‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 895 sur 1158 · HO · texte numérisé non relu

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Ue la mi>me manière que dans les peintures dii xviii« siècle, los saints et les vierfies abaiiddnnrnt la mystique expression contemplative pour dos allitndes plus liuniainos, de m«^nic Ks formules d'adoraticm du temps passi'^ se Iraiisfurmeiit en révéïence f,Mlanto et courtisane. Sous les voiMes sévères de réfjliso, dans 11! style conoerlant, résonne une partie de cet amour fiai et spontané du plaisii-, qui appelle le peuple aux représenlalions tliéàtrales. l.à où un jour la f,'rave l)olyplionit> chorale dominait, niaiiilenaMt chantait la voix 1res affile de Paccliierotti : liertoui, Vivaldi, Veracini, Pugnaui et Tartini réveillaient, avec leuis puissants coups d'archet, les mêmes échos qui un jour s'étaient endormis dans la dernière plainte chorale d'un Miserere.

Si telles étaient les tendances du milieu sacré, il est bien facile de comprendre la léfièrelé de l'art profane et des compositeurs de musique pour le clavecin. Plus que de la profondeur de conception, on leur demandait du plaisir immédiat; et comme les artistes ne pouvaient oublier tout à fait la grandeur d'autrefois, leur regard, tourné vers ce temps passé, en subissait quelquefois les souvenirs dominateurs. Ce qui nous explique assez bien les contrastes qui souvent apparaissent dans les ouvrages des clavecinistes, où une page sévère, fruit de tiaditions nobles et bien comiues, succède à d'autres pages poudrées et lilles de fois nouvelles. V.n d'autres termes, plus l'on s'éloigne de Domenico Scarlatti, qui représente le virtuose parfait du clavecin, et plus l'on voit les successeurs caresser des nouveaux idéals. L'habileté des violonistes les attire dans sa sphère lumineuse, les formes théâtrales s'imposent, jusqu'à ce que, vers la fin du xvur siècle, le piano moderne aura, en Muzio Clementi, son glorieux législateur.

Dans cette période de traiisitiun, encore dans le milieu véniliin,jjn trouve fiiuseppe-Antonio Paganolli, de l'adoiir, et (lianibattista Pescetli, de Venise'. f)n ne connaît (|ue pou de chose de la vie de l'aganelli, qui tut peut-étie violoniste de l'école de Tartini, dont il c'tait l'élève, et que Cierbert cite comme accompagnateur au clavecin d'une compagnie italienne d'Opéra, à Augsboiirg, en 17:i3, et ensuite directeur de la musique de chambre à la cour d'Kspagne. Dans le catalogue de ses o-uvres (V. le {JufHin J.i'.viciH de .M. Eitnen, parmi des Concerts, des Duos et des Sonates pour violon, llùle et d'autres instruments, on trouve six sonates pour le clavecin, encore manuscrites, et 0 Divertissements du beau sexe ou C Sonatines pour le Clavecin », publiées à Amsterdam. Deux Sonates se trouvent aux numéros .'! et 2 de la seconde et troisième partie d'une HaccoUa musicale contenente VI Sonate per il Cemhalo soin d'altretanli celehri compositnri llaliani messi neW ordine alfalji'tico co' loro nomi e titoli. Opéra I, II, III (Nuremberg, sans date), que j'ai pu consulter dans la nibliothèque du Lyi:ée musical de liologne; enfin, une Sonate en fa majeur a été reproduite par M. Pauer dans A/?e Meisler {Ill,n° iiOl. Pour ce qui est de la forme et du contenu, ces essais se révèlent les vrais produits du temps, avec tous les caractères que nous avons vus chez les contemporains el qui sont marqués par des indices de décadence. La forme suit son chemin, toujours bipartite, ainsi qu'on le peut voir dans la Sonate en fa majeur [Pauer, Alte MeiMcr); la profondeurde la pensée souvent y fait défaut. La main gauche s'y réduit à un simple accompagnement avec les formules de la basse Alberli. Voici le commencement de V Allegro de cette Sonate, suivi d'un Andanlino en si bémol et d'un Mitniet(o en fa :

C'est la tendance à transporter sur le clavecin le style du chant accompagné, c'est-à-dire le style de la scène lyrique italienne, et c'est ce qui constitue la décadence qui va saisir l'école du clavecin en Italie. Le chemin suivi par Pescetti a été semblable. De même que Paganelli, il fut compositeur d'opéras, et, dans ce champ, apprécié. Quelques Sonates, qui ne nous disent point de nouveautés, sont reproduites par le Trésor des pianisles de M"'" Farrenc; par Aile Meister de M. Pauer el par le recueil de M. Haffner. Le musicien y reparait avec les mêmes qualités qui l'avaient fait admirer, très jeune encore, par Masse, et qui, après bon nombre de triomphes dans sa vie de compositeurd'opéras, lui procuraient la charge d'organiste dans la chapelle de Saint-Marc, à Venise.

Mais l'art que Domenico Scarlatti avait illustré s'évanouit; les compositeurs pour le clavier recherchent le succès immédiat et conlirment ce que J.-J. Housseau écrivait : " Pour pouvoir, pour oser dire de grandes vérités, il ne faut pas dépendre de son succès. »

Le nom de Pescetli, qui fut élève de Lotti, nous amène à parler d'un autre Vénitien très important dans l'histoire de l'art instrumental italien, qui avait accompli ses études avec Lotti. 11 s'agit de Raldassare Galuppi, dit le Buranelto. chanté dans les vers de Robert Rrowning et célèbre pour être le père de l'opéra boulïe-. D'humble origine, il s'était élevé jus-

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