TERRAINS BAS ET IIUMIDES
Ils sont ordinairement dominés par des coteaux, des montagnes, des bois, etc. , traversés , en divers sens, par des rivières, des ruisseaux, coupés de marais , de lacs , etc. Souvent ils forment des gorges plus ou moins serrées , od l’air ne circule pas librement; l’eau réduite en vapeurs ne trouve pas non plus un facile écoulement. L’humidité favorise une végétation rapide dans des eaux stagnantes; les plantes y meurent et s’y décomposent , et cette décomposition donne naissance à des émanations plus ou moins insalubres. Il faut ajouter à cela que la composition du terrain augmente encore l’insalubrité , lorsqu’il est tout-à-fait impropre à absorber l’humidité. Hippocràte avait déjà signalé cette constitution du sol dans les environs du Phase, aujourd’hui la Mingrélie. Elle sè fait pareillement remarquer dans la Hollande, la Belgique ; dans les lreux qu’arrosent la Meuse, l’Escaut , le Rhin, etc. On observe la même disposition dans les lagunes de Venise , au milieu des savanes qui avoisinent l’Orénoque et le fleuve des Amazones, dans la Basse- I-S-ypte. En France, les territoires des départements de l’Ain , de la Vendée , de la Charente-Inférieure, présentent de pareilles localités. ( Voyez les statistiques des départements de la France. ) — Les plantes alimentaires qui végètent dans ces localités croissent rapidement , présentent un tissu aqueux et fade , un mucilage abondant, ne contiennent presqu’aucun priucipe toniquQ , amer , ni
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aromatique. La chair (les animaux y est pareillement molle , tendre et peu sapide.
Les habitants des pays bas et humides sont généralement pâles, lymphatiques, celluleux , abreuvés de sucs séreux ; leurs chairs sont flasques et comme infiltrées; leurs tissus, relâchés par une humidité permanente, ne se contractent que faiblement; les appareils d’organes n’exécutent qu’avec lenteur les fonctions qui leur sont confiées , d’où le peu d’énergie de toutes les actions vitales prises en masse. Celle faiblesse organique se trouve encore accrue par l’usage que les habitants de ces contrées font de végétaux alimentaires pourvus des mêmes qualités, et des eaux bourbeuses qu’ils sont contraints de boire. Ils sont en général tardifs , taciturnes , peu spirituels et médiocrement intelligents ; mais aussi spéculateurs patients , constants , et calculateurs. — Des conditions hygiéniques telles que celles dont il vient d’être question paraissent très -propres à engendrer des diathèses séreuses , des maladies scrofuleuses , des goitres , des hydropisies , des engorgements lymphatiques de tous les viscères , des fièvres intermittentes, des affections catarrhales, etc. Lorsque l’humidité est très-prédominante , on voit naître souvent le scorbut. Les maladies aiguës marchent lentement, les crises sont peu sensibles , etc. Les femmes ont habituellement des fleurs blanches, sont sujettes aux avortements , et vieillissent de bonne heure ; la vie est en général courte dans les localités que nous examinons. — Sous les latitudes chaudes , la chaleur , jointe à l’humidité du sol , peut donner lieu à des maladies très-graves , comme les fièvres adynamiques, le typhus , la fièvre jaune , elc.
Si le froid se trouve réuni à l’humidité dans une contrée basse et humide , il en peut résulter des affections d’une nature différente, comme les catarrhes, les inflammations viscérales endémiques, les engorgements lents des glandes et du système lymphatique , le scorbut. — L’influence de ce concours fâcheux se fait sentir d’une manière frappante surles facultés intellectuelles , comme on peut le voir dans plusieurs parties du Valais , du Tyrol , où l'on rencontre beaucoup de crétins , de goitreux , d’imbécillcs , qui, suivant l’expression de M. Virey, sont abattus dans une stupide indolence, et incapables de sentir, d’agir, et uç
vivant que pour manger et engendrer (l). — Les lieux bas et humides, lorsqu’ils sont tempérés et qu’ils n’offrent pas de causes graves d’insalubrité, peuvent offrir un refuge utile aux individus irritables, affectés de maladies inflammatoires, disposés à la phthisie pulmonaire , elc.
L’humidité répandue dans l’atmosphère relâche leurs tissus trop secs , trop tendus , et calme l’éréthisme qui les tourmente. Un lieu bas et humide , dit M.
Barbier, sera un séjour vraiment médicinal dans la phlhisie commençante , dans beaucoup d’affections nerveuses , dans quelques lésions organiques , etc. Lorsque l’individu aura une constitution très-irritable , une sensibilité exagérée , qu’il y aura maigreur, fièvre lente, pâleur à la peau , etc. ; alors l’air de ces pays devient un auxiliaire utile pour le traitement. Lorentz, cité parle même auteur, a observé que, dans la partie élevée de Bastia , où l’air est sec , vif et pénétrant, les personnes maigres, sèches, dont la poitrine est faible , irritable , sont soulagées aussitôt que de la ville haute elles descendent dans la ville basse, qui est humide.