Publ. dans la coll. de la Maîtrise
figures tracées à la plume. Dans d'autres compositions encore, Froberger veut décrire des étals de l'àme ou des spectacles.
Organiste de l'empereur depuis 1661, Alessandro Poglielti (x 16831, né en Italie, surcharge la Su'ite de pièces étrangères aux danses et de doubles ■'. Dans ses variations (Aria Allemagna con alcuni variazioni sopra l'Eté delta Maestà Vostra, dédiée à l'empereur Léopold l"' en 16631, il fait preuve d'une extrême habileté et d'une grande richesse d'invention. Plusieurs de ses doubles sont d'ailleurs d'un caractère pittoresque. Liniluence de Schmelzer se reconnaît dans le choix des effets musicaux que Poglietti se propose d'imiter : la cornemuse de Bohème, le flageolet de Hollande, le chalumeau de Bavière, les violons de Hongrie, etc. Une autre composition s'appelle Toccatina sopra la Ribellione di Ungheria; c'est une Suite dont l'Allemande a pour titre les Prisonniers; la Courante est nommée le Procès ; la Saraijande, la Sentence, et la Gigue, la Ligue. Suivent la Décapitation, qu'il convient de jouer « avec discrétion », une Passacaglia et une conclusion, faite à l'imilation des Cloz ches. Dans ce même style pittoresque, qu'il manie avec tant d'élégance, de finesse el de sentiment musical, Poglietti a encore écrit une pièce qui porte comme épigraphe : Canzon iiher das Hannen und Henncr gesclrrey (sur le cri du coq et des poules).
Sans doute enfant de chœur à Vienne, puis élève de Carissimi, Joh.-Kaspar Kerl, né en 1627, entra en 1650 au service de l'électeur de Bavière, dont il fut vicemaître de chapelle, puis, bientôt, maître de chapelle. En 1674, il était organiste à Saint-Etienne de Vienne; de 1680 à 1692, il fut organiste de l'empereur. Il mourut en 1693 à Munich. Nous ne parlerons ici que de ses œuvres les plus particulièrement destinées au clavecin, telles que les caprices, fort libres de forme, qui portent des titres significatifs comme la hattuglia, le Coucou, le Pâtre de Styrie {Steijerischer Hirt)^.
De même, nous ne devons, en ce chapitre, citer que les variations, la passacaille, la chacone et les pièces intitulées Nova Cyclopeias Harmonica et Ad malleorum ictus AlUmo qui se trouvent à la fin de l'Apparalus musico-organisticus de Georg Muffat (1690)".
Chez Benedickt Schullheiss (f 1093), de Nuremberg, reparait, écrite en un langage musical enfantin, qui s'adresse aux amateurs, la Suite, nettement organisée, selon cet ordre : Allemande, Courante, Sarabande et Gigue [Muth-und Geistermuntrender Clavier-Lust erster ï'/iei/, 1080; — 2'" Theil, 1683). Schullheiss forme ainsi, dans la suite, deux groupes, composés chacun d'une pièce lente et d'une pièce rapide'. Il fait d'ailleurs remarquer qu'il faut jouer les Allemandes et les Sarabandes assez lentement, les Courantes elles Gigues assez vite.
Joli. Pachelbel (16o3-1706) composa, vers la même époque, un certain nombre de Suites (citées par M. SeiU'ert d'après un manuscrit de 10831 dont le plan est analogue au plan des Suites de Schullheiss : les deux gvou\ies A liemanile-Courante.Sarabunde-Gigtte. en restent, presque toujours, les assises. Les pièces supplémentaires sont insérées entre ces deux parties fondamentales de la Suite. Ces œuvres ont plus
4. J'emprunte ces remarques à la Gesch. der Ktaviermiisiti de Weit/mano, remaniée par M. ScilTert.
•■i. Publ. par M. Bnistibcr {Deidcm. di-r Tonkunsl in Œslcrreich, xiu, 2, 19(16.
6. Voy. l'ouvr. déjà cité de M. ScilTert (Weit/niannl, p. IS'i.