LES CONTEMPORAINS. — ITALIE
1818. Il avait six ans quarul il coiiiiiicnra à (''tiidier le [liaiio sous la ilirci-lion do son pero. Kii I8ti0, il alla à Klori'iice ol il fut l'ôlt've du professeur Sliolri, un violoiut'llisti' plein do talent. L'entant montra une (grande disposition pour le \inlonrelle et lit des prof;rès 1res rapides. Il étudia ensuite l'iiarmonie et le contrepoint avec Mabellini. Celles-ci sont les seules leçons ([u'ilail reçues. Il acquit île proton îles connaissances de la composition en étudiant tout seul les (iHivres des grands maîtres. Il conimença sa carrière à l'Iorenre en jouant du violoncelle dans l'orchestre de la « Perjiola ».
En 1874, il fut eMfiasé à l'» Apollo » de Uome, quand le théâtre resta subilenienl sans chef d'orchestre. I, 'imprésario lacovacci, un directeur populaire et éner^iique, avait remarqué l'haliileté du premier violoncelliste. A la faveur de cette circonstance, Mancinelli quitta bien vite les rangs inférieurs pour prendre en main le bâton de chef d'orchestre. Ij'Aiila fut le premier opéra qu'il conduisit, et on compta dès lors un nouveau i;rand chef en Italie.
(îrùce à ce premier succès, il fut appelé à lesi pour diriiier la Vfstale pendant les fêtes du centenaire de Spontini. 11 donna une exécution admirable de cet opéra et il fut réengagé à 1' « Apollo ». En 1876, Mancinelli eut son premier succès de compositeur avec ses intermezzi écrits pour Messalina, un drame de Pietro Cossa; il écrivit ensuite des intermezzi pour Clcop'ilid, un autre drame du même auteur. En 1881, il quitta Uome pour Bologne, où il avait été nommé, en même temps, directeur du Conservatoire, chet d'orchestre du Teatro Comunale et maître de chapelle de l'ancienne basilique de San Petronio. Pendant son séjour à Bologne, il écrivit deux messes et plusieurs morceaux sacrés, il introduisit de savantes réformes au Conservatoire et il initia les Bolognais à la musique vocale et instrumentale des meilleurs compositeurs étrangers. En 1884, il fit jouer son premier opéra, Isorade Provence, qui obtint un grand succès.
En 1SS6, il alla donner des concerts à Londres, et il fut engagé à Drury Lane pour diriger l'opéra italien pendant le jubilé et écrire un oratorio pour le festival de Norwich. Il quitta, alors, Bologne. Son oratorio Isaias. exécuté à Norwich, en octobre 1887, eut le plus grand succès. En 1888, il fut engagé comme chef d'orchestre de « Covent-Garden ■> à Londres.
Son opéra £ro (? Lf((?!d)'o, donné d'abord sous forme de concert à Norwich, en 1896, fut représenté sur une scène à Madrid, le 30 novembre 1897, et à Covent- Garden, le 11 juillet 1898. De 1888 à 1895, Mancinelli occupa la place de directeur musical du Théâtre Uoyal de Madrid. Il alla ensuite diriger le " Metropolitan Théâtre » à New- York.
11 écrivit un deuxième oratorio. Sainte Agnès, pour le festival de 1905 à Norwich. Le 17 novembre 1907, sou deuxième opéra, Paolo e Franccsca, était très favorablement accueilli au « Teatro Comunale » de Bologne. En ces dernières années, Mancinelli a fait applaudir un nouvel opéra, Tizianello, et trois suites pour orchestre, Scoïc Veneziane (Scènes Vénitiennes).
