ZaDotiai, ou*r. cité
2. L'épigramme est 1.1 suivante : " Son Espérance a déçu la nôtre, sa foi ne transportera pas les montagnes, et quant à la Charité qu'il Dous a faite, elle ne le ruinera pas. "
L'épigramme excita, comme il était naturel, la colère des rossiniens de Paris. Et pourtant Berlioz, quoique contraire à certaines formes et tendances du rossinisme vivait déjà publié une longue analyse admi-
séquence des vêpres de la sainte Vierge, mais d'en prendre le texte pour un Oratorio, ou plutôt pour une Cantate religieuse destinée à des concerts spirituels. On espéra que cet immense succès déciderait Rossini à écrire de nouveau pour le théâtre; mais en vain. Il est vrai qu'il se trouvait alors dans un grand abattement physique et moral. Il était devenu maigre, pâle, il'une sensibilité morbide. On découvrait les prodromes de la grave maladie nerveuse qui le frappa plus tard. Nous avons déjà vu que, pour éviter une forte émotion, il fit dirij^er par Donizetti l'exécution du Stabat à Bologne. On doit ajouter que depuis quelques années il était tourmenté par une maladie de l'urètre; c'est pourquoi, dans le mois de mai 1843, il dut se rendre à Paris pour se faire opérer par M. Giviale, le célèbre chirurgien, son ami. u 11 arriva à Paris — écrit Escudier — à la dn du mois de mai 1843. Sa maison offrit l'aspect d'une entrée de théâtre. Il y avait une queue persévérante. Tous les visiteurs ne pouvaient pas pénétrer dans l'appartement de l'illustre compositeur. « Dans le mois d'août de la même année le maître était déjà complètement guéri, et en septembre il revenait à Bologne. Des ouvrages de peu d'importance sortirent de sa plume pendant la période qui va de 1845 à l'abandon subit de cette ville dans le mois d'avril 1848. Invité par le comité d'hoimeur pour le monument du Tasse à Turin, le H mars 1844,1e maître adapta, en l'amplifiant, le Coro de' Bardi dans le premier finale de la Loiina del Lago, à une poésie composée pour la circonstance par l'insigne poète de Siuigaglia, comte Jean .Marchetti.
Peu de temps après il revit et corrigea deux anciens chœurs pour voix féminines avec accompagnement de piano, qu'il avait composés une trentaine d'années auparavant. Ces chœurs, qu'il avait oubliés, avaient été retrouvés par un cerlain maître Gabussi; il leur en ajouta un troisième, composé alors, et perj mit qu'ils fussent publiés par l'imprimeur parisien I Troupenas au bénéfice dudit Gabussi'. Ces trois chœurs, ayant pour titre les trois vertus théologales : Foi, Espérance et Charité, furent exécutés pour la première fois en particulier chez l'éditeur en novembre 1844, en présence des plus éminents critiques de la presse parisienne et d'un grand nombre de notabilités musicales, telles qu'Halévy, Auber et Adam. Henri Hertz accompagnait au piano, et le maître Panseron dirigeait le chœur, composé de 12 élèves du Conservatoire. La poésie de ces brèves compositions, écrite par l'avocat Philippe Martinelli, est ce qu'on peut imaginer de plus plat. La musique, qui provoqua une mordante épigramme de Berlioz^, n'a pas réellement une grande valeur ; cependant dans le tioîsiême chœur, qui est le meilleur, la phrase dominante est vraiment inspirée et a tout le charme que ne manque pas de produire l'élégante simplicité de la mélodie rossinienne. Dans la reprise de cette phrase on remarque une série de dissonances en seconde amenées par un entrelacement de parties qui produit beaucoup d'elfet.
Nous voici à présent en 18 i6^, à l'époque des en-
rative du Gtiglielmo Tell, et avait plusieurs fois appelé le Barbiere un des chers-d'œuvre du siècle.
