‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 2)Chapitre 12 sur 58 · DK LA DUREE DE LA VIE · texte numérisé non relu

DK LA DUREE DE LA VIE

Tous les êtres organisés , après avoir parcouru les trois périodes d’accroissement , de consistance et de dépérissement , laissent exhaler de leurs corps épuisés le feu qui les animait. La mort est donc une véritable fonction de la vie , qui consume l’aliment nécessaire à son entretien. Chaque espèce vivante a un terme désigné par la nature , audelà duquel elle cesse d’exister : c’est dans la connaissance des moyens qui peuvent prolonger ce terme en prévenant la trop prompte consomption de la flamme vitale que consiste la médecine conservatrice. Jetons d’abord un coupd’œil rapide sur la durée des différentes classes du monde organisé, eu commençant par les plantes , avant que d’en venir a cette dernière période où l’àrae humaine , se dégageant des entraves de la matière , va se réunir à son auteur.

Ce que j’en dirai mettra le lecteur en état d’apprécier dans la suite les circonstances les plus importantes qui influent sur la prolongation ou la diminution du terme de sa vie. — Les différentes espèces de plantes, que les botanistes, d’après les dernières découvertes , portent au nombre de quarante mille , peuvent être divisées , en général , en trois classes principales , savoir : les annuelles ou d'un an et même de six mois, car elles naissent pour la plupart au printemps et meurent en automne; les bisannuelles , qui meurent au bout de deux ans ; enfin les vivaces , qui vivent depuis quatre jusqu’à mille ans.

Les plantes succulentes et aqueuses , dont les organes sont délicats, ne vivent qu’un an ou deux au plus ; celles qui sont plus robustçs et dont les sucs sont

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plus consistants, durent davantage) mais elles ne peuvent, sans bois, vivre bien long-temps. On remarque des différences trcs-sensibles dans les plantes qui ne vivent qu’un ou deux ans ; celles qui sont inodores et insipides vivent généralement moins que les plantes aromatiques et sapides. — Les arbrisseaux et les arbres de la petite espèce peuvent durer jusqu’à soixante et même cent ans; de ce nombre sont entre autres la vigne et le romarin. Les arbres qui vivent le plus sont les plus grands et les plus forts, tels que le chêne, le tilleul, le hêtre , etc. Le baobab , dont le tronc acquiert vingt-cinq pieds d’épaisseur , est un des Neslors du règne végétal.

Adanson trouva , vers le milieu de ce siècle , les noms des navigateurs des ) 5e et iGc siècles sur des baobabs qui n’avaient encore que six pieds d'épaisseur, et les incisions n’avaient pas encore beaucoup d’étendue. Il y a eu des cèdres du Liban et des chênes qui ont vécu plus de mille ans. — Tous les arbres dont la crue se fait rapidement , tels que le pin, le bouleau, etc., ont un bois bien moins fort, et qui dure moins ; le chêne, qui croît le plus lentement, a aussi le bois le plus dur , et vit très-long-temps. — J. es végétaux de la petite espèce ont en général une vie plus courte que ceux qui sont très-grands et d’une certaine grosseur. Ceux qui ont le bois le plus dur ne sont pas ceux qui vivent le plus long-temps : le buis, le cyprès, le genévrier, le noyer et le pommier, ne durent pas autant que le tilleul, dont le bois est néanmoins plus tendre. En général , ceux qui donnent des fruits mous, succulents et perfectionnés par l’art, du rent moins que les autres et que ceux qui n’en portent que de mauvais. Parmi ces derniers , ceux qui portent des noix ou des glands ont une vie plus longue que ceux dont les fruits sont à noyau ou à grains. On observe qu’en général ceux dont le feuillage et les fruits viennent et passent lentement vivent plus long-temps que les antres. Les arbres domestiques vivent moins aussi que les sauvages ; et ceux dont les fruits sont aigres et âpres durent davantage que ceux qui en portent de doux.

