SOUTACHE. DES FEUILLES
OUVRAGES DE FANTAISIE
Fig. 883. Fleurs en soutache et broderie.
Fournitures : Soutache D.M.C N”* i à 3 et Coton à broder D.M.C N° 35. (*) Couleurs. — Pour la soutache : blanc, écru ou Jaune d’Ocre 677, et Bleu-Indigo 322. — Pour le coton à broder: écru, Jaune-Orange 444, Bleu-Indigo 3ii, Gris-Tilleul 3g 1 et 33o, Vert-Pistache 3 19, 320 et 36g, Rouge-Cardinal 348. (*)
(*) Voir, à la fin du dernier chapitre, le tableau des grosseurs et la liste des couleurs des fils et cotons D.M.C.
soutache jusqu’à ce point et on fait deux points par dessus la soutache ; on reporte cette dernière de nouveau vers l’intérieur de la fleur ; on la passe à travers l’étoffe et on la ressort à la distance nécessaire pour faire le pétale suivant. (*)
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Fig. 884. Motif de broderie chinoise.
Fournitures : Coton à repriser D.M.C N° 5o, Or fin D.M.C pour la broderie N° 40 et Chiné d’or D.M.C. (*)
(*) Voir, à la fin du dernier chapitre, le tableau des grosseurs et la liste des couleurs des fils et cotons D.M.C.
OUVRAGES DE FANTAISIE 5g3
On ne fera donc en tout pour chaque pétale que 3 à 4 points.
On remarquera que les points de soutache sont plus espacés dans la marguerite que dans le bluet où il suffit de replier la soutache sans la faire passer par l’étoffe et de la fixer par un point sur l’endroit et au bas et au haut.
Les épis sont encore plus vite faits ; un seul point dans la soutache repliée imite la barbe des épis ; des points coulés cachent le point de jonction des bouts de soutache et se continuent encore pour les tiges.
Des points d’armes exécutés avec du coton jaune dans les marguerites et avec du coton bleu foncé dans les bluets marquent les étamines.
Les autres petits détails du dessin sont faits avec le point de plumetis ou avec la broderie au passé dans les couleurs qui se trouvent citées au bas de la figure et que l’on distribuera sans peine pour les différentes parties. Nous ajouterons seulement que le Rouge-Cardinal 348 est destiné à l’exécution du petit nœud qui lie les tiges des fleurs.
Motif de broderie ohinoise (fi g. 884). — Une composi-
OUVRAGES DE FANTAISIE
tion bizarre et gracieuse en même temps, reproduite d’après une intéressante broderie chinoise, offre à nos lectrices le moyen de se servir d’une manière toute nouvelle des différents points damassés.
L’étoffe genre gaze, sur laquelle est exécuté l’original, peut être remplacée par la toile d’Espagne ou la toile de Rhodes N° i ou n’importe quel tissu permettant de compter les fils.
Le dessin est à transférer sur l’étoffe et les différentes parties sont à remplir avec les points que la gravure représente très clairement.
En employant plusieurs couleurs, on peut varier cet ouvrage à l’infini. Ainsi, dans le modèle que nous avons sous les yeux, le col et le corps du flacon, les feuilles inférieures sur lesquelles il repose, et celles qui se rattachent aux fleurs posées dans le flacon sont faits avec du Vert-Pistache 367, les anses et les festons sur le flacon, le motif triangulaire sous la baguette sont en blanc, la petite fleur de gauche et celle de droite, la baguette, les petites ailes du papillon ainsi que les feuilles sous le triangle sont en Bleu-Indigo 334; l’une des fleurs, le nœud au-dessus du triangle, les ailes inférieures du papillon et le bas du motif à droite de la gravure sont faits avec du Gris-Amadou 383 ; le Violet-Lie-de-vin 372 et le Brun-Caroubier 357 alternent dans les feuilles pointues qui soutiennent le flacon, la première nuance se retrouve aux ornements de la baguette, et le Rouge-Cardinal 347, le noir 3 10 et le Gris- Tilleul 33o alternent dans les autres détails du dessin. Pour le sertissage on prendra de préférence l’Or fin D.M.C pour la broderie ou le Chiné d’or D.M.C, que l’on emploiera double ou simple suivant les exigences du dessin.