MÂRTUCCI (Giuseppe) naquit à Capoue, le 6 janvier 1836. 11 apprit les premiers éléments de musique avec son père, un chef d'orchestre militaire, et, tout enfant, fit sensation à Naples avec ses belles exécutions au piano. En 1S67, il fut admis au Conservatoire de cette ville. Il donna cinq années à l'étude du piano avec Beniamino Cesi et il prit en même temps des leçons de théorie et de composition avec Carlo Costa,
Paolo Serrao et Lauro Uossi. Il quitta le Conservatoire en 1872, mais, après deux ans d'enseignement et d'exécution en public, il y retourna comme professeur, ayant obtenu cette place par voie de concours. S'élant produit avec un énorme succès dans des concerts à Home et à Milan, il entreprit, en 1873, une tournée en France, en Allemagne et en Angleterre. En IS78, il (it un deuxième séjour à Paris. 11 y fut entendu par llubinstein, (|ui ne se contenta pas de manifester sa haute admiration pour son talent d'exécuteur, mais voulut faire liomieur aussi au compositeur en dirigeant lui-même son Concerto en re bémol mineur, avec Cesi au piano. Martucci retourna ensuite à Naples et entra dans le célèbre Quartctta XapoU-tano, qu'il dirigea pendant huit aimées consécutives. Ce fut lui qui lit coiuiaitre aux .Napolitains les chefs-d'œuvre classiques et modernes. En 1886, il fut nommé directeur du " Liceo musicale » de Bologne, mais il n'en continua pas moins de donner des concerts dans d'autres villes. Après seize années d'absence, il retourna, en 11102, sur la scène de ses premiers travaux, comme directeur du Conservatoire de .Naples.
Martucci, qui était membre de 1' « Accademia lîeale » de Naples, occupait un des premiers rangs parmi les virtuoses du piano; comme auteur, son style s'est formé sur les meilleurs modèles classiques. Ses (puvres se font remarquer par leur lini et souvent par une grande originalité. Je citerai parmi les principales : une symphonie en fa mineur et une autre en fa majeur, son concert en ré bémol mineur, de nombreux quintettes, trios, sonates et romances, un poème lyrique, la Canzone di'i ricordi (la Chanson des souvenirsi, un oratorio, Sanxuel, des variations et fantaisies pour piano et orchestre, si.x volumes de compositions pour piano.
11 mourut à Naples, le 1" juin 1909.
MASCHERONI (Edoardo) naquit à Milan, le 7 septembre 1857. Dès son plus jeune âge, il montra une grande aptitude pour la musique. Il fréquenta le «1 Liceo Beccaiia », où il se distingua tout particulièrement dans les mathématiques. Il collabora pendant quelques années, avec des articles littéraires, à la Vita ?inora, un journal dont il avait été un des fondateurs. Mais quand il eut conscience que la musique était sa vocation , il se mit à travailler avec Boucheron, un compositeur et professeur très estimé à Milan. Il étudia avec acharnement pendant plusieurs années. Tout jeune, il avait composé plusieurs petits morceaux, mais ce ne fut qu'en 1883 qu'il fit sérieusement son début dans cette carrière, comme chef d'orchestre au a Teatro Goldoni » de Livourne. Il passa ensuite au << Teatro Apollo '> de Rome, où il resta sept ans, gagnant tous les ans en expérience et en réputation, si bien qu'en 1893 il était considéré comme un des premiers chefs d'orchestre italiens et fut choisi pour préparer et diriger les premières représentations du Falstaffde Verdi à la « Scala ». Mascheroni est toujours chef d'orchestre, mais depuis des années il a voulu aussi conquérir les lauriers de compositeur. Pendant son séjour à Home, il écrivit une belle série de mélodies et un Album pour piano qui furent très applaudis, et son chef-d'œuvre était, alors, le Requiem pour solo, chœurs et orchestre, qu'il écrivit pour commémorer la mort de Victor-Emmanuel II.
