‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 2)Chapitre 47 sur 58 · DES FASSIONS · texte numérisé non relu

DES FASSIONS

L’illustre Pope a dit avec raison (Essai sur l'homme) , que les passions étaient les modifications de l’amour-propre. Lu effet, la conservation de l'homme est le

centre vers lequel convergent toutes ses affections et toutes ses actions : il tend fortement vers le plaisir, qui maintient ou augmente. la quantité de vie dont il jouit, et il fuit tout ce qui peut lui nuire. 1 Le plaisir et la douleur sont donc les élé- t ments générateurs de toutes les passions, qui, en dernière analyse, peuvent se réduire à deux, l’amour et la haine. — Le plaisir n’est que momentané; on le juge par son intensité ; sa durée établit le bonheur. — Le premier degré du plaisir est la gaîté. Si celte sensation est plus vive, c’est la joie; si elle est portée à son maximum, c’est la volupté: l’intervalle qui sépare celle-ci de la douleur est presque insensible; ces deux sensations se touchent en quelque sorte. — Plus le plaisir qu’on a éprouvé est grand , plus l’âme appréhende d’en être privée : telle est l’origine de la crainte, qui s’accompagne ordinairement de l’espérance, parce que ces deux affections ont une source commune, la probabilité du bien et du mal. La crainte est remplacée par la tristesse quand l’espérance est détruite ; mais si l’homme ne voit dans l’avenir qu’une série de malheurs sans terme, sa tristesse alors se change en désespoir, et son existence lui devient odieuse. — C’est l’amour de soi qui fait parcourir avidement à l’homme les objets qui peuvent ajouter à sa félicité : de là la curiosité. Naturellement inconstant, il veut varier ses sensations agréables ; et sa curiosité une fois satisfaite par un nouveau plaisir, il éprouve pour celui-ci le sentiment d'admiration, qui, chez l’homme de talents , se convertit eu enthousiasme : ce sentiment est l’admiration des grandes âmes. 11 n’en est pas de même des âtnes faibles ; elles envient dans les autres lesbiens qu’elles ne possèdent pas. Cette passion, l’envie, est le plus grand fléau dans l'ordre social. Je ne suivrai pas plus loin les développements de l’amour de soi ; il me suffit d avoir esquissé la manière dont se forment les passions.

Nous avons vu quelle était l’influence physique des sensations sur l’économie animale, selon qu’elles sont agréables ou pénibles: elle est la même pour les passions. Lorsque l’âme jouit, elle opère une expansion, une intumescence des fibres; elle dilate l’épigastre ; elle porte les forces et les humeurs à la circonférence.

Lorsqu’elle souffre, elle condense 1 organe extérieur ; elle resserre 1 épigastre et y concentre l'action. Los passions :

11VGIKNE.

font donc éprouver les mêmes effets qu’une chaleur douce et un froid âpre et vif : aussi la transpiration est-elle diminuée dans la haine et la tristesse, et augmentée dans le plaisir. On observe aussi que la diminution de cette excrétion, occasionnée par l'action des causes physiques, comme par les aliments , le froid humide, rend triste et mélancolique , au lieu que les causes qui favorisent celte fonction disposent à la gaîté, à la joie, aux voluptés. On remarque encore que la concentration habituelle des forces dans l’épigastre, produite par les impressions douloureuses ou d'autres causes soutenues, rend le caractère sombre et haineux, au lieu que la liberté des fonctions et l’expansion des forces disposent aux sentiments agréables , et donnent celte gaîté de tempérament propre à certains individus, qui ne respirent que la volupté, et dont les mains ne s'occupent qu’à cueillir des fleurs. Florida Antoniorum , faciès , disait César, neminem lerret; flores interlexunt , et siens nunquam acuunt : vu/tus illos macilentot et adustos reformido. — C’est à tort que quelques froids moralistes ont blâmé les passions, et ont voulu faire de l’homme un être impassible, un automate, pour le conduire à la perfection. 11 est aussi impossible à l’homme de vivre sans passions que d’exister sans sentiment; elles sont nécessaires à la vie ; le cœur de l’homme, dit Juvénal , a le vide en horreur. Ii n’y a que l’abus des passions qui soit condamnable. Les fonctions du corps ne peuvent s’exercer d’une manière convenable qu’autant que le cerveau reçoit et renvoie librement l’action :or, les affections de l’âme empêchent la concentration des forces et favorisent leur libre circulation, et sous ce rapport elles sont absolument utiles à la vie. Je n’entends parler ici que des affections modérées, et non des passions extrêmes, qui sont trèsdangereuses, et qui, portées à un haut degié de violence, peuvent donner la mort au même instant qu’on les éprouve. — Les passions agréables, portées à l’excès , ne sont pas exemples de dangers.