Tête de chapitre d’après Holbein.
Recommandations diverses.
Jusqu’ici nous avons donné la description de la plupart des ouvrages existants. Il nous reste à ajouter quelques mots sur la manière de copier, de disposer et de transformer les dessins, et sur différents procédés dont l’application est souvent une condition essentielle pour la réussite complète des ouvrages.
Ce n’est pas tout, en effet, que de savoir faire les points, car il faut pouvoir adapter les dessins à l’espace dont on dispose ; il faut, pour les dentelles, savoir leur donner ce soupçon de raideur qui est le cachet du neuf, et, si elles l’ont perdu, savoir aussi le leur rendre; il est surtout indispensable pour la broderie-application de connaître les ingrédients à employer et le moyen de les préparer.
Calque ordinaire contre un carreau de fenêtre. — Pour obtenir la reproduction d’un dessin par ce procédé, on commencera par appliquer l’une sur l’autre la feuille de papier qui porte le dessin et celle sur laquelle on veut le reproduire. On aura soin de bien ajuster ces papiers l’un sur l’autre afin que les lignes se conservent dans toute leur pureté.
Cette précaution est surtout importante lorsqu’il s’agit de calquer un sujet d’une certaine longueur, comme par exemple une guirlande ou une bande de festons.
Lorsque le dessin sera petit, on se contentera de maintenir de la main gauche les deux papiers que l’on applique contre
5g6 RECOMMANDATIONS DIVERSES
une vitre, mais dans ce cas même, il sera prudent de réunir les deux feuilles de papier, par les deux ou par les quatre coins, au moyen d’épingles fines ou bien de pains à cacheter, car on peut être dérangé dans son travail et il est alors difficile de le remettre au point.
Ces préparatifs faits, on suit avec un crayon, ou mieux encore, avec un pinceau trempé dans de la couleur ou dans l'encre de Chine, tous les contours du dessin posé sur la vitre.
Ce procédé est des plus faciles tant que la main n’est pas fatiguée. Mais comme cette fatigue arrive assez vite, on sera obligé d’interrompre son travail, ce qui nuit à l’opération; on fera donc bien, quand le dessin sera grand et compliqué, de fixer les papiers sur la vitre à l’aide de gomme arabique très épaisse ou bien encore au moyen d’un gros fils ou d’un léger cordon, maintenu d’un bord du châssis de fenêtre à l’autre par des épingles.
Calque direct par frottement. — Lorsqu’on veut obtenir sur papier une reproduction directe d’un dessin d’une broderie, on la pose sur une table et on y applique du papier à lettre ou du papier de soie. Ce papier ne doit être ni trop ferme, parce que les traits ne marqueraient pas, ni trop fin, parce que le frottement le déchirerait. Ceci fait, on maintient fortement le tout de la main gauche ou au moyen de punaises, de petits clous, etc., puis on passe et on repasse sur le papier une cire spéciale, une cuiller d’étain ou bien une pièce d’argent.
On peut aussi employer pour cet usage une cuiller de ce dernier métal. C’est ordinairement la partie convexe de la cuiller qui sert au frottement ; mais souvent aussi, c’est l’extrémité aplatie du manche.
Finalement, on pourra aussi se servir d’un crayon à la mine de plomb qui, frotté sur la surface du papier, reproduira en traits plus noirs que le fond les contours du dessin.
Cette méthode de reproduction convient surtout pour les petits objets.
Le dessin transporté sur le papier blanc en traits noirâtres étant un peu confus, on aura soin de le corriger ensuite d’après le modèle.
Th. de Dillmont, Encyclopédie des Ouvrages de Dames. In-8°, rel. anglaise, tranche dorée. — Prix : Fr.
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Ce procédé est très rapide, mais il a l’inconvénient d’aplatir beaucoup le relief de la broderie que l’on copie.
On peut se servir du dessin calqué immédiatement après l’avoir passé à l’encre.
