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d'iiniU', moins de sécliercsse que les Suites de Scliultlieiss, mais elles maii(]iieiit d'ampleur; les Atlcman- (/es seules s'élèvenl au-dessus di^ celle médiocrité de style et de proportions (iiii semble destiner l'ieuvre à des amateurs, l'ar la succession des tonalités, ce recueil est fort intéressant : les 17 suites (ju'il renferme sont en vt mineur, ut majeur: >'é mineur, ré majeur ; nti mineur, nii majeur: fa majeur: sol mineur, sol majeur: la mineur, lu nuijeur: si liémul majeur: si mineur: do dièse mineur: mi banni majeur: fa dièse mineur; la li'mol majeur'.
Dans Vlle.racittinlum .\pollinis (1G'.I9I, l'aclielbol nous présente six Airs variés, où il écrit, non plus avec la rcclierclie de contrepoint des inailiesdu nuid de l'Alleniafine, mais d'une manieie unitiuemenl mélodique, avec une sorte de ^;racieiise boidiomie. Tout en se leTiisant aux etfels de virtuosilé familiers à l'oglietti, par exemple, l'aohelbel sait écrire en claveciniste délicat, avec un sentiment raffiné de l'harmonie et de la sonorité.
J.-Pli. Krie;,'er a écrit, avec la même simplicité aimable, une Aria avec 24 variations : d'autre part, une Passacaijlia, insérée sous son nom dans les Toccate, Canzoni. et altre Sonate... dalli principali Maestri... Kcril, liorro, J.-P. Kric(jcri composte (iù'a), est forl brillante.
Les Suites de Johann Krieger (Stchs Musicalischr Partien, 1097) comprennent essentiellement quatre pièces {.Allemande, Courante, Sarahamle. (jiijue). Elles sont d'un remarquable caractère musical: tandis que ses prédécesseurs n'oublient guère que dans ]os Allemandes l'origine des pièces qu'ils trailent, il transforme les danses en œuvres d'inspiiation élevée. Dans son Anmulldije Clavier-Uebung (tô'J'.M, avec des compositions où le style d'orgue et le style du clavecin sont mélangés, on trouve une chacone, dont les variations sont écrites surtout en contrepoint, mais où ne manquent pas les ell'ets de virtuosilé.
De Cluistian-Kriedricli Wilte (t660?-1716), quelques pièces manuscrites, dont deux Suites, sont dans la manière un peu courte de Pachelbel; une Passacaglia de sa composition a été attribuée à J.-S. Bach; les reprises de la mélodie fondamentale, au cours des variations, rappellent les procédés de Muffat.
Tandis que les clavecinistes que nous avons énumérés jusqu'ici se contentent généralement de traiter les qualre danses essentielles de la suite, J. Kaspar Ferdinand Fischer, maître de chapelle du margrave de Rade, admet dans ses Pitrlien. un nombre de pièces indéfini, qui varie de l'une à l'autre, de sorte qu'il est impossible de les rapporter à un plan commun : elles ne se ressemblent, dans la disposition, que par le prélude qui les commence 2. Dans ces préludes, d'ailleurs, apparaissent les particularités de l'art de Fischer : la forme, tout en rappelant un peu la forme des préludes de J. Krieger, eu est particulière. Les séries d'accords répétés qui les composent, et surtout le caractère et 1' « accent » de ces accords, sont fort remarquables. D'autre part, dans quelques-unes de ses pièces de danses se manifeste, ainsi que dans les préludes, le iioùt de Fischer pour les harmonies sombres. A ces traits on reconnaît l'âme allemande de l'auteur, sérieuse dans le sentiment et personnelle dans l'expression'.
i. Voy. l'ouvr. déjà cité de M. SeîlTert.
2. La grâce et la vivacité fraiiçaise l'ont inspixc le plu5 scu\ent.
Johann Kuhnau ( 1600-1722), comme Fischer, nous présent(Mi ne (l'uvre considérable (jVtf!/et'/(;r!er-(;>6uH;/, I, li'iS',); 11, lli'J2; FrisckcClarierFruelitc. 1(596; .\lusiealiselte Vorstellunij einiijer lliblisclien Historien, nOOi. Dans ses com|iositions en forme de Suite, il s'en tient, presque toujours, au nombre de quatre danses, sans s'astreindre à ne donner ([ue les danses généralement admises, etsansmaintiMiir |)artouI, entre V Allemande et la Courante, l'aflinité de mélodie ou iW. Iif;ures. Fcriles d'un style calme, é{,'al et souriant, ces pièces sont précédées de préludes fort intéressants, oit M. Seill'ert aperçoit, avec raison, les |)remieis modèles do ce que l'on appelle, en lanfjage moderne, une étude [lour le piano. Les ligures et doubles ligures qui suivent ces préludes ont la plus grande valeur : un peu courtes d'inspiration, un peu timides, elles ont cependant la constitution définitive de la fugue classique. A la fin de la 2" partie de la Clavier-Uebunij, Kuhnau donne une Sonate. Dans les Frische Clavier Frùckte, paraissent sept autres sonates, composées à la manière des sonates pour deu.t violons et basse, et qui ressemblent à des transcriplious élégantes, non serviles, mais adaptées au clavier avec assez de talent pour que la continuité de polyphonie se laisse deviner, sans s'étaler avec une sécheresse pédante''.
