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J.-J. Rousseau, Dictionnaire de musique, art. Orchestre

8. Atiton-Joseph Hampel (f 1771) était entré en 1737 dans l'orchestre de Dresde. On place entre 1750 el 1755 ses modifications à la facture du cor, qu'il ht exécuter sous ses veux par le facteur J. Werner.

9. La chapelle de la cour fut inaugurée le 29 juin 1751 ; on y plaça en 1754 un bel orgue de Gotlfried Silhermann. V. Fursteuau, t. II. p. 271. — Le Te iJennx de Hasse a été publié à Leipzig, chez Pelers. L'n choix de chants religieux à une el deux voix, avec orgue ou piano, lie liasse, a été rédigé par M. Otto Schmid. comme ~° et 8« volumes de la collection : Mnsik am sdrlïsischen Hofe (.Musique à la cour de Saxe), Leipzig, Brcilkopf et H;irtel, 1905.

10. La Converswne di S. Agostino, de Hasse, forme le tome XX de

Les péripéties de la guerre de Sept ans, dont la Saxe eut cruellement à souffrir, vinrent interrompre les brillantes manifestations de la vie musicale à Dresde. En l"o7, une partie de l'orchestre et de la troupe d'opéra suivit à Varsovie l'électeur-roi de Pologne; en 1760, Hasse chercha un refuge en Italie. Lorsque la paix fut rétablie el que, en 1763, Frédéric- Auguste III parvint au trùne, sous la régence de son oncle, les destinées artistiques de la cour saxonne ne changèrent point d'orientation. Johann-Goltlieb INaumann (1741-1801) s'y installa tout d'abord comme compositeur pour l'église, puis comme maître de chapelle, et, à l'instar de Hasse, composa tous les ouvrages nécessaires au service de la cour ; vingt-qualre opéras, onze oratorios, vingt et une messes, un Te Deiim, et quantité de psaumes, de motels et de morceaux divers 2.

Ni du temps de Hasse, ni du temps de Nanmann, Dresde n'exerça d'influence réelle sur le développement de la musique allemande, parce qu'elle-même n'avait pas su se dérober à l'ascendant de l'art transalpin. Il en était de même à Stuttgart, où le duc Cari Kugène, qui régnait depuis 1744, n'épargnait rien pour s'entourer d'artistes renommés et pour multiplier des exécutions qui méritaient les louanges des visiteurs étrangers. Chaque armée, au moment de l'anniversaire de sa naissance, des fêtes avaient lieu, qui duraient quinze jours, et pendant lesquelles de nombreux invités réunis à Stuttgart ou à Ludwigsbourg, pouvaient assister sans relâche aux opéras, aux comédies, aux bals, aux concerts et aux banquets'. Pour que le peuple prit part à l'allégresse générale, le duc lui faisait jeter des pièces de monnaie et distribuer des viandes et du vin : jouissances matérielles que l'on jugeai! alors seules à sa portée, car les temps étaient oubliés où l'art plongeait ses racines jusqu'au cœur de la nation, et l'on ne se souvenait plus des « échafauds » parés de tapisseries, chargés d'acteurs et de musiciens, que le moyen âge dressait sur les places publiques et sur le parvis des églises, et sur lesquels, à la vue de tous, se jouaient de beaux « mystères » et se représenlaienl, par personnages vivants, les tableaux symboliques des grands peintres, tels que l'A;/i><^'iit sans tache, de Memling.

Admis aux spectacles de cour, les artisans ou les bourgeois allemands de 17bO les eussent d'ailleurs peu goûtés, puisque « malheureusement», remarque l'historien de la musique en Wurtemberg, ce n'était pas l'art germanique que protégeait Cari Kugène. (I Comment cela eût-il été, aloi's que le sentiment national sommeillait, et que toutes les directions de la pensée, en politique, en littérature, en art, prenaient leur mot d'ordre à l'étranger'? » Ln 17ol, le duc avait remplacé, à la tète de sa musique, l'Italien Brescianello par le Viennois Ignaz Holzbauer : mais