La culture, les irrigations et les engrais fréquents font pousser et fructifier davantage lés arbres ; mais ces moyens abrègent leur vie. Une chose remarquable , c’est qu’en coupant souvent les branches, on prolonge considérablement

la vie des végétaux , et en remuant la terre autour des racines de vieux arbres auxquels on n’a pas touché depuis longtemps , ou leur procure une sorte de rajeunissement, un feuillage plus abondant et plus vert. Enfin, il résulte des expériences faites sur les végétaux , que , pour vivre long-temps , il faut: 1“ que leur accroissement soit lent ; 2° qu’ils ne se propagent que lentement et tard ; 3° qu’ils aieut un certain degré de solidité, mais non excessif, assez de bois, et que leurs sucs aient de la consistance; 4° qu’ils ne soient pas trop grands , mais qu’ils aient néanmoins une certaine étendue ; 5° qu’ils soient en plein air ; 6° qu’on ne remue pas souvent la terre qui est autour d’eux , que les irrigations ne soient pas trop fréquentes , non plus que les engrais. Toutes les conditions contraires sont défavorables aux végétaux, et abrègent leur vie, en consumant rapidement le principe vital qui les anime.

Passons maintenant au règne animal , qui renferme une infinité d’espèces. Depuis l’insecte éphémère qui vit tout au plus l’espace d’un jour, et qui, dans la vingtième heure de son âge, se trouve comme un centenaire , au milieu d’une nombreuse postérité , jusqu’à l’éléphant qui vit deux cents ans, quelle multitude innombrable d’animaux de formes , de grandeur , d’organisation et de durées différentes ! Je n’essaierai pas d’embrasser un sujet si vaste , qui m’éloignerait de celui quo je me propose de traiter; je rassemblerai seulement quelques particularités qui pourront servir à expliquer d’où dépend la durée de la vie. — La classe la plus imparfaite des animaux, et qui est voisine de la famille des végétaux , est celle des vers. Comme ils sont d’une constitution très-faible, il est très-facile de les détruire ; mais, de même que les plantes , ils ont une faculté reproductive extraordinaire , et qui est telle qu’ils continuent de vivre et de reproduire les parties qui leur manquent ; ce qui fait qu’il est très-difficile de dire quelque chose de certain sur la durée de leur vie. Il est dans cette même classe des espèces qui semblent indestructibles : tels sont entre autres les vers filiformes et les vibrions. Fontana fit sécher au soleil le plus ardent, et ensuite au four , plusieurs de ces animaux, et il parvint à les ranimer six mois après , en les mettant dans l’eau tiède.

Les insectes , dont l’organisation est

moins imparfaite , et qui occupent un rang plus élevé clans l’échelle animale, ne jouissent pas d'une faculté reproductive aussi grande ; mais leur existence se prolonge d’une manière prodigieuse par les métamorphoses diverses qu’ils subissent. L’insecte vit plusieurs années sous la forme de larve , de ver , puis passe à l’état de chrysalide'; il existe encore quelque temps dans cet état de mort apparente , duquel il ne sort que sous la forme de papillon. C’est alors seulement qu’il peut propager son espèce; mais ce temps est court, et il meurt bientôt après. — Les amphibies parviennent à un âge très-avancé. Ils ne sont sans doute redevables de leur longévité , ainsi que tous les autres animaux qui en jouissent, qu’à l’intime union du principe vital à la substance médullaire nerveuse. Il est des exemples presque incroyables de la ténacité de la vie dans ces animaux. On a vu des tortues vivre pendant quelque temps sans tête, et des grenouilles sauter après leur avoir arraché le cœur. D’après l'observation , la tortue et le crocodile sont de tous les amphibies ceux qui vivent le plus longtemps. La tortue, paresseuse et flegmatique, croit si lentement que , dans ses vingt premières années , on remarque à peine en elle une différence de quelques pouces ; elle vit au-delà de cent ans. Le crocodile vit aussi un grand nombre d’années, et croît jusqu’à la mort. — Il est des poissons qui parviennent à une grande vieillesse. La lamproie vit soixante ans ; le brochet et la carpe cent cin- : quante. Le saumon croît vite et vit peu; la perche, dont la crue est lente, a une vie beaucoup plus longue. Remarquons en passant que la mort naturelle est plus rare parmi les poissons que dans les autres classes d’animaux, parce qu’ils se | dévorent entre eux , et que le plus faible ’ devient la proie du plus fort. Cette destruction continuelle au moyen de laquelle la vie se soutient dans l’empire I des eaux était absolument nécessaire pour prévenir la putréfaction et les exhalaisons nuisibles qui en sont l’effet inévitable.