Décalque d’un dessin sur l’étoffe même. — Les calques que l’on obtient à l’aide des deux procédés qui précèdent ne peuvent servir que de transparents destinés à être placés sur l’envers des étoffes légères que l’on doit broder; mais lorsqu’il s’agit de tissus plus serrés, ces calques ne peuvent pas être utilisés car il faut alors dessiner sur l’étoffe même. Le moyen le plus simple de transporter un dessin sur une étoffe est le suivant : On commence par passer à l’encre de Chine le dessin primitivement calqué au crayon ou au pinceau, on bâtit le calque à grands points sur l’envers de l’étoffe, puis on étend le tout sur une table. On délayera ensuite dans un petit verre ou bien dans un godet de l’indigo très foncé en poudre, auquel on ajoutera une pincée de sucre et la même quantité de gomme arabique en poudre.
Cette préparation servira d’encre, et à l’aide d’une plume fine et peu fendue on suivra sur l’étoffe les contours du dessin vu par transparence.
Les traits doivent être tracés très légèrement, car si on n’exécutait le travail de la broderie que quelque temps après, le dessin se fixerait sur l’étoffe et il ne disparaîtrait plus au premier blanchissage ; de plus, il empâterait désagréablement les contours de la broderie.
Décalque au moyen de papier teinté gras. — Il existe encore une manière assez expéditive de reproduire les dessins sur des étoffes claires et surtout lisses, au moyen d’un papier teinté spécial dit, papier autographique.
Ce papier que l’on peut se procurer dans toutes les papeteries, est fortement imprégné d’une substance grasse et colorée. On l’interpose entre le dessin et l’étoffe que l’on a eu soin de fixer sur une planche en sens droit sur tous les côtés. Les deux papiers également assujettis, on suit scrupuleusement avec un crayon pas trop pointu, ou mieux encore, avec la pointe d’un crochet en os ou l’arête d’un plioir, tous les traits du dessin.
On appuiera modérément sur l’outil que l’on a choisi
RECOMMANDATIONS DIVERSES
pour ne pas déchirer le papier du dessin. Par la pression que l’on exerce sur les deux feuilles de papier, la substance grasse du papier bleu se décharge sur l’étoffe, et lorsqu’on détache le papier, tous les traits que l’on a suivis se retrouvent imprimés sur le tissu.
Le papier bleu de calque n’est cependant applicable qu’à la reproduction des dessins sur tissus destines à etre lavés ; il ternirait le satin, la moire et tout autre tissu de soie.
Ponçage ou décalque des dessins sur étoffe. Les méthodes précédentes ne sont point applicables en grand; elles ne peuvent pas servir pour les étoffes épaisses, telles que le drap, le velours, etc. ; on sera obligé d’employer pour celles-ci la méthode du ponçage que nous allons décrire.
Une fois le dessin calqué sur papier végétal ou sur papier parchemin, on procède au piquetage. Pour cela on place le dessin sur une couche de drap bien foulé et 1 on fait avec une aiguille spéciale (voyez fig. 782), en suivant tous les traits du dessin, un piquetage complet de tous les contours. S il convient d’obtenir simultanément plusieurs exemplaires du travail piqueté il suffit de placer, les unes sur les autres, plusieurs feuilles de papier que l’on pique toutes à la fois.
On aura soin pour cette opération de prendre du papier assez fin, afin que les épreuves soient bien nettes.
Lorsqu’il s’agira de reproduire des dessins à lignes très fines, on aura soin de les piqueter avec des aiguilles très fines.
Nous recommandons d’opérer le piquetage très régulièrement, de ne jamais trop écarter les trous les uns des autres et de ne pas dépasser les lignes du dessin. On aurait trop de peine à broder d’après des formes altérées.
Le piquetage opéré sur tout le dessin, on pose le papier sur l’étoffe, en ayant soin toutefois de ne pas frotter afin de ne pas refermer les petits trous.
Puis on fixe les deux parties, étoffe et papier, avec des punaises pour les empêcher de se mouvoir pendant 1 action du ponçage. Sans cette précaution, il arrive assez facilement que le dessin se reproduise en double sur l’étoffe et qu’on soit obligé d’enlever, par toute espèce de moyens, les traits inutiles.
Le dessin une fois bien maintenu, on prend un tampon à
RECOMMANDATIONS DIVERSES
poncer, dont la base est recouverte de drap, on le trempe dans la poudre de charbon si l’étoffe est de couleur claire ou dans la poudre de craie si le tissu est de couleur foncée, puis on passe avec ce tampon sur toute la surface du papier dessiné, en frottant légèrement.
