CAroniji.eJ, XXV
IIISTQinE DE LA MUSIQUE
HÉBREUX 71
||M|]|1 ip^lll
FiG. 12«. — Psalti'rion.
Fia. 130-131. — Nebol, Ivre.
Fin. 132. — Nebel-.\9sor, instrument ii 10 cordes.
FiG. 133. — luniiur, instrument Iriançulaire à 24 cordes.
FiG. 136. — Kinnor (espèce de guitare).
FiG. 13i. — Nebel, instrument phénicien (face et profil).
FiG. 135.
Kinnor. tiarpe.
I^Ki!!
FiG. 137. — Trigonum, ivre.
FiG. 13S. — Nebel, luth. Fig. 139. — Nebel, lyre orientale. Fig. 1 iu. — Nebel, luth (face et profil).
ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DlCTIONNAinE DU COSSERVATOIRE
cantique doit être chanté. Par exemple : "inU^n TuH » sur la bic'he de l'aurore », p*? mr; hv « la jeunesse de l'enfant ». On trouve des indications de même nature sur les poésies rituéliques du moyen âge : par exemple le mot : ^n*? « sur le Gant », suivi du premier vers d'une chanson ou d'un chant populaire connu'.
C'est également pendant le règne de David que nous voyons apparaître dos noms d'instruments encore inconnus : Iseltselim (cymbales), menaneim (sistre), halil (flûte), etc. La plupart sont des variétés d'instruments précédemment mentionnés, mais qui se distinguent par une forme nouvelle ou une disposition différente des cordes ou des trous, selon qu'il s'agit d'instruments à cordes ou à vent. Ces perfectionnements furent d'ailleurs empruntés, au moins en partie, aux peuples de l'Orient, Chaldéens, Egyptiens, etc. Les dessins qu'on a trouvés sur les monuments de ces peuples font très bien comprendre que le t;innor ei le nebel, dont il est parlé dans les Psaumes, soient désignés sous des noms multijiles. La virtuosité de David sur ces deux instruments et sans doute aussi les modincalious qu'il apporta à leur facture leur tirent donner le nom d'instruments de David.
David avait laissé à son (ils le plan de ce temple de Jérusalem qui fut un des plus beaux monuments de l'antiquité. .Salomon l'exécuta et le termina la onzième année de son régnée Le luxe des services y devint inouï. Le nombre des musiciens et des chanteurs fui multiplié, et on donna au culte une splendeur toute orientale.
Lorsque l'arche fut transportée dans le Temple, « tant les Lévites que les chantres, c'est-à-dire ceux qui étaient sous Assaph, sous Hêmàn, sous Vedouthoun, avec leurs enfants et leurs parents, revêtus de lin, faisaient retentir leurs cymbales, leurs psaltérions et leurs guitares, et étalent à l'orient de l'autel avec cent vingt prêtres qui sonnaient de la trompette.
« Tous chantaient donc à l'unisson avec des trompettes, des voix, des cymbales, des orgues et diverses autres sortes d'instruments de musique^... »
La renommée du temple de Salomon se répandit bientôt. La reine de .Saba voulut voir un roi si puissant et dont le luxe était proverbial. Elle se rendit à Jérusalem avec des navires chargés de cadeaux, parmi lesquels se trouvait, avec des parfums et des pierres précieuses, une espèce de bois très rare.
« Et le roi fit faire de ces bois les degrés de la maison du Seigneur et ceux de la maison du roi, les harpes et les lyres pour les musiciens''. »
Salomon mort, ses successeurs ne surent pas conserver sa munificence, et la splendeur du culte fut beaucoup amoindrie. La musique dut soulTrir de cet état de choses. Enfin vient Ezéchias, qui fait rouvrir le temple et rétablit le culte.
« Il posta les Lévites dans la maison du Seigneur, avec les cymbales, les harpes et les guitares, selon l'ordonnance de David et de Cad, voyant du roi...
« Les Lévites se tenaient dans le temple, avec les instruments de David, et les prêtres avaient des trompettes.
u Aussitôt Ezéchias commanda qu'on offrit les holocaustes sur l'autel; et, en même temps que les holo-
caustes, commencèrent le cantique à l'Eternel et les trompettes, avec accompagnement des instruments de David, roi d'Israël-^ »
Mais celle époque troublée ne pouvaitêtre favorable au développement des arts. On négligea la musique. Du moins ne la fit-on plus servir qu'à des réjouissances privées, de sorte qu'elle fut bientôt considérée comme un luxe de sybarites.
<i Je me suis amassé de l'or et de l'argent, ditl'Ëcclésiaste, et les richesses des rois et des provinces; J'ai eu des chanteurs et des chanteuses, et tout ce qui fait les délices des enfants des hommes'''... »
On voit qu'ici les chanteurs ne sont considérés que comme des instruments de plaisir, propres à amollir le cœur bien plus qu'à l'élever. Isaie dira de même, en prédisant aux Israélites les maux dont Dieu punira leur ingratitude :
« Le luth et la harpe, les llùtes et les tambourins sont mêlés aux vins dans leurs festins; et ils ne font pas attention à l'Eternel'... »
Le son des instruments n'était donc plus que l'accompagnement des festins et des buveries.
Mais le royaume d'Israël est envahi, et les armées de Salmanassar emmènent les dix tribus en captivité. Deux cents ans plus tard, la Judée subit le même sort, et Jérusalem est prise par Nabuchodonosor, qui détruit le temple de Salomon. Aux chants de triomphe et aux cantiques d'action de grâces, aux jisnumcs de David des Assaph, des Bené Korali, ont succédé les lamentations.
« Les vieillards ont cessé de paraître à la porte, s'écrie Jérémie, les jeunes gens d'entonner leurs chansons. Toute joie est bannie de notre cœur; nos danses joyeuses sont changées en deuil'. »
Si l'on chante encore, ce ne sont plus que des chants profanes, qui ne peuvent plaire à Dieu.
« Faites-moi grâce du bruit de vos cantiques ; que je n'entende plus les chants de vos luths'J. »
Des malheurs sont annoncés aux riches et aux grands de Sion et de Samarie :
« ... Eux qui sont couchés sur des lits d'ivoire, étendus sur leurs divans, nourris d'agneaux choisis dans le troupeau... fiedonnant au son du luth, inventant à leur usage, comme David, des insti'umentsde musique'". » La musique entraînante du kinnor et du nebcl fait place au genre funèbre, à la cantilène triste et plaintive, et le halil (tlûte) devient l'accompagnement indispensable des cérémonies et des réunions où d'ailleurs toute joie a disparu pour faire place à une morne tristesse qui s'épanche en plaintes lamentables, le souvenir de Jérusalem désolée étant présent à tous les esprits.
Au retour de la captivité de Babylone , les Juifs" rapportèrent de nouveaux instruments, et à ceux de la première période hébraïque, tels que le kinnor et le ncbcl, il faut dès lors ajouter les muschroquila, kalhros, sabecha, psauterin, soumponia et autres, dont les Babyloniens faisaient un usage fréquent. Naturellement, la musique se ressent de ces importations. On tient compte des lois musicales qu'on a rappor-
1. Voir les livres de prières, .manuscrits ou imjirimés, dos rites portugais, algérien, oriental et comladin.