Il est aussi des espèces d’oiseaux qui ; ^iven^ lrês-long- temps. Le grand aigle, lossi frague, qui e.sl grand et fort, et dont les libres sont très-dures , parviennent à un âge très-avancé ; on en a vu , dans des ménageries , qui ont outrepassé cenl ans. On rapporte la même eliose de 1 épervier , du faucon , du corbeau cl

du cygne. ,Le perroquet vit , dans l’état de domesticité, au-delà de soixante ans, et le paon vingt. Le coq, le plus lascif des oiseaux , ne vit pas autant. Les petites espèces vivent encore moins , ex cepté cependant le merle elle chardonneret, qui peuvent atteindre la vingtième année. — Parmi les quadrupèdes à mamelles, l’éléphant est celui qui pousse le plus loin sa carrière; il croît jusqu’à l’âge de trente ans , et vit l’espace de deux siècles. On ne peut déterminer la durée de la vie du lion ; il est néanmoins présumable qu’elle est longue, car on en a trouvé qui n’avaient plus de dents.

L’ours ne vit pas beaucoup. Il n’en est pas de même du chameau , qui va à cinquante et même à cent ans. Le cheval et l’âne ne passent guère trente ans; mais le mulet vit plus long-temps. Ce que l’on a dit du grand âge des cerfs n’est qu’une fable : ils ne vont guère au-delà de trente-cinq à quarante ans.

Le taureau , malgré sa grandeur et sa force , n’atteint que la quinzième ou la vingtième année au plus. La plupart des quadrupèdes plus pelits , tels que la brebis , la chèvre , le reuard , le lièvre , ne vivent que huit à dix ans, excepté le chien et le cochon , qui vont à quinze et même à vingt ans.

Les observations nous conduisent aux résultats suivants : — 1° La durée de la vie est en raison directe de la longueur du temps que l’animal reste dans le sein de sa mère ou dans l’œuf : l’éléphant , dont la femelle porte près de trois ans, est l'animal quivitle plus long-temps; le cerf, le taureau, le chien, elc., qui ne restent que quelques mois dans le ventre de leurs mères, vivent moins. — 2° La durée de la vie est en raison de la lenteur de l’accroissement , et en raison inverse de la promptitude avec laquelle l’animal se propage. Le cheval, l’âne, le taureau sont pubères et peuvent se reproduire à trois ou quatre ans; les deux prenrers ne parviennent qu’à la vingt-cinquième ou à la trentième année , et l’autre à la quinzième ou à la vingtième. La brebis peut être mère à deux ans, et ne vit au plus que deux lustres. — 3° Toutes les bêtes à cornes vivent en général moins long-temps que celles qui n’en ont pas. — 4° Les animaux qui ont la chair noire vivent davantage que ceux qui l'ont blanche. — Ceux qui sont paisibles et timides n’ont pas une vie aussi longue que les animaux courageux et irascibles.

()” Les animaux qui sont très-couverts,

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lois que les oiseaux, vivent le plus longtemps. Il en est de même de l’éléphant, du rhinocéros et du crocodile , qui ont la peau très-dure, et des poissons à écailles. — 7° L’espèce de mouvement que prennent les animaux paraît avoir aussi quelque influence sur leur vie : la course ne semble pas lui être favorable ; mais la natation et le vol sont au contraire très-avantageux à sa durée. — S° La ténacité de la vie est en raison de la simplicité de l’organisation : les zoophytes , qui sont tout estomac , sont en quelque sorte indestructibles. — 9« Les animaux à sang froid ont plus de ténacité vitale que ceux qui ont le sang chaud. En général , les animaux aquatiques vivent plus que ceux qui respirent. p — 10° Les animaux dans lesquels existe la faculté de reproduire de nouveaux organes vivent plus que les antres : les aoophytes , les vers, les amphibies , en •un mot tous les animaux à sang froid et sans cartilages, en fournissent une multitude prodigieuse d’exemples. Le changement d’écailles dans les poissons , de peau dans les serpents, les grenouilles , les crocodiles, etc., de plumes et de bec dans les oiseaux, leur procurent le même aVantagc. Plus ce renouvellement est parfait , plus la vie est longue à proportion.

