Cilé par Waltcr, p
raient à des parties supplémentaires copiées. Le fond de récriture symphonique était le quatuor à cordes, auquel s'ajoulaient soit deux cors, soit deux cors avec deux hautbois, soit deux trompettes et timbales, d'après des groupements conventionnels qui, pendant assez longtemps, semblèrent s'exclure l'un l'autre. Les clarinettes, entendues exceiitionnellenient à Paris à l'époque du voyage de Stamitz, ne paraissent avoir été incorporées qu'en 17o'.> à l'orchestre de Mannheim, et beaucoup plus tard dans d'autres orchestres. Le titre d'une symphonie ne manquait pas de mentionner si elle était écrite avec cors « obligés » ou avec cors ad libitum, et c'est aussi l'un des mérites reconnus à Johann Stamitz, que d'avoir l'un des premiers émancipé cet instrument du rôle de renforcement auquel il était réduit, et de lui avoir confié l'exécution de passages mélodiques.
En étudiant les anciennes symphonies, l'on ne doit pas non plus oublier que les orchestres pour lesquels elles étaient écrites n'avaient pas pour seule mission de les exécuter dans des « Académies ». Ces orchestres étaient les mêmes qui, en totalité ou par groupes, jouaient « pendant la table » des princes. Pour les plier à ces diverses exigences du service des cours, on découpait fréquemment les symphonies par morceaux, — encore que leur étendue fût cependant, à nos yeux, très brève; — jusqu'à la lin du xviii" siècle, voire même jusque dans la première moitié du xix", il ne jiarut pas étrange ni l'épréheusible de les scinder en deux, pour le début et la lin d'un concert, ou d'en détacher une seule partie pour servir d'introiluction, d'intermède ou de finale^. L'unité que, depuis Haydn, on demande de plus en plus aux mouvements successifs d'une sonate ou d'une symphonie, et que les musiciens de l'école moderne accentuent par le retour et le développement, à travers toute l'œuvre, d'un ou plusieurs tlièmes conducteurs, n'était nullement autrefois regardée comme une qualité nécessaire.
L'état actuel des connaissances historiques ne permet pas de trancher la question qui consiste à savoir quand et par qui le menuet fut placé, comme avantdernier morceau, dans la symphonie. M. Kretzschmar a fait honneur de cette innovation à l'école viennoise', à cause probablement de la vogue dont jouissait cette forme de la musique de danse, dans la capitale de l'Autriche, avant l'adoption de la valse; plusieurs compositeurs de symphonies, et entre autres Holzbauer, vers 1745, y avaient fait paraître des recueils de menuets pour plusieurs instruments''. i\I. lîiemann préfère attribuer à l'école palatine « l'idée géniale d'intercaler l'esprit et la gaieté populaire du menuet » au milieu des développements sérieux de la symphonie, et il y voit un signe spécial, de la nationalité morave ou bohème, à laquelle appartenaient Stamitz, Hichtor et peut-être Fillz''. Mais on a lait remarquer* que dans une série de six
4. Les programmes des concerts de Salomon, à Londres, où furent exécutées les grandes symphonies de Haydn, olïrent plusieurs exemples de cette coutume anti-artistique : on y ilési^ijn.tit comme ouverture le premier morceau d'une symphonie, et clia((ue séance s'aciievait par un linale détaché (C.-F. Pohl, Haydn in Lundvn, Vienne, lSti7, in-K", p. ilol et s.) Kn 1S34, au Conservatoire de Paris, Habeneck exécutait au commencement d'un concert les trois premiers morceaux de la ucu- ^'iéine symphonie de Beethoven, et à la lin le finale avec chœur (LU\arl, Hist. lie la Sorii-fé des concerts, p. 163). A \'ienue, en 1839, on a;.:issait tic même pour ta symphonie eu ut de Schuberl.
5. Kretzschmar, t'^ûhrcr. t. I»"", p. 51. 0. C.-F. Pohl, /. Haydn, t. I", p. 103.