Ne ù Venise \ei-s ITI
S. Xé à Salù le 15 août i72.j, mort û Desentano le i
ilôcembre 1713.
suelo. Il faut se rappeler que des quatre instituts de musique de Venise, à celte époque (les lueurabili. l'OsiirilalcIlo. la Plein et les MendicaHti\, ce dernier avait la primauté pour les jeunes liUes qui se consacraient à l'étude des instruments, ce qui contribua au perfectionnement de Bertoni dans la technique dont nous allons pailer.
Bertoni, compositeur d'opéra applaudi, en 1784 succédai! à lialuppi dans les fonctions de premier maître dans la chapelle de Saint-.Marc. Il est un des soutiens les plus fermes de l'art italien devant l'influence allemande toujours croissante, ce qui parait dans les Set Sonate per Cembalo (Paris, 17S0-1781) et les Sei Sonate per Cembalo con Vio/mu (Berlin, 1789). L'inliltration de l'élément sentimental dans la musique instrumentale, que nous avons déjà observée à propos des violonistes, se continue avec Bertoni :
V, r.'tutie "le TuucHi. ilfj.i cite*', (Lms la Iticista musicale italiuun, 7° année, 2* iivr. (1000, Torino, iJocca).
insTnrnE he i.a mihiqie
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iiiênio lorsque les fniiiiiilL's de l'Opéia se taisaient, le hrisnie iUKiucl elles ameiiiiiunt ilevail sa voix.
Kt, en [larlaiilde la scène et îles coiii|>osileiirs il'opéras, on peut encore citer l'ietro (iiij^lielini ' , conipositenr de près do -00 opéras, tniisicien do valeur, élève de Durante et autour d'œuvres pour le Clavecin telles que Six Sonatas for tlw l'ianuforlc, op. 111, publiées à Londres clioz lîrenner; Sei (Juailetti pcr il Cembalo, 2 Violini c Vii^hmcrllo, publiée aussi à Londres en 1768 et réimprimées par Breinier avec le litre anf^lais : Si.v I)ivertimc7ih for the llarpsicitovd and Violin. prinleil for tlie Aiilhor, môme à Londres. D'autres compositions, parmi lesquelles des Tociate et des Symphonies, restèrent manuscrites : ([uelquesunes sont possédées par le t'.onservaloire do .Milan; on y aperçoit le musicien à la production facile sinon profonde, digne d'èlre meulionné dans cetle dernière période.
De la mémo importanccjouil Ciiuseppo Sarti-, élève du l'ère .Martini et maitre a son tour de Clierubiiii. Savant en acoustique, il fut accueilli en 1794 par l'Académio des sciences de Sainl-l'étersbourg, pour l'invenlion d'un appareil destiné à calculer les viliratious dos sons. Des Sonate per CUuicemialo parurent à Vienne et à Londres, et quelques essais ont été réimprimés en des éditions modeines. On en trouve un exemple dans l'édition de Ivôhler, cahier IX : remarquable surtout ÏAUe^/ro en sol majeur, riche d'élan, solide pour ce qui concerne la forme, gracieux dans soii style orné. Il est bien évident que la pureté italienne de la péiiode passée a déj<à subi l'inlluence allemande; loulefois l'allure et le chant déployé sont encore fils du type national, et les agréments qui paraissent ont des tendances bien dilTéientesde celles de l'école de clavecin française. Il en est de même dans les Sonnie per il Cembalo de Giovanni Rutini, de
Florence', publiées à plusieurs reprises et constituant (juatre recueils, les trois premiers de six Sonates, le quatrième île sept. lUitini avait étudié dans le Conservatoire de Sant-Onofrio, à .\aples, d'où, en 17i>i, il se rendait en Allemagne, pour revenii' en Ilalie en 1760. Dai\s l'aiier [Aile Meislcr, III, p. 1:2K-I.'i;ii on peut voir trois Sonates (eu du, en la, en <lo) qui oITrenl un intérêt pour l'esprit moderne ([ui les anime et pour l'absence de formules scolastiques. Quelquefois les agréme[its sont excessifs pour les traditions italiennes : ce que l'on voit dans le 1"'' temps (Andanle) de la Sonate en do majeur, et dans le 2' temps (Andante de celle en la. La forme est binaire et équilibrée ; la technique du piano y est agile et sûre. Les temps se succèdent au nombre de trois. Deux de ces Sonates nous donnent de gracieux modelijs de .Menuet. On pourrait l'eprocher à Hulini quelques accords incomplets, la libri' disposition de (|uelques parties; mais toute la péiiode en i|uestion, et même Domenico Scarlatti, nous ont déjà familiarisés avec de semblables fantaisies.
.\ntonio Sacchini'% élève de Durante dans le Conservatoire de Sant-Onol'rio, à Naples, condisciple de Piccinni et Guglielmi, dans la seconde moitié du xviu'' siècle, laisse douze Sonates pour Clavecin et Violon, publiées en deux recueils : en elles revil la grâce naïve et suave qui émane de sa facilité mélodique prodiguée dans les opéras. Ce sont des mouvements mélodiques aisés et élégants, distribués sur le clavier avec une grande simplicité de moyens et d'artifices : quelquefois un parfum mozartien en augmente le charme; quelquefois encore, ainsi que dans le premier temps de la Sonate en fa majeur, on y aperçoit le souvenir des idylles du théâtre, chères â l'école napolitaine.
Andanle.
Dans ce petit exemple le dessin mélodique est assez mouvemenlé, de sorte qu'il n'a pas besoin d'agréments excessifs : il est soutenu par la Basse Alberli, qui est désormais très commune. Ce fait nous dit clairement le style chantant de l'auteur. La forme est binaire; le thème s'élève à la dominante, après quoi il s'abandonne à une vraie phase de développement, se subdivisant et variant par des alternatives de majeur et mineur. Le même principe est suivi
1. Né à Massa-Carrara en mai 1727, mort à Rome en novembre 1S04.
2. Né à Faenza le Î8 décembre illO, niorl à Berlin le 2S juillet 180i.
dans ÏAUei/ro, écrit aussi dans le ton de fa, avec la phase de développement en du.
Andréa Colizzi^ appartient à cette période de transition dans laquelle le clavier à marteaux, que Voltaire appelait « un instrument de chaudronnier », en le comparant au « majesteux clavecin », commence visiblement à s'imposer. Ainsi les œuvres de Colizzi sont publiées les unes pour le Clavecin, les autres pour le Piano : on trouve des Canzoni cou