Johann Mattheson (1081-17(141, qui naquit et vécut à Hambourg, prend toutefois modèle sur Kuhnau. Sa Sonate... dédiée à (jui la jouera le mieux (17131 n'a, il est vrai, que le titre de commun avec les sonates de Kuhnau. Mais dans ses Pièces de clavecin en deux volumes 1 17 14), il déclare qu'il s'est décidé à écrire par émulation avec l'auteur de la Clavier Uehumj. Dans celte œuvre, il réunit des Suites où il en agit plus librement que Kuhnau avec les règles constitutives du genre, et où l'on trouve plus d'aisance mélodique que chez le savant Cuntor, mais où quelques préludes ont le caractère d'Etudes que nous avons siijualé dans ses compositions. D'autres préludes, au contraire, sont en forme d'ouverture française.
Les Doii/ls parlons (1749), collection de » douze fugues doubles à deux et trois sujets », sont dédiées à Handel. La technique du claveciniste y est plus apparente que dans les fugues que nous avons signalées jusqu'ici : Mattheson charge le tissu polyphonique d'accords pleins, marque par des octaves les rentrées du thème, écrit des conclusions brillamment figurées.
Georg-Philipp Telemann 1 1681-1767) est plus moderne encore que Mattheson. Dans Der gelrene Music- Mcistcr, sorte de journal de musique qu'il publie à Hambourg en 1728, il écrit des Suites formées d'une infinité de pièces, de petites esquisses pittoresques, d'une plume légère, sans aucune recherche de polyphonie, souvent à deux voi.x;, avec des « sauts » et des unissons qui rappellent Domenico Scarlatti. Ses Fantaisies pour le clavessin, publiées après 1737, sont divisées en « trois douzaines ». Os Fantaisies se groupent deux par deux, de telle sorte que la première se répète après la seconde, ainsi que le début d'un menuet après le trio, l'ar la forme, certaines de ces compositions il" et 3'= douzaine! se rapprochent de l'Ouverlure d'Alessandro Scarlatti; la 2" douzaine comprend des pièces constituées comme les « ouvertures françaises » (mouvement grave, mouvement rapide, mot. grave). Dans la 2' douzaine, à la pièce
3. Les œuvres de Fischer ont été publ. par M, E. von Werra (Breilkopf et lliirtel).
4. Les œuvres de Kuliuau out été puld. [lar M. f .isler (Lreilkopf et Hiirlel).
principale est jointe une seconde pièce de mouvement rapide, formée de deux parlies. Etant réunies deux par deux, avec reprise finale de la première, comme dans les deux autres « douzaines », ces Fantaisies éc la troisième douzaine donnent ainsi des séries de six pièces successives.
Dans les XVIII Canons mélodieux ou VI Sonates en Duo pour le clavecin (Paris, 1738) sont groupées trois pièces, deux — la 1'° et la dernière — de mouvement rapide, la seconde lente. Par l'écriture, ces canons à l'unisson ressemblent à des duos pour deux violons, sans basse continue.
Le style aimable, l'habileté sans pédantisme et l'orii-'inallté sans rudesse de Teleraann le firent admirer et imiter. Parmi les compositeurs qui suivent son exemple, il faut citer Kreysin;;, J.-V. Gorner, K.-J.-F. Haltmeier, dont quelques œuvres se trouvent dans le recueil de Telemann Dergetieue Music-Meister (1728) '.
Les sonates faites sur les « histoires bibliques » sont, d'autre part, des monuments remarquables de la « musique à programme ». Si, pour les éléments pittoresques de son œuvre, Kuhnau avait déjà à sa disposition des ressources offertes par ses devanciers, il est contraint à plus d'invention quand il veut décrire des états de l'âme. Les motifs par lesquels il exprime la joie (p. 131, p. 140, p. liio, p. 176 de l'éd. moderne I sont d'une sérénité charmante : le désordre de pensée, la tristesse hagarde, les fureurs de SaiJl, sont dépeints avec une sobriété forte; partout les allusions musicales sont d'une rare justesse et d'une valeur psychologique incontestable.
