Par exemple sur aceto potatum dans son motet 0 Dumine
EXCrCLOPÈDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOXXAIBE DU CO.XSEBVATOIRE
Ten fà2)Weib, Weib, was wei
Quand la Madeleine reconnaît le maître ressuscité, l'on entend la même harmonie, dont l'incertitude est âpre et délicieuse
Une suite rare d'accords consonnants est jointe à l'interrogation de Jésus aux disciples : u Et pourquoi ètes-vous tristes'"? »
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Avec ces nouveautés qui surprennent, le compositeur a d'ailleurs employé des moyens de description plus simples, et il a puisé dans le vocabulaire ancien : la hâte de la Madeleine, la véhémence des paroles de Jésus qui confère à ses disciples la mission d'évangéliser, sont traduites par des notes rapides. Au contraire, la somnolence des prêtres est dépeinte par quelques accords lourds et traînants. L'n motif ascendant est joint aux mots « Je monte aux cieux », et la voix s'abaisse d'une octave entière pour annoncer que le jour a décliné. Enfin, pendant le chœur d'actions de grâces qui termine cette Hisloii'e de la résurrection, le ténor (l'Evangélistel ne cesse de répéter vigoureusement ce mot : Victoria, jusqu'à ce que les autres voix se joignent à lui, et proclament les mêmes syllabes joyeuses.
Après cet essai de représentation sans acteurs, sans mise en scène, représentation faite, pour ainsi dire, d'illusions mystiques, Schiitz devait bieutùt travailler pour le théâtre réel. Le mariage de la princesse de Saxe avec le landgrave de Hesse-Uarmstadt fut célébré à Torgau par des fêtes niagniliques. On vit combattre des ours, des loups et des bteufs en nombre considérable. Des acrobates se signalèrent par mille tours. En intermède à de tels spectacles, on joua, un soir du printemps de 1027, le premier opéra allemand, Dafne, dont Martin Opitz avait écrit le livret, d'après la pièce de Hinuccini que Péri avait mise en musique. Schiitz unit ses chants aux vers d'Opilz qui était son ami% et il célébra avec lui non
1. Jacobus Gallus (ilandl f lôOl) emploie d^-jà îles st^rics d'accords parfaits dont la succession parail cxlraordinairc (cf. l'article de M. H. LeiclilcutriU dans la Zeitscluùft der itUei'nnti'tHuU'n MusikyesMschaft, VI, i).
seulement le laurier de la fable antique, mais encore la rue, plante héraldique de la maison de Saxe. Avec des souhaits pour la paix, cet éloge allégorique de la maison régnante formait la part de l'actualité dans ce jeu scénique où nymphes et bergers avaient les premiers rôles. Le poète et le musicien de ce drame lyrique avaient gagné en même temps d'être célèbres. Caspar Printz, l'historien allemand de la musique au xvii« siècle, assure que la gloire d'Opitz et la renommée de Schiitz se sont déclarées vers 1025. Par la suite, chacun d'eux fut considéré comme le créateur en Allemagne de l'art qu'il avait pratiqué. De nos jours encore, Schiitz est appelé le « père de la musique allemande ». Gottsched, au xviii° siècle, saluait encore en Opitz le « père de la poésie allemande ». Ces deux éducateurs de leur nation ont bien des traits communs, et ils s'apparentent l'un à l'autre plus profonilément que par leurs surnoms. L'étude des littératures étrangères inspira le poète et le forma : la connaissance des maîtres italiens donna au musicien son langage et sa technique. Mais ce dernier est le plus parfait interprète des siens, le plus fidèle aux pensées et à la religion de sa race. Le meilleur de ce qu'Opitz a laissé est dans les préceptes qu'il a empruntés et transmis : vivante, toute l'œuvre de Schiitz servira de modèle à ses successeurs, qui n'y trouveront rien qui ne semble jaillir de source allemande et luthérienne.
Si foncièrement Allemand qu'il fût, Schiitz ne dédaigna point cependant de revenir, dans son âge mûr, aux sources italiennes. En 1628, il partit de nouveau pour Venise. Claudio Monteverdi appelait alors cette ville la plus belle du monde, et il venait d'y faire applaudir ses nouveaux essais de musique expressive, en particulier le fameux Combat de Tnncrède et de Cloritide. Schiitz veut sans doute désigner les compositions écrites avec plus de mouvemeni, d'un style pittoresque et imagé, quand il dit, en sa dédicace des Si/uiplioniae sacrue, publiées à Venise eu 1029 : " Etant resté à Venise près de mes anciens amis, j'ai entendu que la manière de moduler avait un peu changé, car l'on avait abandonné les anciennes cadences pour tlatter les oreilles par un chatouillement moderne. A quoi j'ai appliqué mon espi it et mes forces^. » Tout en voulant être de son temps, il ne renie point son maître Gabrieli, que, dans la même dédicace, il célèbre avec emphase. Mais si quelques images musicales appartiennent encore au vocabulaire des musiciens de Venise, ce sont de ces images qui, en somme, se trouvaient déjà dans les œuvres du xvi« siècle. Dans l'œuvre de Schiitz, ces ligures sont incorporées dans des compositions de formes
■1. Opitz avait adressé à Schiitz une consolation en vers après U Mioi-l de sa fcninic, lille du greflicr des impôts Wildcck. Elle mourut en lG:i,"i, après six ans de mariage.