de le conduire, de le varier, de le moduler, il n'y a qu'un pas qui dut être prompteraent franchi. De même, le hasard d'une corde tendue sur