Par ce frottement, la poudre prise dans le drap, passera par les petits trous et arrivera jusqu’à l’étoffe et les traces de cette poudre rendront visibles les traits du dessin.
Lorsqu’un motif est suffisamment poncé, on enlève le papier troué, et si le dessin doit se répéter, on le replacera soigneusement au point où cesse le ponçage et où les lignes doivent se rencontrer.
Il est essentiel d’opérer minutieusement ce rapport ; car on ne doit pouvoir reconnaître nulle part les points de jonction.
Quand le ponçage est terminé on commence à tracer le dessin. Pour ce travail on emploiera de préférence de bonnes couleurs d’aquarelle (marque Ackermann, par exemple), que l’on peut se procurer dans toutes les teintes.
Quatre couleurs cependant suffiront pour les décalques sur étoffe : du noir, du bleu, du blanc et du jaune.
Nous avons essayé toutes les matières imaginables pour décalquer les dessins, mais jamais nous n’avons pu arriver à les fixer aussi solidement qu’en employant les couleurs dont nous venons de parler, et cela surtout lorsqu’il s’est agi d’étoffes velues et pelucheuses.
Nous pouvons aussi dire que ce sont les seules qui tiennent bien sur le drap et qui, une fois séchées, ne ternissent pas le brillant des fils qui seront employés pour la broderie.
Pour tracer les traits sur des étoffes lisses on peut prendre une plume ; nous préférons cependant nous servir indistinctement pour tous les tissus, d’un petit pinceau de martre. Plus l’étoffe sera velue ou rude, plus le pinceau devra être fin afin que la couleur pénètre bien entre les poils.
Avant de commencer à suivre au pinceau les traits du ponçage, on souffle doucement sur l’objet pour faire disparaître l’excédant de poudre qui aurait pu passer par les piqûres.
On nous objectera peut-être que ce procédé est ancien, que des inventions nouvelles l’on fait abandonner, qu’il y a pour le
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RECOMMANDATIONS DIVERSES
ponçage des poudres résineuses que l’on peut fixer promptement, une fois poncées, en promenant un fer à repasser chaud sur h étoffe garantie par une feuille de papier; que l’on fait fondre une poudre résineuse au moyen de la vapeur d’alcool, etc. Oui, tous ces procédés existent, mais les uns n’ont d’utilité que dans de grands établissements, les autres nécessitent l’emploi de divers appareils que ne possèdent pas, d ordinaire, les personnes qui par délassement s’occupent d’ouvrages de dames.
Préparation des étoffes et répartition des dessins. —
Nous connaissons bien des dessinateurs habiles dans leur art, tant qu’il s’agit de l’exercer sur papier, mais qui se trouvent en face de véritables difficultés du moment qu’ils ont à transporter leurs compositions sur étoffes.
Nous allons, autant que possible, signaler à nos lectrices certaines précautions à prendre pour calquer les dessins, et nous avons à cet effet à revenir sur l’une des premières opérations, sur le piquetage.
Il est essentiel d’abord que le papier que 1 on pique, ait sur tous les côtés une marge de 4 à 5 c/m. en dehors du dessin proprement dit, afin que le tampon avec lequel on passe la poudre ne vienne jamais à toucher l’étoffe que recouvre le papier.
Secondement, on n’oubliera pas d’appliquer le côté du papier sur lequel on a piqué, contre le tissu. La poudre pénètre plus facilement par les trous ouverts que par les enfoncements produits par l’aiguille.
Si le dessin est carré et symétrique, 011 le pliera en quart et l’on pourra piquer d’un coup les quatre parties ; si, au contraire, le dessin est détaché, on sera forcé de piquer séparément soit un rapport, soit même tout le dessin.
Pour le transport des calques sur étoffe, on évitera avant tout de faire un jalonnement au moyen de craie, de crayon ou de charbon sur le tissu même ; on ne parvient presque jamais à faire disparaître entièrement ces traits, qui déparent souvent un ouvrage pour toujours.
Avant de commencer à calquer on divisera son étoffe en quarts, puis on déterminera la distance que l’on veut maintenir du bord et la marge qui restera en dehors du dessin, car
RECOMMANDATIONS DIVERSES
ce n’est qu’exceptionnellement qu’on l’avancera jusqu’aux lisières.