La joie extrême peut opérer sur le cerveau les mêmes effets , même dans un degré plus intense, que la douleur, et produire tout-à-coup un spasme qui, interceptant toute irradiation vitale, frappe de mort avec la promptitude de la foudre. Diagorc expira de joie en voyant revenir ses trois fils vainqueurs des

Hygiène.

jeux olympiques. Sophocle mourut de plaisir en recevant une couronne à laquelle il était bien éloigné de prétendre. Polycralc, Chilon le Lacédémonien, Philipide, Dcnys , périrent d’un excès de joie. Le pape Léon X eut le même sort, et mourut subilement de plaisir eu apprenant la nouvelle d’un malheur qui était arrivé à la France.

fl faut remarquer que la plupart des morls subites produilcs par les passions appartiennent à la vieillesse ; ce qui i;e paraîtra pas étonnant, si l’on fait attention qu’à cet âge la vigueur du corps est considérablement diminuée, et que les forces et les humeurs se dirigent naturellement vers l’épigastre : or, l’effet des passions vives est de les attirer fortement vers ce foyer de la sensibilité ; il résulte de là, que, l’épigastre retenant toute l’action, celle-ci dégénère en un spasme qui met le plus grand désaccord dans les mouvements, et qui arrête quelquefois, tout-à-coup, les mouvements de la vie.

Les mêmes passions sont moins à craindre dans la jeunesse .- elles ne font qu’ébranler le corps, et les forces sensitives sont plus capables de supporter les c hocs violents des vives affections. L'épigastre, qui, à cet âge, réfléchit aisément les forces vers la circonférence, est moins disposé à les retenir, et par conséquent à favoriser les dangereux effets des passions. Il n’y a en général que les affections modérées qui soient exemptes de danger : encore faut-il qu’elles ne soient pas long-temps soutenues, surtout si elles sont du genre des pénibles : autrement elles donnent lieu à des maux physiques très-graves , si par leur violence elles ne font pas mourir subitement.

Leur effet, comme nous l’avons dit , est de déterminer les humeurs vers les organes épigastriques. Lorsque cette détermination est constante, comme cela a lieu quand les passions pénibles , telles que la haine, la tristesse, la crainte, les inquiétudes , etc. , sont prolongées pendant un ceitnin espace de temps, il se forme des embarras dans les viscères, et surtout dans le système de la veine porte, qui, comme l’ont très-bien dit les anciens , est la source de la plupart des maux, porta malorum ; les humeurs qui y stagnent s'altèrent, et forment, dans ces organes affectés du spasme, des foyers d'irritation qui jettent des irradiations dans différentes parties du système, et donnent ainsi lieu à la plupart des maladies graves , telles que les lièvres ai-

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fj uis , la goutte , la mélancolie , etc.; et ces maladies se manifestent avec d autant plus de promptitude et dans un degré d’autant plus, intense , que les affections de l’âme ont été plus contraintes, ou plus long-temps renfermées cl retenues (I), et que leur action est renforcée par d’autres causes, telles que les erreurs dans le régime , les veilles prolongées , les saisons , les promptes variations de température dans l’atmosphère, le progrès de l’Age , etc., qui favorisent le refoulement des forces et leur concentration dans l’épigastre.