3. Le 7 octobre 1845 Rossini perdit sa première femme, Isabelle Colbrand, qu'il n'avait jamais aimée et dont il s'était légalement séparé des 1837. L'année suivante, dans le mois d'août 1846, il épousa en secondes noces Olympie Pelissier. qui depuis environ dix ans cohabitait avec lui et Tavait soigné affectueusement pendant sa première maladie.
Le 30 décembre 1840 fut exécuté a l'Opéra de Paris Robert Bruce,
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tliousiasmes pati-ioli(]ues en faveur de Pio IX. Invité, lui aussi, à encenser la nouvelle Idole populaire, llossini aupnienle le Ilot des hymnes patriotiques qui inonda alors le sol ilalien.
Ecrits ordinairement par de médiocres compositeurs, ils n'avaient d'autres qualités artistiques que celles d'être simples et faciles; et néanmoins ils réussissaient à entlammer les esprits dans cette atmosphère si fortement électriséc.
Hossirii prépara pour la circonstance une de ses ordinaires adaptations de sa vieille musiiiue à une nouvelle oom(iosition. Il adapta, cominede coutume. le chœur de la Donwi del Linjo à un livmne, Grulo di esultiizitiur ficoniifcnitc ni soinino ])ontcliri: Plu J.Y' qui fut chanté sur la yiande place de Holoj;i\e le soir du 20 juillet 1816, et dés qu'on eut la nouvelle certaine de la proclamation de l'amnistie, il écrivit exprés la musique d'un autre hymne : « Su l'ratelli, letizia si canti! » dont la poésie avait été composée parle comte Marchetti déjà mentionné. Cet hymne fut exécuté pour la première fois le 10 aoilt de la même année 1846 dans la salle de l'Académie philharmonique de lioloiine, au milieu des applaudissements de la foule transportée de joie-.
Mais l'accord parfait entre les libéraux échaull'és et l'homme d'ordre, le conservateur acharné, qui avait de la répugnance pour toute exagération, pour tout excès, tant dans l'art que dans la vie, ne pouvait être de longue durée. I.e maître fut terrifié par les scènes sanglantes survenues à lîologne en ISV8 sans que la justice punit les sicaires : « Mi chiedevano cose eh' io non poteva fare^ » racontait-il au professeur Mordani, quand il était à Florence. « Vtdete danari'.' Ve ne daro. Ma volcvano che io fossi capo delle musiche di tutta llalia, e che portassi la divisa militare corne un giovinotto di diciott' anni'. » El comme il ne pouvait satisfaire le désir des démagogues, ceuxci commencèrent à médire de lui, à le traiter de rétrograde, ce qui déplaisait beaucoup au raaitre. Le fait suivant acheva du reste de combler la mesure. Rossini olfril cinq cents écus et l'attelage de deux chevaux de son carrosse au comité bolonais chargé de recueillir les dons des citoyens pour la guerre de l'indépendance. L'oll're parut mesquine, même dérisoire, les malveillants ayant répandu le bruit que les cinq cents écus avaient été payés par des lettres de change inexigibles, et que les chevaux n'étaient pas en état de rendre service; aussi arriva-t-il que, le soir du 27 avril 1848, pendant que la musique romaine jouait en l'honneur du maître sous les fenêtres de sa maison, la populace lui lit une démonstration hostile avec des siltlets et les cris de : Abbasso il rkco rétrograda {'a bas le riche rétrograde)!
Ce fait, qui à d'autres époques aurait provoqué la risée ou quelque réponse piquante du spirituel maître, fit sur son âme, devenue alors très sensible, une impression profonde. A son esprit qui s'exaltait alors si facilement, ces cris parurent de Hères menaces, messagères d'une de ces persécutions sectaires qu'il craignait et stigmatisait tant. Le matin du 28 il par-
un opéra corapo5P de plusieurs pièces d'opéras rossiniens, et particulièrement de la Donna del Lofjo, adaptées à un libretto de Fîoyer et Vacz. Ce > noble galimatias », « nobile pastircio », comme l'appela Rossini lui-même, fut manipulé par le maitre Xiedermayer avec le cunsentement de l'auteur de ta musique, qui lui céda même les profits des représentations.