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Où dois-jc fuir

5. Nutons enlln, dans ces cantates, une force et une splendeur qui passeront chez lliindel. 11 faudrait ajouter, à ceUe brève analyse, quelques mots sur les cantates inédites de Buxtehude, sur sa cantate pour la semaine sainte, trad. allemande du Vere lam/uon'S. sur ses cantates de Pâques, de l'Ascension, sur ses Miisiqiws du soir. Je ne lieux que renvoyer à l'ùtude publiée récemment (Dietrich Buxtehiidef libr.

sont admirablement traduites les paroles que Schiitz avait déjà si remarquablement traitées : « Venez a moi, vous tous qui souffrez, » etc. Les deux violons paraplirasent ingénieusement le chant : par des imitations contrapontiques, ils multiplient l'essor des quelques notes cadencées qui sont jointes aux invitations du Seigneur olîrant le «joug léger ». A la chute de la voix sur les mots qui annoncent l'humilité du cœur, correspond une ritournelle brève des instruments qui descendent, symboliquement aussi, et modulent doucement. Enlin, les chocs rythmiques de l'impératif K/op/'dï an sont répétés à l'orchestre. C'est ainsi que, dans une prière de structure indélinie, se manifeste, par l'enchaînement des images et par leurs reflets, une sorte d'unité, d'origine pittoresque et expressive, et d'elfet purement musicaP.

Organiste à Nuremberg, Georg-Caspar Wecker (f 1693) a laissé quelques compositions assez développées, écrites pour les voix et les instruments. Je cite en particulier le beau chant de funérailles Ich iceiss. dass mein Erlôser lebef'. Ce « concert spirituel », daté de la dernière année du musicien, est accompagné de deux violons, deux violes et basse continue. 11 contient une sorte d'invocation à la« douce tombe », d'un langage expressif, sans ell'ort d'invention ni de technique, mais d'une simplicité émouvante et pimise.

Johann Pachelbel, dont nous étudierons plus longuement l'u'uvre d'orgue, nous est connu aussi comme compositeur de cantates et de motets. La cantate Was doit lliul est faite sur le choral commençant par

Fischbacher, lIKi). — De J. G. Conradi. qui vécut à Hanibiuirg, dans le môme tem[is.on peut siffualer deux motets, l'tm sur le ps. /ii-aliis vir (Hibl. nat.) composé sur une basse qui se répète, et dont la fin {Siciit rrat in pi'incipi"), par une allusion facilement reconnaissable. est une reprise du commencement, avec quelques changements dans le rvthme du chant, li cause de la dilTérencc des paroles. Dans O Jesn dulrissimr (Upsal. V. M. 53 : 14), pour ténor, i violons et basse, la declamation.au dél)ut, manque un peu do souplesse : plus loin, Conrad abuse de la répétition mécanique des motifs. 0. ,( Je sais que mon rédempteur vit. »

IIISTnl/iE DE LA MUSIQUE

XVII» ET XVIII' SIÈCLES. - ALLEMAGNE or.t

ces mêmes paroles. C'est une sorte île suite de versots pour orgue, transcrils pour les voix et les iiistrumenls. On doit remarquer cependant la strophe que la basse chante en arioso. la mélodie du choral clant donnée par le premier violon. Le style do cette (l'uvro est bon, mais la vi(,'iieur, la fantaisie et la prnfiindeur d'un liiixteliude , ou le patluHi(|iie d'un J.-P. Krief;er, y nianqinMit |inur la vivilier. I.a même éléf^ance facile et la niètnc ahscnoe d'audace se remarquent dans un motet à deux cliu'urs, de style clair, sans aucun cU'orl d'inlrif,MU', où les f;roupes vocaux dialnj^uent , puis s'unissent en grandes harmonies consonantrs, articulées comme d'amples phrases de faux-bourdon '.