N’oublions pas une considération importante , celle du passage subit d’une affection à une autre. Lorsque ce passage se f..it successivement et par degrés, il trouble et déconcerte moins les mouvements, il n’est pas aussi dangereux; mais lorsqu’on passe rapidement, et comme par surprise, d’une affection forte

à une autre aussi forte, mais opposée, il en résulte une plus forte concentration de l’action dans l’épigastre, et souvent un spasme mortel. On connaît l’histoire de ces deux femmes qui, voyant revenir de la fameuse bataille donnée près du lac de Trasimène, où l’armée romaine fut taillée en pièces , leurs fils qu elles croyaient morts, passèrent brusquement de la douleur la plus vive à une joie excessive, et périrent sur-le-champ. 11 resuite de là un corollaire très-utile; c est nue , lorsqu’on veut guérir une personne d’une passion, il faut éviter les passages rapides et les changements subits. La joie n’est pas le remède de la douleur, ni l’amour celui de la haine. Pour calmer les passions fortes, il faut d’abord paraître les partager : en les partageant on les affaiblit, et en les affaiblissant on parvient à les éteindre. — Quoique les passions se ressemblent en général par 1 1dentité d’action, savoir, la concentration plus ou moins forte des forces dans 1 épigastre ou leur expansion, elles ont néan-

(0 Dans les affections contraintes, le

spasme semble combattre le spasme. Si on les compare avec celles ou 1 homme se livre librement à ions les sentiments de la douleur, et exhale ses peines par des plaintes, des gémissements et des pleurs, on verra - quelle geiie e spasme violent doit éprouva.

le

quel diaphragme clic/, les personnes »™j8*es et obligées de cacher le irait qui les a blés sèes. souvent même de lenulrc un sen inicnl contraire.

moins chacune tics effets qui leur sont propres, et qui leur donnent un caractère distinctif et une sorte de physionomie.

— Les affections douces et paisibles, comme la gafle, la joie modérée, l’ espérance et V amitié, jettent de nombreuses irradiations vitales dans tous les organes, et déterminent le courant des oscillations et des humeurs vers la circonférence; elles accélèrent la circulation , mais par un mouvement doux, égal et aisé : le pouls est plein, mais avec un caractère de mollesse ; toutes les fonctions s’exercent avec facilité et avec un sentiment de plaisir ; le visage se colore et devient vermeil ; les yeux acquièrent de la vivacité ; tous les traits s'épanouissent et aivnoncent l’heureux état de l’âme. U n’en est pas de même dans la joie excessive : elle accélère à la vérité lu circulation , mais par secousses, et s’exprime souvent par des sanglots de même que le chagrin violent ; on ressent dans l’épigastre un resserrement plus ou moins grand, et qui annonce assez le spasme du diaphragme ; le visage pâlit, les mains tremblent, et les jambes se dérobent sous le corps; il survient des défaillances, et quelquefois, comme nous l’avons dit, la mort. — La tristesse, le chagrin lent, la mélancolie morale, font éprouver à l’épigastre un resserrement douloureux qu’on désigne par cette expression vulgaire, et qui est exacte : le serrement du cœur. Cette conslriction spasmodique, qui est l’gffet de la concentration des forces, gène l’action des poumons et fait pousser des soupirs. On dirait que toutes les forces ont abandonné l’organe extérieur, tant le corps est abattu : le pouls est serré, petit, quelquefois lent, et d’autres fois fréquent, mais toujours inégal: les sécrétions et les excrétions sont diminuées, et surtout la transpiration; les traits de la figure se décomposent et peignent l’état pénible de l’âme, qui, pour peu qu’il dure, décide bientôt l hypocbondrie, la fièvre nerveuse et autres maux semblables, dépendants du désaccord dans les mouvements et de l’irrégularité de l’action. On a vu quelquefois des personnes mourir en très-peu de temps par l’effet d'un chagrin violent. Le médecin Fcrnel périt, dans un espace de temps très-court, du regret d’avoir perdu son épouse. Le pape Clément Vil périt de même, à l’occasion d’une lettre vive que lui avait . adressée l’université de Paris. Racine et le marquis de Louvois ne vécurent pas long-temps, après etee tombes dans la

disgrâce de Louis XIV. Marccllus Donatus et Paul Jove rapportent que, dans la guerre de Ferdinand contre les Turcs , il y eut un jeune homme qui combattait avec tant de valeur qu’il excitait l 'admiration des deux partis. Il succomba enhn sous le nombre des ennemis. On désira savoir qui il était , et lorsqu’on eut levé la visière de son casque, il fut reconnu par son père, qui demeura immobile, les yeux fixés sur lui, et tomba mort sans dire une parole.

