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Histoire générale de la musigue, t. I

laquelle se posa un doigt ignorant dut être l'origine dos instruments à cordes... Mais il n'y a rien là qui soit particulier au peuple hébreu, et l'on peut admettre sans trop de présomption qu'il en fut ainsi pour tous les peuples de l'univers.

Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux que la musique ne se soit développée assez rapidement et que des chants avec accompagnement d'instruments n'aient fait de bonne heure leur apparition dans la vie familiale.

« Pourquoi l'es-tu enfui furtivement et m'as-tu trompé et ne m'as-tu rien dit ? Mais je t'aurais reconduit avec allégresse, avec des chants, au son du topli et des kinnor ^, » dit Laban en reprochant à Jacob la brusquerie de son départ.

Or, les hommes vivanten groupe, laviede la famille ne pouvait guère être bien distincte de celle de la tribu, la vie de la tribu de celle de la nation, et la nation tout entière étant soumise aux lois de Dieu, il ne dut guère y avoir, à l'origine, de distinction entre les chants religieux et les chants profanes. La musique passa naturellement des lèvres des pasteurs à celles des prêtres, alors les chefs ou les aînés de la famille, et ceux-ci la firent servir aux commandements, aux appels, aux prières, aux actions de grâces, aux fêtes, aux triomphes, etc., jusqu'au moment où l'installation d'un tabernacle permanent et national lui donna définitivement droit de cité dans les cérémonies du culte.

La première allusion que fait la Bible à l'introduction de chants dans la vie publique, se trouve dans VExode. C'est après que Moïse et les Israélites viennent de franchir la mer Rouge, grâce à l'intervention divine qui a fait s'écarter les eaux devant eux.

" Alors Moïse et les enfants d'Israël chantèrent ce cantique au Seigneur, et ils dirent : Chantons le Seigneur, il est souverainement grand*. »

li s'agit ici de ce Cantique de la mer Bouge, si célèbre.

« Myriam la prophétesse, sœur d'Aaron, prit un loph dans sa main, toutes les femmes marchèrent après elle avec des toupim et des inehototli, formant des chœurs de musique, et Myriam leur fit répéter : Chantez le Seigneur ! Il est souverainement grand^. »

Ou voit qu'il est question ici d'hymnes chantés et de chœurs. Rien ne nous permet d'imaginer ce que pouvaient être le caractère et le degré d'élévation de ces chœurs ; mais si, comme tout porte à le croire,

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