Les deux premiers résultats énoncés plus haut souffrent peu d’exceptions , et ■.sont en général applicables à toutes les espèces d’animaux, même à l’homme.

Celui-ci reste neuf mois dans le sein de sa mère , et son accroissement dure -vingt-un à vingt-trois ans : aussi ne vitil que la moitié de la vie de l'éléphant , qui reste trois ans dans les flancs maternels , et qui croît durant trente années après en être sorti. — Le terme ordinaire de la vie humaine est à quatrevingt-dix ou cent ans. Cependant, nous avons des exemples récents qui font penser qu’il est dans l’homme une source de vie plus longue que la vie ordinaire.

On a vu dans ce siècle des vieillards de cent vingt, cent cinquante, et même de cent quatre-vingt-cinq ans ; et si cela arrive rarement, H faut bien moins en accuser la décrépitude de la nature que nos mœurs dépravées. — L’homme peut parvenir à un Age très-avancé dans tous les climats , sous la zone torride comme dans les régions glaciales. La seule di férence est qu’il y a lin plus grand nombre de vieillards dans cert?'ns Paî®. fl".0 dans d’autres, et que le terme pe *a V1C

y est plus ou moins reculé. Dans ceux même où la mortalité est en général plus considérable, on rencontre des individus qui vivent plus que dans d’autres oii elle est moindre. Elle n'est pas grande , par exemple , dans les climats les plus chauds de l’Orient; de là vient que la population y est excessive :

néanmoins on y trouve, toutes choses égales d’ailleurs, moins d’hommes trèsavancés en Age que dans les contrées situées plus au nord , où la mortalité est prodigieuse.

C’est dans les lieux élevés que l’on rencontre le plus grand nombre de vieillards. Cependant il ne faudrait pas admettre en principe que , plus un lieu est élevé , plus il favorise la longévité; car l’observation y est manifestement contradictoire : les montagnes de la Suisse fournissent un bien moindre nombre d’hommes ax'ancés en Age que celles d’Ecosse. — E’espèce humaine vit plus long-temps dans les pays froids que dans les pays chauds ; mais il est un terme moyen pour le froid comme pour la chaleur : les habitants du Groenland, de la Nouvelle-Zemble , etc. , ne vivent pas beaucoup. Ce qui contribue le plus à la longévité, c’est l'égalité et la douceur de la température : les pays sujets aux variations grandes et subites de l'atmosphère ne sont pas favorables à la durée de la vie ; les hommes n’y parviennent pas à une extrême vieillesse. — L’excès de sécheresse et d’humidité nuit à la vie. L’air le plus favorable est celui qui tient en dissolution une légère quantité d’eau : les îles et les presqu’îles ont été dans tous les temps le séjour de la vieillesse. — Les observations prouvent que la Norxvège, le Danemarck, la Suède, l’Angleterre, la France et la Suisse, sont les pays de l’Europe où l’homme vieillit le plus , parce qu’ils réunissent toutes les qualités énoncées plus haut. Au contraire, l’Abyssinie, Surinam et quelques contrées de L’Amérique, sont ceux où la vie humaine est la plus courte. — Observons que la plupart des hommes qui sont parvenus à un très-grand âge avaient été mariés, et qu’on ne cite qu’un trèspelit nombre de célibataires qui aient vécu long-temps. Observons encore que, quoiqu’il y ait plus de femmes que d’hommes qui vieillissent, il n’y a cependant que ces derniers qui atteignent l'Age le plus avancé, et que le séjour des campagnes ou des petites villes est plus favorable à la longévité que celui des

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grandes villes, qui lui est au contraire très-préjudiciable.