Lorsqu’on veut reporter le dessin sur de la toile ou sur des étoffes de coton, susceptibles de prendre un pli, on les pliera comme on l’a fait pour le papier, en quatre parties, et on pressera le pli, afin qu’il se maintienne jusqu’à ce que l’on ait terminé le tracé du dessin.
La répartition en quatre faite, on replie encore une fois l’étoffe dans les coins, afin que les motifs pour coin, s’il y a lieu d’en faire, puissent être exactement posés.
Nous parlons de la manière de partager le tissu en parties égales ; dans les carrés cette ligne médiane est la diagonale que bon nombre de nos lectrices sauront déterminer avec une règle et sur papier mais non sur étoffe.
Cette ligne est cependant bien simple à trouver. Il suffit de replier l’étoffe et de faire coïncider le fil extérieur de la chaîne de la lisière naturelle ou coupée, avec le fil de trame qui marque l’angle du repli.
Par le double pliage le fond se trouve divisé en 8 parties. La marge à laisser au bord est facile à régler si la toile, disons par exemple une serviette, est à border d’un ourlet à jours. La rivière, produite par le retrait des fils, servira de guide pour tracer le dessin à fil droit. Mais souvent aussi il est préférable de ne retirer les fils que lorsque le dessin est calqué. Si l’on ne veut ou si on ne peut retirer des fils pour jalonner le dessin et que l’on travaille un tissu à fils comptés, on préparera le jalonnement expliqué à la page 134, fig. 252.
Le pliage n’est pas applicable au drap, aux soieries, au velours et à la peluche ; le drap et certains tissus de soie ne prennent pas de pli, d’autres seraient abîmés et ne pourraient plus servir.
Il est rationnel de monter toutes les étoffes sur métier avant de dessiner.
Pour fixer les lignes préparatoires sur ces étoffes, prenez un fil assez fort, faites un nœud à l’un des bouts, passez-y une épingle et serrez le nœud ; prenez le compas ; partagez l’un des côtés en deux parties égales, plantez l’épingle montée de fil sur le point indiquant le milieu et renouvelez la même opération
602 recommandations diverses
sur le côté opposé, où vous planterez une seconde épingle au moyen de laquelle vous tendez le fil ; passez encore des fils en largeur et dans les angles et vous aurez obtenu un jalonnement correct de votre étoffe, jalonnement que vous enlèverez sitôt que le calque sera poncé, et qui ne laissera jamais de traces altérant l’ouvrage.
Avant de terminer le ponçage d’un dessin, on verra s’il est dans les conditions nécessaires pour la pièce qu’il doit orner.
En supposant que l’on calque une bande avec coin, on mesurera la longueur qu’elle occupera et 1 on pourra marquer en ponçant légèrement les points où les rapports devront être répétés. Il se peut qu’il se produise au milieu un léger écartement des lignes ; s’il n’est pas notable on pourra le faire disparaître, sans changer le dessin, en le rentrant en proportion vers l'intérieur.
Si, par contre, on ne peut combler par un léger déplacement l’espace entre deux rapports, on sera obligé de faire un dessin supplémentaire et en rapport avec la place disponible. Le même travail deviendrait inévitable s’il s’agissait de raccourcir les dessins.
Manière de transformer les dessins à l’aide de deux miroirs (fig. 885). — Nous venons d’appuyer sur la nécessité d’adapter les dessins aux espaces disponibles ; ces changements qui engendrent quelquefois des difficultés ne pouvant se résoudre qu’avec l’aide d’un dessinateur, sont singulièrement facilités, surtout pour les broderies au point de croix, par l’emploi de miroirs dépourvus d’encadrement (miroirs Pénélope) et qui, habilement disposés d’après les indications qui suivent, donnent souvent des résultats vraiment surprenants.
Si on ne peut utiliser qu’une partie d’un dessin, si on veut en augmenter les proportions, ou bien encore si le dessin doit former un milieu ou un coin, on placera dans les deux premiers cas le miroir en ligne droite, dans le dernier, en ligne diagonale, sur le point où le dessin doit être arrêté, soit doublé, soit renversé, et le dessin s’y réflètera dans les conditions voulues.
