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Denkmàler deutsclier Tonkunst, 2" série, 1900, I

Melchior Schildt (lo;»M667), élève aussi de Sweelinck, écrit, comme Scheidt, des variations, de style plus libre, où il y a moins de logique et de science que de fantaisie": il s'y montre doué de la spontanéité d'un improvisateur qui sait cliarraer, elne veut rien de plus'.

Dans son Aria... XXXVl modis variata-, Wolfgang Ebner (1612-100o), organiste de Ferdinand III, nous présente une série de variations, auxquelles les dilFérentes pièces d'une Suite servent de support. L'Aria, présentée au début, occupe le rang de ['Allemande : elle est variée 12 fois : une Courante, avec 12 varialions, dont la 11' et la 12« sont des Gigues, et une Sarabande, sur laquelle sont faites 12 autres varialions, complètent l'œuvre. L'idée de donner à ses variations l'aspect de danses de rythme dilTérent vient de Frescobaldi : le procédé lui est familier, et nous trouvons l'application dans une pièce bien connue, l'Aria delta la Frescobalda ^ L'influence du maître italien se trabit encore dans l'ornementation d'Kbner, tandis que la structure des accords qui terminent les cadences rappelle l'art des Français, et que l'usage de Vimitatio violistica est empruntée au maître allemand Scheidt'*.

Fils d'un Canlor de Halle, Johann-Jakob Froberger, né vers 1600, organiste de la cour à Vienne, fut élève de Frescobaldi. Nous n'avons à considérer ici que ses Suites. Il en a laissé 23 : cinq ne comprennent que VAIlemande, la Courante et la Sarabande ; iia.ns les 18 autres, nous trouvons, de plus, une Gigue. Les Doubles que Froberger joint parfois à l'Allemande, à la Courante et h la Sarabande donnent aussi à ses Suites quelque affinité avec la Variation. Par le nom et la disposilion des pièces, comme par l'écrilure et les ornements, les Suites de Froberger se rattachent aux Suites des clavecinistes français. Comme ces musiciens, Froberger laisse régner la mélodie principale, sans l'éloulfer sous les motifs accessoires; comme eux, et comme les luthistes du même pays, il enjolive sa musique de maints agréments; comme eux enfin, il manifeste son goiit pour l'ordonnance, par degrés, des suites majeures et mineures. Mais il dépasse de beaucoup ses modèles par la musique pure et par le sentiment. Pour augmenter l'unité de ses .Swito, il prend le plus souvent les éléments de la Courante dans V Allemande qui la précède et, d'autre part, il s'efforce de parler à ses auditeurs un langage expressif déterminé. Une de ses Suites commence par un Lamenta sopra la dolorosa perdita délia Real Maesia di Ferdinando IV, lie de' Romani. A vrai dire, ce Lamenta reste dans le caractère de l'Allemande : il ne faut pas oublier, en effet, que cette danse ne manque pas d'une certaine retenue mélancolique. Mais, si le ton général convient au sujet, les détails de l'œuvre s'y rapportent encore plus étroitement. La gamme d'^(^ qui parcourt rapidement le clavier jusqu'à la noie la plus élevée, est symbolique : au-dessus de la dernière mesure, Frobei'ger a dessiné des têtes d'anges, vers lesquelles monte la sonore « échelle de Jacob ». Les autres pièces de la Suite sont aussi ornées de

1. Pour l'étude plus complète des clavecinistes allemands, je renvoie aux esccllcnls U'avaux de Max SeilTerl et i son lïdit. de l'ouvrage de Weit/mann, Gescliickte dcr Klat'iermusik.

2. Aria auffu^ti.ssirni ac iiwictisaimi Imperatoris Perdlnanfli 111, XXXVl jnodifi variata ac prn cimbalo accommodata... Praf;uc, 1048. Rééd. par M. G. Adier dans le -« vol. des Musilc Vi'erlce dcr liabs- Ijurfjisctten Kaiser (Viciinc-Artaria).

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