‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 2)Chapitre 24 sur 58 · TERRAINS SECS ET ELEVES · texte numérisé non relu

TERRAINS SECS ET ELEVES

Ce sont les coteaux , les montagnes desséchées par un soleil plus ou moins ardent, les plateaux élevés , en un mot, tous les lieux qui se trouvent à une certaine élévation au-dessus de la mer. Ces localités sont ou très-froides ou trèschaudes ; l’air y circule librement ; le vent en balaie continuellement la surface ; les eaux s’en écoulent de toutes parts , et le terrain, sec et rocailleux, n’est d’ordinaire que peu propre à la culture, et tout-k-fait inculte à une certaine élévation. Un sol aride, et dont on ne retire quelques faibles productions qu'à force de travail et une culture pénible, a nécessairement, avec d'autres causes, une influence notable sur la constitution des habitants et sur leur moral; et celte influence nous parait tout-à-fail à l’avantage de l’espèce humaine. Au nombre des pays élevés, nous plaçons les sommités de l’Auvergne, de la Franche- Comté, les Cévenncs, dont les habitants sc font remarquer par leur valeur et leur opiniâtreté; plusieurs contrées de l’Ls-

(1) Art. Climat (JuDiçlionn. desScieuc.

médiç.

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pagne, qui firent une si longue résistance aux Romains et aux Maures; les Apennins, habités jadis par les Samnites , les Marses , etc. , si long-temps funestes à la république romaine ; les Abruzzes , les Calabres , aujourd’hui si dégénérées ; l’Albanie , connue par sa résistance contre les Turcs ; le pays indomptable des Andes; la Suisse, que ne put asservir la puissance autrichienne; les contrées du Caucase et de lTmmaüs, commandées sous les Romains par le fameux Milhridate ; enfin, le plateau de la Tartarie , d’où sont sortis les conquérants de l’Asie. — Les habitants de ces localités sont d’une constitution sèche, vigoureuse ; l’extérieur de leur corps offre des saillies prononcées , et des poils nombreux et épais; les muscles sont puissants et largement prononcés ; la circulation est active , le pouls vite et fréquent , ainsi que les mouvements du thorax; les fonctions digestives jouissent d’une grande activité, ce qui entraîne une constipation habituelle. Les sécrétions, ordinairement peu considérables, se trouvent en raison inverse de la transpiration, qui est fort abondante.

Les hommes dont nous parlons sont souples, agiles, vifs, excitables, spirituels, d’un caractère inquiet, impatient , irascible; dominés par le besoin des voyages, de la guerre, de la chasse , ils nnt en même temps de l’audace , de la ténacité, s’irritent contre les entraves et les obstacles, par l’influence même de l’air vif qu’ils respirent , du froid sec et du vent desséchant qui les stimulent.

Les montagnards , qu’il faut placer en tète des peuples dont il s’agit , se font remarquer par une petite taille, une tête volumineuse, des extrémités grêles, particularités qu’LIippocrate avait déjà signalées chez les Scythes. — La plupart de ces contrées sont si arides et si stériles , que les naturels se trouvent obligés de tourmenter le sol de mille manières pour en retirer leur subsistance, ou bien de s'émigrer dans un pays plus fertile ; dans l’un et l’autre état ils s’habituent , dès la jeunesse , à mener une vie laborieuse qui favorise le développement des forces. La puberté est rarement hâtive chez une jeunesse si occupée; les mœurs sont simples, les femmes fécondes, la vie, en général , longue et exemple de Leaucoup d’infirmités; la vieillesse se fait remarquer par la vigueur et la marche régulière des fonctions. — On rencontre , chez les habitants des lieux éle-

vés, des ulcères adx jambes, des hémorrhagies, et principalement l'hémoptysie, des inflammations de poitrine. La phthisie, l’asthme, plusieurs aflèctions des organes circulatoires , sont encore assez communs dans les pays dont il s’agit. — Les pays secs et élevés sont, absolument parlant, les plus salubres ; une foule de constitutions molles , lâches , faibles , y trouvent un préservatif assuré contre un grand nombre de maladies, et un moyen efficace de guérison pour les maladies chroniques qui les affligent, comme les scrofules et autres engorgements du système lymphatique, les fleurs blanches, le scorbut, les fièvres intermittentes, etc. L’air sec et pur agit ici à la manière des toniques, des stimulants; les fonctions digestives prennent de suite une nouvelle activité chez un convalescent qui passe d’un lieu bas et humide à une localité élevée, et bientôt il semble recevoir une nouvelle vie. Pour se faire , en un mot , l’idée du changement qui s’opère à cet égard, il suffit d’établir la différence qu’il y a entre l’habitant hâlé et vigoureux d’un pays de montagnes, et l’habitant pâle, bouffi et celluleux d’un sol bas et humide.

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