Pour composer un carreau, on emploie deux miroirs, on les raccorde à l’endroit où les lignes diagonales se rencontrent et le carreau apparaît comme on peut le voir par la fig. 888.
RECOMMANDATIONS DIVERSES
On ne peut pas prendre arbitrairement telle ou telle partie d’un dessin pour la reproduire. Ce n’est qu’après quelques tâtonnements préliminaires que l’on peut découvrir le point le plus convenable pour la formation d’un milieu ou de coins, les dessins ne se prêtant pas dans toutes leurs parties à des changements favorables. Quelques essais faits à l’aide d’un miroir, avant d entreprendre 1 ouvrage, feront mieux comprendre qu’un long exposé l’importance de ces explications.
Fig. SS5. Transformation d’un dessin en bande en un dessin carré a l’aide de deux miroirs.
Manière de reproduire les dessins au moyen de earrés et d’en modifier à volonté les dimensions et les proportions (fig. 886, 887). — Il se présente cependant des cas dans lesquels on est forcé de faire subir des modifications plus sérieuses au dessin dont on dispose.
On veut broder, par exemple, un fond courant sur une pièce d étoffe de dimension insuffisante pour le motif que l’on a en vue, ou bien le dessin établi se trouve trop petit pour une pièce d’étoffe donnée.
Faute de savoir dessiner soi-même on croira devoir recourir à un dessinateur ou on sera tenté de renoncer à l’ouvrage projeté.
-604 recommandations diverses
Ni l’un ni l’autre ne sera nécessaire si l’on suit les conseils que nous donnons ici.
Prenez du papier quadrillé, au besoin préparez-le vous même; reproduisez le dessin sur le papier quadrillé, ou bien établissez les carrés directement sur le modèle, comme on le voit dans la fig. 886.
Prenez une seconde feuille de papier végétal, préparez de nouveau des carrés, mais diminués d’un quart, d un tiers, ou de la moitié de ceux de la première feuille. Ainsi, si un côté d’un carré est long de i5 m/m. et qu’il vous faudrait un motif diminué, rétréci d’un cinquième, vous ne donnerez que 12 m/m. aux côtés de votre nouveau carré.
Fig. 886. Dessin préparé pour être copié ou modifié.
De même, si vous voulez agrandir les proportions d’un dessin d’un cinquième, vous aurez à faire des carrés mesurant 18 m/m. sur les côtés.
Puis vous suivez carré par carré les lignes du dessin, les
RECOMMANDATIONS DIVERSES
élargissant si le dessin doit être agrandi, les resserrant s’il doit être diminué.
Pour copier un dessin directement sur modèle brodé et lui faire subir en même temps des modifications du genre que nous venons d’expliquer, on procédera de la manière suivante :
Fig. 887. Dessin diminué.
Fixez d’abord la broderie sur une planche en lui donnant dans tous les sens la même tension ; puis mesurez avec le mètre la longueur du dessin ; divisez les centimètres par le nombre d’unités correspondant aux proportions que vous voulez donner à la copie, et, s’il vous reste des fractions de centimètres, répartissez-les en millimètres, au besoin en demimillimètres, et faites votre division par la mesure que vous aurez adoptée ; prenez un compas, écartez-en les pointes d’autant qu’il le faudra pour que l’ouverture réponde à la distance obtenue par la division ; plantez une épingle montée d’un fil, au point qu’indiquera la pointe du compas ; et renouvelez la dernière opération sur tout un côté de la broderie et, si possible, un peu au dehors, afin que les épingles ne la détériorent pas. On n’aura plus qu’à tirer les fils en lignes très droites jusqu’au côté opposé et à procéder de la même manière pour planter les épingles et les fils dans le second sens et établir le quadrillage sur toute la surface.
Il va sans dire que s’itil s’agissa de relever un dessin sur
606 RECOMMANDATIONS DIVERSES
un ouvrage monte', on ne pourrait le tendre sur une planche ; avec un peu d’habileté on trouvera toujours moyen de planter les épingles sans détériorer l’objet monté.
Manière de modifier un dessin dans le sens de la largeur (fig. 888, 889, 890). — Souvent on est obligé d’allonger
Fig. 889. Dessin maintenu dans la hauteur mais modifié dans le sens