, Enfin , l'homme vit plus ou moins long-temps sous toutes les latitudes , selon qu’il est plus ou moins fidèle et soumis aux lois de la nature. On a vu les habitants d'un même pays vivre plus d’un siècle, tant qu’ils menaient la vie frugale et sobre des bergers et des agricoles, et les générations suivantes terminer plus vite leur carrière dès qu’elles furentplus avancées dans la civilisation, et quelles commencèrent à se livrer à l’oisiveté , au luxe et à la débauche. — Je terminerai ce chapitre par un court exposé d’arithmétique politique, établie d’après les observations les plus récentes et les plus fidèles. — Si l’on suppose, ce qui est très-probable , que la terre soit peuplée d’environ mille millions d’hommes , et si on établit qu’il faille trente-trois ans pour une génération , il en meurt dans cet espace de temps un même nombre , et par conséquent celui des morts est :

Chaque année, de. . . 30,000,000;

Chaque jour , de. . . 82,000;

Chaque heure, de. . . 3,400;

Chaque minute , de. . G0;

Chaque seconde, de. . 1 .

D’une autre part , vu que le nombre des morts est à celui des naissances comme 10 est à 12, il naît :

Chaque année 36,000,000;

Chaque jour 98,000;

Chaque heure 4,080 ;

Chaque minute. ... 72 ;

Chaque seconde. ... li|.

De tous les habitants d’un pays , un

I quart demeure ordinairement dans les villes , et les trois autres quarts dans les campagnes. Dans celles-ci il en meurt l sur 40 ; dans les petites villes, 1 sur 32; dans les villes moyennes, 1- sur 28 ; dans J les plus grandes villes, l sur 24 à 28; I dans tout un pays, 1 sur 3G : de sorte que de 1000 personnes en vie, il en meurt par an 28. — La quantité d’habitants d’un pays ou d’une ville est renouvelée à-peu près tous les trente ans ; par conséquent, dans un siècle, le genre humain se renouvelle trois fois, plus un tiers. De 100,000 esclaves , il en mourait ci-devant, dans la Martinique , 20,000 par an. 1

De 1000 enfants nouveau-nés, il en reste au bout d’un an 740 • dp 9 on

de 3 , 600; de 4, 590; de 6, 584 idée;

674 ; de 7, 564 ; de 8 , 554 ; de 0 , 540 ;

de 10, 540 ; de 15, 518 ; de 20, 496 ; de 25, 471 ; de 30, 446; de 35, 420; de 40, 385 ; de 45 , 350 ; de 50 , 31 3 ; de 55 , 271; de 60, 226; de 65, 180; de70, 130; de 75, 85; de 80, 49; de 85, 24 ; de 90,

1 1 ; de 95 , 3 ; de 97 , 1 . — Parmi 100 enfants morts dans l’espace d’un an , il y en a, en général , trois venus morts au monde. Cette proportion varie néanmoins dans les différents lieux : à Dresde, parmi 16 enfants nés dans l’année, il en vient un mort au monde ; à Berlin , c’en est i sur 30 , et en Suède, 1 sur 50. — De 200 enfants qui naissent , il n’en périt pas tout-à-fait un dans le travail de l’accouchement. Sur 100 qui naissent, on ne peut pas en compter un qui meure durant les couches de la mère. — De 1000 enfants allaités par le sein maternel , il en meurt 300 au plus; mais de 1000 confiés à des nourrices, ilen meurt 500. — De 115 femmes qui sont accouchées , on en compte une morte en couche, et parmi 400, une seule morte dans l’enfantement. — La petite-vérole emporte ordinairement huit personnes de dix qui en sont attaquées , et plus de filles que de garçons.

