ÉTÉ
L’été commence au solstice du 21 juin et finit à l’équinoxe d’automne (le 22 septembre). La chaleur de cette saison se fait principalement sentir lorsque les.
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jours commencent à diminuer (du 7 juillet au 7 août), c’est-à-dire à l'époque où la terre a été échauffée par une série de longues journées de chaleur. Dans le climat de Paris, la température ne s’élève jamais au delà de 29 degrés , ce qui est à peine les trois quarts de celle qu’on observe journellement en Afrique , et principalement au Sénégal. L’été des zones polaires est aussi chaud que le nôtre, puisqu’on a observé jusqu’à 3t degrés à Astracan pendant cette saison.
Cette élévation de température s’explique parla longueur que les jours acquièrent dans ces régions à l’époque où le soleil s’élève vers les tropiques. — L’été est sans contredit la saison où l’homme jouit de la plus grande force expansive, et développe le plus d’activité; c’est aussi l’époque où les végétaux se trouvent dans la plénitude de leur organisation , dans toute leur maturité ; on doit également regarder cette saison comme la plus saine, absolument parlant , et celle où l'on observe le moins de maladies. Il faut en partie attribuer ces avantages au petit nombre de besoins que nous éprouvons, et à la facilité que nous trouvons à satisfaire ceux qui sont inséparables de notre existence. La chaleur de l’été détermine une grande action à la périphérie du corps , et diminue d’autant l’énergie des organes intérieurs. C’est pour celte raison que la transpiration est très-considérable, tandis que les urines et le produit de plusieurs autres excrétions se trouvent en très-petite quantité. La faculté digestive et les fonctions nutritives ont moins d’énergie qu’en hiver : aussi recherche-t-on avec avidité les aliments végétaux et les boissons aqueuses et acidulées, qui exigent peu d’action de la part des organes digestifs. Les contractions du cœur sont fréqueules, mais faibles ; les mouvements inspiratoires sont précipités, et il y a, dans un temps donné , une plus grande quantité d’oxygène absorbé qu’en hiver, comme l’ont prouvé les expériences de M. de la Roche, mentionnées plus haut. La chaleur paraît être un puissant stimulant de l’appareil biliaire , qui , en été , sécrète beaucoup plus de bile qu’en toute autre saison. La sensibilité et la mobilité se trouvent prodigieusement excitées pendant la saison qui nous occupe : aussi est-ce le temps où l’imagination s’exalte le plus facilement , prépare l’explosion des plus violentes passions et fait fermenter les esprits.
On conçoit très-bien que la chaleur d’été, en augmentant l’action vitale, excite une abondante transpiration , et doit être difficilement supportée par les hommes gras , sanguins , lymphatiques et pléthoriques. Elle convient au contraire beaucoup aux individus secs, nerveux, mélancoliques; à tous les hommes faibles, infirmes , avancés en âge. — Plusieurs maladies sont propres à l’été : telles sont les fièvres et les inflammations gastriques , la dysenterie , la fièvre inflammatoire , les inflammations de l’encéphale, les vomissements spasmodiques , le choléra-morbus , le tétanos , etc. C’est la saison où les maladies épidémiques et contagieuses se propagent avec le plus de promptitude et se communiquent avec le plus de facilité. Dans les régions équatoriales, la chaleur brûlante de l’été a un effet beaucoup plus accablant et des suites plus fâcheuses que dans nos climats: on est infesté d’une multitude d’insectes venimeux dont la présence fort incommode n’est pas toujours sans danger. Dans nos climats, les piqûres des cousins , de la guêpe , du frelon , de la puce et de la punaise sont celles qui nous incommodent davantage. — Ces insectes pullulent principalement dans la canicule , dont il convient de dire un mot en passant. Cette partie de l’été, que les anciens avaient ainsi nommée à cause de l’éclat que répand alors la constellation du grand chien (sirius), qui se lève avec le soleil , est comprise entre le 24 juillet et le 23 août, l’une des époques les plus chaudes de l’année. Les médecins de l’antiquité , et Hippocrate luimême, recommandaient de prendre, durant la canicule, une multitude de précautions qui sont tombées en désuétude : on défendait surtout de se purger, fondé sur cet aphorisme du père de la médecine : suif cane et ante canem difficiles sunt purgationes ( scct . iv , § 5. J II est possible toutefois que celte partie de l’été exerçât dans la Grèce et dans l’Orient une influence qui ne lui est point départie dans nos climats.
Malgré les inconvénients que peut présenter l’été et les influences fâcheuses qui dérivent de l’excès de la chaleur , aucune saison n’offre plus d’avantage pour le maintien de la santé et la guérison des maladies , et dans aucune autre la nature ne montre autant de puissance pour nous délivrer des maux qui résistent à l’action curative des remèdes. Il s’établit sur toute la périphérie du corps
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une action vive , qui est une dérivation puissante et une sorte de voie de décharge pour les organes intérieurs affectés d’irritations et de congestions chroniques et autres dérangements. C’est cette action du système cutané dont il résulte une abondante diaphorèse , qui masque ou anéantit les symptômes delà maladie vénérienne dans les climats chauds favorisés d’un été perpétuel : combien d’autres maladies ne sont pas assoupies ou détruites à la longue par une active et abondante transpiration! Sanctori us attachait donc avec raison une grande importance à cette fonction, qu’il regardait, d’ailleurs, comme l’une des bases d’une santé florissante, et une sorte de pivot autour duquel semblent tourner tous les agents prophylactiques. — En été ou doit, plusencore qu’au printemps, éviter l’usage des aliments excitants et des boissons alkooliques , qui peuvent irriter les voies digestives , et disposer aux entérites, au choléra-morbus, à la dysenterie, etc. Aussi remarque-t-on qu’une sorte d’instinct nous pousse h faire usage des végétaux féculents , des fruiis, des boissons aqueuses, acides, moins réfractaires aux forces digestives que les substances animales, les boissons fermentées et alkooliques.