La colère est une passion forte, qui résulte de l’union de la haine et de la soif de la vengeance. \1 inimitié en diffère par un moindre degré de xüolence; elle est la colère affaiblie, et un désir prolongé de la vengeance. Elle trouble l’esprit, et déforme d’une manière horrible les traits du visage; elle précipite la circulation, et pousse avec force le sang vers la face, qu’elle rougit et enflamme. D’autres fois le spasme est général, et si violent que le visage pâlit; la bouche est écumanle et les yeux étincelants; le pouls est grand, fort et fréquent; quelquefois aussi petit et serré, mais toujours inégal; les membres tremblent , la respiration est gênée et interrompue par de fréquents soupirs. On voit, par les symptômes qui se manifestent dans la colère, combien cette passion est dangereuse et nuisible. Elle porte particulièrement son action sur le système hépatique, et produit souvent la jaunisse. Elle donne quelquefois lieu à des hémorrhagies mortelles, à la rupture des cicatrices , aux inflammations, aux fièvres ardentes et aux apoplexies. On l’a vue souvent jeter ceux qui en étaient attaqués dans l’épilepsie, les convulsions, et d'autres affections nerveuses non moins graves. Bien plus , les exemples de ceux qui ont perdu la vie dans des mouvements de colère ne sont pas rares. Valentinien premier, reprochant en face aux députés de Bohème leur ingratitude, entra dans une si violente fureur qu’il perdit à l’instant la parole et la vie. Le roi Wenceslas fut frappé d’une attaque d’apoplexie dont il péril quelques jours après, pour s’être violemment emporté contre un homme qui ne l’avait pas averti des troubles excités à Prague par Ziscon. L'empereur Nerva périt de même dans un accès de colère. J’ai vu mourir deux femmes, l’une dans les convulsions et au bout de six heures, et l'autre de suffocation, dans l’espace d’un jour, pour s’ètre livrées a des transports furieux.

HYGIENE.' 355

La colère est une passion qui ne peut être prévenue que par une bonne éducation et une saine morale. Elle produit, ainsi que nous l’avons vu, les effets les plus terribles : elle a néanmoins quelquefois clé utile , et elle a guéri plusieurs paralytiques. Hippocrate dit qu’elle n’est pas nuisible aux pituiteux, et qu’elle peut même leur être avantageuse. Il en est de même de toutes les passions fortes, pourvu qu’elles ne soient pas immodérées, parce qu’en augmentant les mouvements, qui sont naturellement lents dans ces constitutions, elles favorisent la libre circulation des forces. Au reste, on a moins à redouter l’effet des affections vives dans les pituiteux, car ils ne jouissent pas d’une grande sensibilité, et sont trèsdifficiles à émouvoir. — La peur et la crainte produisent un resserrement subit dans l’épigastre; la respiration est gênée et entrecoupée de soupirs ; le cœur palpite, tout le sang et les humeurs sont refoulés avec les forces dans l’intérieur ; le visage pâlit, tout le corps devient tremblant, les jambes se dérobent sous le corps ; le pouls est petit, serré, fréquent et irrégulier; enfin le spasme est si violent et si général qu’il occupe même le système veineux, et que le sang ne sort pas de la veine qu’on a incisée. Toutes les évacuations sont supprimées par l’effet de ces passions, excepté celles du ventre, car, pour l’ordinaire , celles-ci sont augmentées, et presque toujours la peur et la crainte donnent la diarrhée. Elles ont très-souvent produit des affections nerveuses incurables, comme la paralysie, l’aphonie, la mélancolie, la démence, l’épilepsie ; elles disposent singulièrement le corps à recevoir l'impression des miasmes contagieux. — La peur et la crainte ont souvent donné subitement la mort. Marcellus Donatus rapporte qu’un enfant tomba mort au milieu d'un champ, pour avoir vu de grand matin, le ciel étant encore obscur, deux personnes vêtues de noir à côté de lui. Il est beaucoup d'exemples de ce genre qui prouvent combien il est dangereux d’effrayer les enfants par des contes absurdes de revenants et de diables ; les moindres inconvénients qui en résultent sont de détruire l’énergie de l’âme, et de rendre les hommes pusillanimes pour le reste de la vie. Zacutus le Portugais rapporte qu’un enfant qui se baignait dans la mer lut tellement effrayé d un coup de canon que tira un vaisseau qui partait, qu’il mourut dans un quart-d’heure d’une attaque