En 1901, il tenla le théâtre avec un opéra en trois actes, Lorcnza (Laureucei, dont la première fut donnée avec beaucoup de succès au « Teatro Costanzi »
E.VCrCLOPÈDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIRE
de Rome, le 13 avril, et qui fit ensuite une tournée triomphale à Brescia, Barcelone, Valence, Buenos- Aires, etc. La musique, écrite sur un livret d'un intérêt médiocre (il s'af^it d'une histoire de bripands), est d'une tenue parfaite. On y retrouve ostensiblement à )a fois rinfiuence de Massenet et de Wagner, mais le tout est bien amalgamé ; l'orchestration est éclatante, et il est incontestable qu'on se trouve en présence d'un maître compositeur. En Amérique, la Lorenza a eu de grands succès, mais en Italie, le premier enthousiasme tombé, le livret a toujours nui à l'œuvre. Son deuxième opéra est la Perugina, qui fut représenté en 1906.
LEONCAVALLO (Ruggero) naquit à Naples, le 8 mars 1858. Son père était magistrat. Il commença ses études musicales par le piano, qu'il apprit d'abord avec un musicien nommé Siri, et ensuite avec Sinionelti, un professeur qui jouissait d'une grande réputation à Naples et avait écrit une Encichpedia del pianista (Encyclopédie du pianistel.
Leoncavallo fut admis au Conservatoire de sa ville natale. Il travailla le piano avec Reniamino Cesi, l'harmonie avec Michèle Buta, et la composition avec Lauro liossi. A dix-huit ans il quitta le Conservatoire avec son diplôme de maestro et il se mit à écrire son premier opéra. Le sujet élail l'histoire tragique de Chatterton, le livret étant une adaptation du drame bien connu d'Alfred de Vigny.
En 18'77, il alla à Bologne pour suivre les leçons du grand poète et littérateur Giosuè Carducci.'ll y acheva son opéra et en prépara la représentation. Mais, au dernier moment, son imprésario s'esquiva, laissant le malheureux compositeur presque sans le sou. Leoncavallo, désespéré, fut obligé d'entreprendre des travaux pour éviter de mourir de faim. Il donna des leçons de chant et de piano et il joua le soir dans les cafés -concerts. En qualité d'accompagnateur, il voyagea loin : il alla en Angleterre, en Hollande, en France, en Allemagne et même au Caire.
Après de longues années de pérégrinations, il retourna en Italie, en 1887. Il se présenta à la maison Ricordi avec le scénario d'une vaste trilogie, i Mcdici (les Médicis), qui comprenait toute l'histoire de la Renaissance italienne, liicordi accepta la proposition. Leoncavallo, en douze mois, écrivit sa musique. Il attendit vainement trois longues années, dans l'espoir de voir son opéra joué. Las d'attendre, il s'en alla chez Sonzogno, qui lui commanda i Pagliacct (Paillasse), opéra-comique en deux actes, lequel fut représenté au <( Dal Verme » de Milan, le 21 mai 1892, avec le plus grand succès. Le nom de Leoncavallo devint en peu de temps célèbre dans toute l'Italie.
Le 10 novembre 1893 on joua à ce même théâtre le Crcpuscolo (Crépuscule), la première partie de sa trilogie i Mfdici. Cet opéra, qui représente la conspiration des Pazzi et l'assassinat de Julien de Médicis, tomba aussitôt. Le compositeur, découragé par cet accueil peu favorable, n'a jamais publié les deux autres parties de la trilogie, Savanarola et Cesarc Borgia.
Un autre opéra de Leoncavallo, Chatterton, qui fut joué au « Teatro Nazionale » de Home, le 10 mars 1896, n'eut pas un meilleur sort. Mais la Bohôme, une adaptation du roman de Henri Murger, représentée au << Teatro délia Fenice », à Venise, le 6 mai 1897, fut très chaleureusement applaudie et fut ensuite jouée souvent ailleurs, et loujours avec succès.