Dans le nord de l'Allemagne, nous devons citer J.-A. Ileincken (162;)-n22), qui écrit des Partite sur /(! Meijerin (les 3 dernières variations ont le caractère d'une courante, d'une sarabande et d'une giguei et un Ballet: Georg Bùhm (né en 1061), dont les quatre Suites sont gracieuses comme les œuvres des Français, sans être vides-; Buxtehude, qui nous a laissé une Suite sur le choral Auf tnfinen liebcn (iott {Allemande , Double, Sarabande , Courante, digue) et dont les V7/ Suites « sur la nature et les propriétés des planètes » sont malheureusement perdues; Vincent Liibeck (I6ai-I740i, organiste à Stade, puis à Hambourg, qui publia en 1728 une Clavier-Uebunij comprenant un prélude, une fugue et une suite (Allemande, Courante, Sarabande, Gigue],
Il nous reste à signaler un groupe de mailres allemands dansles œuvres desquels s'épanouit et se transforme la Suite. Nous prendrons encore pour guide l'excellent ouvrage de M. Seilfert, où nos lecteurs trouveront, traitées à fond et magistralement, toutes les questions que nous ne pouvons ici qu'efdeurer.
Dans ses Componimenli musicali per il cembalo (173!))3, Gottlieb Mulfat (169U-1770), fils de Georg Mulfat, publie six séries de pièces où, après une Ouverture (n"" i et 5), une Fantaisie [n'"' 3,4, 6) ou un Prélude (n" 2) , on trouve une Allemande, une Courante et une Sarabande dans les o derniers groupes, une Allemande et une Courante dans le premier. Mélangées à ces pièces, se rencontrent d'autres danses, des pièces de caractère ou des compositions de déno-
1. Oc recueil se trouve à la Hibl. nationale. 1. Sur ces maîtres, voyez louvr. de M. îxîiiTcrt.
mination plus vague (liifiaudon. Menuet, avec Trio ou sans Trio. Bourrée, Hornpipe; — la Hardiesse, ta Coquette, Cornes de citasse; — Air . Adagio, Fantaisie). Une Gigue in"" 2, 4, o, 6) ou un Finale (n"^ 1 et 3) servent de conclusion à ces six espèces de Suites, après lesquelles, au septième rang, parait une Ciacona avec 38 variations. Le style de Mulfat est original en ceci qu'il comprend les particularités de style des diverses écoles : la mélodie accompagnée d'une manière homophone, comme le font les Italiens, la plénitude harmonique des Allemands, le mélange de passages en récitatif et de traits, les accords arpégés comme chez Kuhnau, Bôhm et K.-K. Fischer, les progressions élégantes, comme chez Gouperiii, tous ces éléments se fondent dans les pièces de Muffat. Pour l'exécution, il suit les conseils de Couperin.
F.-Anton MaichelbeU (1702-1750), dans ses Sonaten (1736) écrites « à la mode italiennne d'aujourd'hui », donne des Suites mêlées de pièces de Sonates. L'inlluence italienne est manifeste dans ces œuvres fort mélodiques, écrites généralement à deux parties, où l'on trouve des accompagnements en accords brisés (basse d'Alberti), des effets dans le goût de Scarlatti, de l'habileté et du brillant. Il a laissé une méthode. Die auf dem Clavier lehrende Caecilia (1738), où il traite de tout ce que doit connaître un claveciniste, depuis les ciels et le doigter, jusqu'à la réalisation de la basse continue et au contrepoint.
De J. Kaspar Simon, les Leiclde Praeludia und Fugen (en 2 parties) sont destinées au clavecin ou à l'orgue : ses Gemiiths vergnûgende tnusicalisclie Neben-Stunden comprennent six Suites où la troisième seule des pièces qu'il y associe (le Menuet) conserve le caractère d'une danse, tandis que les autres parties sont des mouvements de sonates. Par le style et par la technique, il n'observe d'ailleurs point la tradition des maîtres de la suite, mais prépare les éléments de la sonate moderne. H en est de même d'August Rùx )7,Hei l'artien, 1746). Isfried Kayser ( Très Parthiue clavi-cimbalo accomodalae 1 1746) manifeste plus encore les mêmes tendances.
Dans les compositions du claveciniste Ihuringien Joh. Schmid, se trouvent des variations où parait encore un retlel lointain de J. Pachelbel : les six premières Partite sur un thème destiné au chant du ps. 121 sont dans le style de la variation du clavecin, les onze suivantes sont cornues en forme de danses : liuutade. Allemande, e.lc, Passacaille. Un prélude, relié à une fugue, sert d'introduction à cette œuvre (1710), qui contient de nombreux signes d'ornementation, des indications dynamiques (f., p., pp.) et des remarques sur le mouvement et la souplesse de rythme qu'admet l'andante.
Le style de J.-Peter Kellner, aussi Thuringien (170b- 1788), ne garde presciue plus la moindre trace de l'iiithience de Pachelbel. Une séiie de six Suites a été publiée par lui sous le titre de Certa,mvn musicum (1739 à 1730). -•iprés un prélude et une fugue, on y trouve une .\llemandc et une Courante : la seconde partie de la Suite est traitée librement; des pièces dénommées Adagio ou Allegro, etc., y remplacent le plus souvent les danses, mais l'on y rencontre fréquemment un ou deux menuets. Dans la première Suite, VAIlcmande,\a. Courante et la Sarabande ont des traits mélodiques communs; V Allemande et la