D’après un calcul fait en Angleterre , il s’est trouvé , parmi un million d’hommes morts , 7 de l’àge de 100 ans ; 5 de 101 à 102; 4 de 103; 2 de 104; 4 de 105; 2 de 106; 1 de 107; 7 de 108; 3 de 109; 4 de 1 10; 3 de 111 ; 3 de 1 12; 3 de 116; 2 de IIS. D’après cela, il ne se trouve qu’un homme ,de 100 ans parmi 3125 morts. — Il est constaté par l’observation que, de 100 personnes qui vivent dans de grandes villes , il n’y a, dans le courant de l’année, que 12 malades d’un mois , ou 24 de 15 jours. — L’àge de 7 ans est celui où l’on peut espérer de vivre le plus grand nombre d'années. A celui de 12 ou 13 ans , on a fait le quart de sa vie ; à celui de 28 ou 29 , on en est à la moitié ; et à celui de 50, on en a fait les trois quarts, fl est dans l’àge viril une époque, celle de 40 ans, où l’on est plus assuré de vivre, et où l’on peut, plus qu’auparavant , espérer de passer un certain terme. Il en est aussi où les probabilités de la vie restent les mêmes pendant quelques années. Buifon observe qu'à 80 ans ou peut espérer trois ans de vie ; qu’à 90 ans on a encore la probabilité de vivre trois ans ; et au-

delà de cet Age, toujours trois ans.

En prenant la totalité des morts dans un pays, on trouve que le nombre des mâles morts dans 1 année est a celui des fem-

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mes comme 27 est à 25. — D’après des observations laites durant l’espace de 50 ans, on a trouvé que la plus grande mortalité a constamment eu lieu vers la fin d’avril et le commencement de mai , et ensuite aux mois de septembre et d’octobre; et la plus petite, aux mois de décembre et janvier. — Le mois , et surtout le premier jour de la naissance , sont marqués par le plus grand nombre de morts : de 2735 enfants qui ont péri en bas âge , 1292 ont perdu la vie dès le premier jour, et 164 dans le premier mois.

Le nombre des morts est à celui des naissances comme 10 est à 12 ou à 13 , de sorte qu’il naît, dans un lieu quelconque, deux ou trois dixièmes d’hommes de plus qu’il n’en meurt. — La totalité des vivants étant divisée en deux parts , la moitié en est de l’âge de 27 ans ou au-dessus; et l’autre moitié, un peu plus forte , est au-dessous de cet âge. — Les femmes mariées sont à tout le sexe d’un pays comme 1 est à 3 , et les hommes mariés sont à tous les garçons comme 3 à 5. — Les garçons audessus de 13 ans sont aux habitants d’un pays comme 4 à 33 ; et les filles audessus de 13 ans sont aux mêmes habitants comme 3 à 25. — Les filles, ainsi que les garçons au-dessus de 13 ans, sont à tous les habitants d’un pays comme 1 à 8. — Le plus grand nombre des naissances a lieu dans les mois de décembre et de janvier. — Le nombre des garçons qui naissent est à celui des filles comme 21 à 20, ou 104 à 100, mais comme, dans l’enfance, il meurt deux vingt-cinquièmes de garçons de plus que de filles, le nombre des hommes et celui des femmes sont à peu près égaux vers l’âge nubile. — Le nombre des jumeaux est à celui des enfants qui naissent comme 1 est à 65 ou 70 ; de sorte que parmi 65 ou 70 naissances, il ne se rencontre qu’une fois des enfants jumeaux. — Le nombre des enfants est à celui des familles de tout un pays , comme 10 est à 66 ; de manière qu’il y a 66 familles pour 10 enfants nés dans l’année. — Le nombre des vivants est ordinairement à celui des enfants nés dans l'année comme 26 ou 27 ou 28 sont à 1 . — Le nombre des mariages est à celui des habitants d’un pays comme 175 est à 100. Actuellement le nombre des mariages doit cire considérablement diminué par rapport à la guerre , et pus funestes effets du luxe et du libertinage.

— Dans tout un pays, chaque mariage, l’un portant l’autre, ne peut donner que 4 entants ; dans les villes , il n’y a que 35 enfants pour 10 mariages. — Les hommes en état de porter les armes font le quart des habitants de tout un pays.

— Le nombre des veuves est ordinairement à celui des veufs comme 3 est à 1 ; celui des veuves qui convolent en d’autres noces est à celui des veufs qui se remarient comme 4 est à 5. — Le nombre des veufs , dans un pays , est à celui de tous les habitants comme 1 à 51 ; celui des veuves est à ces mêmes habitants comme 1 esta 15. — Les veufs et les veuves sont aux gens mariés d’un pays comme 3 à 7. Le nombre des veufs est à celui des mariages comme 1 à 10, et celui des veuves comme 3 à 7.

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