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ALLEMAGNE Mlii

menl qu'on a porté de lui, qu'il fut » le plus important entre ses IVères, sans t^lro celui (|ui iivait le plus (1(; talent' », s'expliqui^ par le lAIo cpii' les cireonsl.uices autant que ses lions personnels li; eoiuluisirenl à tenii' ilans l'Iiistoiro ilo la inusiipie. Willii-lni- Kiieilniann liaeli, mieux doué, avait failli devenii' <. la raricaluie » de son père, parce (pi'il en était l'iUève favori et qu'il s'était doeilemenl modelé à son iuiaj;o-. Au contraire, par son inclination naturelle, par son éduiuition dirij,'ée vers la jurisiirudence et oïl la musique n'était d'abord intervenue que d'une façon accessoire , par l'obligation enlin où il s'était trouvé, une fois sa carrière fixée, de servir les j^oftts de l'rédéiic II et de la société de son temps, Kmmanuel llach fut amené à prendre la léle du mouvement Iranslormateur. Son " importance » en ce sens se l'araclérise en premier lieu par la recherche d'un slyle nouveau d'exéeulion au clavecin; la ciéalion ou plutôt l'ordonnancement et la régularisation de la foiine moderne de la sonate apparaît comme le ri'sullat de ce premier stade d'ell'ort, et le coup de barre qui poussa bientôt di^linilivemcnt la niusiijue du clavecin vers des contrées inconnui^s, trouve ainsi sa cause déterminante dans le dilettantisme des cours''.

Dans les commencements de son séjour chez Frédéric, Emmanuel liach, en bon courtisan, affectait pour la tlùte « une visible prédilection », qu'il n'eut pas la patience ou la dissimulation de soutenir jusqu'au bout. Le clavecin, à il'exclusion même de l'orgue, que tous les Bach avaient touché, rt^sla son unique instrument. Dédaigneux du piano-forte, dont il coiniut les premiers spécimens, il joua toute sa vie, pour la chambre, le clavicorde, et pour le concert, le grand clavecin. Versé dans la connaissance des «euvres italiennes el frani;aises autant que dans celle des compositions de son père, et doué avant toutes choses d'un adroit éclectisme et d'un «bon sens pratique » qui, dans l'ordre privé, hd valut le reproche d'avoir un peu trop estimé les profils vulgaires, il devait tendre de bonne heure à se constituer, comme exécutant et comme compositeur, une manière souple, attrayante, accessible. Quelques pionniers l'avaient précédé dans le champ de la sonate de clavecin. En 1739, Mattheson écrivait que, depuis peu, l'on avait commencé d'en composer, « car autrefois on n'en possédait que pour le violon et les autres ins- Iruments »;mais, ajoutait-il, « jusqu'ici elles n'ont pas encore atteint la boiuie forme, et sont plus propres à être touchées qu'à toucher, c'est-à-dii-e qu'elles cherchent plus volontiers à remuer les doigts qu(! les cœurs ». Les deux premiers recueils de sonates d'Emmanuel Itach parurent eu i742 et nio , avec des dédicaces au roi de Prusse et an duc de Wurtemberg. C'étaient des ceuvres indécises, dans lesquelles se marquait l'intluence de Donienico Scarlatti et de toute la musique instrumentale italienne; on y voyait appliquer le plan en trois mouvements de l'ouverture qui , en même temps, servait aussi de modèle aux premières symphonies; mais ni l'ordre

1. Spitla, Joh. Seb. Bach. t. !•', l..-i|izig. 1873, in-S", p. 020.

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