Kricdrich Wilbelm Zachow (1063-1712), organiste à Halle depuis l(J.Sl, mérite d'être compté parmi les plus lemarquablcs compositeurs de cantates qui aient écrit avant Bach. De plus, il est le maître de Haendel. Dans plusieurs de ses œuvres on découvre l'esquisse de grandes fresques, achevées par l'auteur du .Wcssi'e. M. Seilfert, auquel nous devons la publication de douze cantates de Zachow, note des motifs qui ont été lepris et développés par Haendel et des passages dont il s'est inspiré. Il y a du reste une sorte de parenté de génie entre le modeste organiste de la Mdrktki relie de Halle et son disciple célèbre. La même noblesse, le même style lumineux, se remarquent chez l'un et chez l'autre. Je renvoie à l'admirable air de ténor avec violon, 0 (ht uevtliei- Freu- ■dengcist (p. 71 de l'édition moderne), où se déclare

magniliquement cette affinité entre les deux musiciens-.

Zachow ne manque pas d'ailleurs de traits communs avec Hach. Matlheson avait critiqué, chez tous doux, le même défaut, la répétition inconsidérée des paroles. I.'usage des motifs expressifs bien déterminés, fortement tracés, avec une marque de personnalité dans l'usage des formules traditionnelles, leur est aussi particulier. Je signalerai, par exemple, l'emploi de la suite chromatique descendante dans l'orchestre de l'air de basse Ach uml Wcli (p. ;i6), la cadi'uce vive et l'insistance des dessins do la flûte dans l'air de ténor Himjl mich <in (p. 1 13), les thèmes de; batailles (p. 06, chœur llullcnJicer. schàrfe deine FinicrpfcUe), le goût pour les notes répétées dans les motifs vocaux des chœurs, etc.'.

De Ph. Heinrieh Krlebach, dont nous étudierons plus loin les airs profanes, on a conservé quelques cantates et une composition pour 1' « acte d'hommage » de la ville impériale de Mùhlhausen à son suzerain, l'empereur Joseph. Dans la cantate Ach, daxs ich'Wassers ijenwj hiillc, il interprète les paroles avec une ingéniosité méticuleuse : non seulement il exprime, comme fait un des Bach, la plainte des premiers mots par un intervalle altéré, mais il ne laisse point passer le mot U'dsstr (eau) sans y mettre ce que Lecerf de la Viéville appelait un « roulement >> :

# ff •

Ach!

Ach!

feï

Achîdassich Was

sers ge nug

Plus loin, il adapte au mot Thriinen (pleurs) la suite chromatique à laquelle le xvii= siècle italien et allemand demande si souvent de larmoyer :

fe

iirid dass ineioe Augen Thra

Les Muxicalia d'Erlebach, que l'on joua bey dem actu Itomagiali Midhusino,den 2S oct. /705, contiennent un concerto destiné à la cérémonie religieuse. L'orchestre comprend deux trompettes, un basson, les timbales, deux violons, deux altos et la basse continue. Les voix sont divisées en deux groupes : le concertino et le concerto ijrosao. C'est, avec des noms plus modernes, le renouvellement de la distinction entre le coro favorilo et le chœur plein. Après une assez longue introduction de musique « brodée », les quatre solistes entonnent V K.itdtcmus, gaudeamus, où les vocalises de jubilation alternent avec les grands chocs

PP P P f if

1. Nous ne pouvons que signaler ici les autres maîtres nurcmberg^cois (iont M. SeifTerl a fart connaître les œuvres IJJenk>nàler dentscli>r Tûiikunst. 11^' FoUjc, VI, 1, lOu,!) ; Paul Hainlcin et Hciiirich ricliwcmmer. Los œuvres de Wcckcr et de Pacht-ibel se trouvent dans le mùmc volume. 11 taut encore signaler, de Pachelbel, un Matjnificat pour 4 voii, 2 violons, 3 violes, basson et orgue (Bibl. nat., ms.). Ouelques versets sout d'un contrepoint remarquable (en part. Quia fecit), d";iutres fort expressifs {Et misa'icordia ; Quia fecit). Une ritournelle est écrite pour le farjotto solo.

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