la grande colleclion des Z^enAmii/cr ileulscher Tonlomst (Monumonls

de la musique allemande). — Pour la biographie de Hasse el ItHude ilp Ses «'uvres, V0)ez Fursicnau, onvr. citr, t. Il, p. '2117-^70; la préface historique, rédigée par M. Arnold Sthering pour l'édiLion ci-dessus mentionnée de la Cunverstoue di S. Afjosfiuu, une étude de M. Cari Mennicke insérée dans le Recueil trimestriel de la Société inlernatiouale de musique. S» année, 1903-1904, p. 23Û et suiv.; le volume du

même auteur, fiasse uiid die Brûder Graun als Si/mplioniker (liasse et les fri;res Graun considérés comme symphonistes, avec catalo:;ucs Ihématlques), Leipzig, 1906, in-8" ; W. Millier, JuU. Ad. Hasse als A'irc/te7iA-om/Jûï*y5(iI!assecommecompositeurrehgieux), Leipzig, 1910, in-S";

Kamieuski, Die Oralorien von J. A. liasse (les Oratorios de liasse', Leipzig, 1912, in-8<».

1. Nestler, Der K. Kapelhneister JVaumaiin, Dresde, 1901, in-8».

2. J. Siltard, Zur OeschiclUe der Musik uiid des Theaters am yViirt -

celui-ci ne passa que deux ans à Stuttgart el partit en 17b3 pour Mannheim, où nous le retrouverons. Il eut pour successeur Jommelli, avec lequel triompha la musique italienne et les chanteurs ultramontains. L'orchestre seul était formé en partie de musiciens allemands qui, en dehors même du Ihéàlre, et dans les concerts ou la « musique de table », exécutaient encore le répertoire étranger, à commencer par les ouvertures de Jommelli. C'étaient des pièces de symphonie, disposées en trois mouvements, allegro, andanle et presto, que l'on préférait à celles de Hasse el de Galuppi, et enlre lesquelles on admirait surtout l'ouverture à' Avtnscrce (1749), pour cordes, deux hautbois, deux cors, deux trompettes et basse continue pour le clavecin. Cari Eugène, qui avait ces morceaux en grande estime, se plaisait à y tenir en personne la partie de clavecin.

Comme le duc de Wurtemberg, le prince-électeur de Bavière, Maximilian-Josef III, était ami de la musique et exécutant zélé. .louant de la viole de gambe, il se faisait confectionner par ses musiciens ordinaires, comme une marchandise à piix fixe, des concertos qu'il payait un llorin la pièce et dont probablement la plupart ne valaient pas davantage. Lorsqu'il s'agissait de son opéra italien, l'électeur savait se montrer moins parcimonieux; lui aussi s'était fait construire une belle salle de spectacle, où deux compositeurs appelés d'ilalie, Giovanni Porta et Andréa Rernasconi, dirigeaient, avec leurs propres ouvrages, ceux de leurs plus fameux compatriotes''.

Mais la cour la plus musicale était celle de l'électeur palatin, Cari Theodor, à Mannheim. Calquée jusque dans les détails de l'étiquette et les formules du langage sur le modèle de Versailles, — on disait en français « jour de cour, grand appartement, petit appartement », etc., — elle enchérissait encore sur les usages français, en réunissant les plaisirs de l'opéra italien, de la comédie française el des concerts exécutés par un orcheslre excellent et par les virtuoses les plus renommés de l'Europe''. Les grandes <c Académies » se donnaient deux fois la semaine, i< sauf quand il faisait grand froid », dans la salle des chevaliers, au château; les séances de musique de chambre, oùCarlTheodorjouait tantôt du violoncelle, lanlût « un peu de clavecin », avaient lieu presque quotidiennement « après la table », c'est-à-dire après le repas du milieu du jour; de plus, les musiciens de cour jouaient encore c< pendant la table », et les soirs de comédie pendant les entr'acles. En carême, on exécutait de grands oratorios, dont quelques-uns composés lout exprès par le maître de chapelle Holzbauer"; en été, le personnel musical suivait le princeélecteur dans sa résidence de Schwelzingen, où se continuaient les fêtes ; on plaçait l'orchestre dans des

temberfjischen Hofe (Sur riiistoirc de la musique et du théâtre à la cour de Wurtemberg), Stuttgart, 1891. 2 vol. in-S".

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