Son opéra suivant, Zaza, une adaptation du roman de MM. Berton et Simon, fut joué au » Teatro Lirico »
de .Milan, le 10 novembre 1900. Le succès fut si éclatant qu'on le représenta aussitôt après en Hollande, puis en Allemagne et à Paris. L'anecdote qui forme le sujet de Zaza n'a point paru un excellent thème musical. La pièce, accommodée en opéra, perd évidemment de son esprit et de sa puissance émotive. Leoncavallo, qui a écrit cette partition de 402 pages, s'y est montré un auteur fécond. Ses harmonies, toutes écrites du premier jet, ne portent pas la trace d'un labeur excessif. Quant à ses mélodies, ceux-là mêmes qui en critiquent la contexture les oublient malaisément : si elles ne se tiennent pas, elles se retiennent. Ce qui fait qu'on incline plutôt à le ranger parmi les improvisateurs que dans les rangs des chercheurs raffinés des combinaisons mélodiques.
Guillaume II confia à Leoncavallo le soin de composer le Roland, une partition dont le livret est tiré du roman d'Alexis Willibald Dcr Roland von Berlin (le Roland de Berlin) et traite de la prise de Berlin par l'électeur Frédéric IL Le Roland fut joué, le 13 décembre 1904, à 1' « Opéra Royal » de Berlin et, le 19 janvier 190u, au « San Carlo " de Naples. Il n'eut qu'un nombre très restreint de représentations.
Leoncavallo a composé ensuite une symphonie, Serophita, d'après le roman de Balzac, et un ballet, la Vita d'una Marionetta (la Vie d'une marionnette). Puis, après quelques années de silence, il a fait représenter, en trois ans, deux opéras et deux opérettes. Les premiers sont Maia, en trois actes, joué au II Teatro Goslanzi » de Rome, le lo janvier 1910, etgli Zingari (les Bohémiens) à 1' « Hippodrome » de Londres, le ."î août 1912. Le succès que ce dernier remporta au théâtre populaire de la grande capitale anglaise ne se renouvela pas et ne fut pas confirmé, en janvier 1913, au « Teatro Lirico » de Milan. Les deux opérettes sont, par ordre de date : MaWrouck s'en va-t-en guerre, en trois actes, joué en avril 1911 au '< Teatro délia Pergola » de Florence, et Reginetta délie Rose (la Petite Reine des Roses), représentée au (1 Politeania » de Livourne, le 16 août 1912. La première n'est pas une opérette : la partition du maître a paru hybride. On voit qu'il a voulu s'amuser, mais il aurait été préférable qu'il amusât. Le défaut de cette tentative du genre boulTe, qui fut jouée aussi à r « Apollo 1) de Paris eu 1912, c'est qu'elle est rarement boullonne, ou, quand elle se résigne à l'être, elle l'est avec ell'ort. Le reste du temps elle développe des pages d'un art appliqué, grave, parfois imposant. L'autre, qui fut représentée aussi au « Théâtre Réjane » de Paris en mai 1913, n'a pas fourni au maestro une inspiration suffisante pour que la musique s'harmonisât parfaitement avec la vraie sensibilité et les belles pages comiques du livret.
PDCCINI (Giacomo) naquit à Lucques, le 22 juin 18:18. 11 esl issu d'une vraie famille de musiciens. Son bisaïeul, Giacomo Puccini, un des maîtres de la République de Lucques, écrivit un Requiem de réelle valeur. Son grand-père fit représentera Livourne un Quintus Fabius, et son père, contrepointiste distingué, par ses œuvres et par ses élèves, fait honneur à l'art de son pays. Giacomo avait donc de qui tenir. Par malheur le pain quotidien ne se distribue pas aussi facilement que les leçons d'harmonie, et la pauvreté aurait été un terrible obstacle à sa carrière, s'il n'avait obtenu de la reine Marguerite une pension qui lui permît de terminer ses études. C'est alors qu'il écrivit un C(iprice s)/mphonique qui attira sur son nom l'attention de la critique et du public. Le Villi, un opéra en un
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