’ltïGlÈNE.

d'épilepsie. — Il ne faut pas confondre la tcri'eur avec la crainte. Celle-ci paraîlagir en diminuant considérablement les forces vitales; l’autre les augmente, au contraire, et décide les mouvements les plus forts et les plus violents. On a vu des muets acquérir l’usage de la parole, des paralytiques reprendre l’usage de leurs membres, et des personnes affectées de fièvre, d’accès opiniâtres de délire, d’épilepsie, de convulsions, guérir par l’efl'et de la terreur. — Van-Helmont rapporte qu’on a guéri plusieurs hydrophobes en les plongeant, par surprise, dans l’eau froide. Nous avons plusieurs exemples de manie guérie parce même moyen.

Salmuth dit (l) qu’un goutteux, ayant le pied couvert d’un cataplasme de navet, fut tellement effrayé par un cochon qui entra dans sa chambre et qui se mit à manger le cataplasme, qu’il se mit à sauter et à courir, et que ses douleurs cessèrent à l’instant. Au siège de Sienne , en 1555, un boulet qui passa très-près du marquis de Morignac, lui causa une telle frayeur qu’il fut guéri de la goutte dont il était tourmenté. Boerhaave mit en jeu cette passion avec le plus grand succès, dans l’hôpital de Harlem, pour guérir des enfants des deux sexes attaqués d’épilepsie imitative (2). Il fit por-

(1) Centur. i, obs. 48.

(2) La plupart des actions humaines dépendent des dispositions qu’ont les hommes à l’imitation. La cause de cette tendance naturelle à l’imitation est inexplicable. On bâille, on vomit, on rit, etc., en voyant bâiller, vomir, rire, pleurer : chez les femmes, l’envie de pisser se communique lorsqu’une d’elles manifeste qu’elle en éprouve le besoin. Nous sommes gais, tristes, silencieux, etc., selon la disposition des personnes que nous fréquentons. Il paraît que cette tendance machinale à l’imitation est plus développée chez certains peuples , et qu’elle est généralement plus grande chez les enfants , les femmes et les personnes qui ont l’esprit faible. 11 n’est donc pas étonnant qu’elles contractent plus aisément l’habitude des mouvements qu’elles voient s’opérer chez les autres.

On lit , dans les Transactions philosophiques, qu’il y avait en Ecosse un vieillard petit, maigre, faible, qui était porté, dés sa première jeunesse, à imiter, même malgré lui, tout ce qu’il voyait faire. Pantomime excellent , il imitait exactement tous les gestes qu’on faisait devant lui, de la tète, des yeux, des lèvres, des

ter au milieu de ces enfants un réchaud rempli de brasiers ardents, où l’on avait mis rougir des fers, et ordonna de brûler jusqu’aux os ceux de ces enfants qui auraient l’accès épileptique. La crainte du tourment fut telle qu’ils résistèrent de

mains, des bras, des pieds. II couvrait et découvrait sa tête lorsqu’il le voyait faire à quelqu’un, et tout cela dans l’instant, avec la plus grande promptitude.

Si on lui tenait les mains pendant que quelqu’un gesticulait devant lui, il faisait tous ses efforts pour se mettre en liberté. On lui demanda pourquoi : il répondit qu’il souffrait du cœur et de la tête : c’est pourquoi il paraissait toujours en public les yeux fermés, et dans la société il était obligé de tourner le dos à la compagnie.

Boerhaave rapporte qu’il y avait auprès de Leyde un maître d’école qui était louche. Les parents des enfants qui fréquentaient cette école ne tardèrent pas à s’apercevoir que ceux-ci avaient acquis le même défaut dans la vue.

Salmuth dit (Centur. ut, observ. 56) que, deux amants passant dans un jardin, la jeune fille fut prise d'une violente hémorrhagie nasale ; son amant en fut si effrayé qu’il eut à l’instant la même hémorrhagie.

C’est par cette faculté imitative que l’on voit souvent une femme hystérique communiquer son accès aux femmes qui l’entourent.

Plutarque rapporte, dans son Traité des vertus des femmes , qu’à Milet, ville de Carie, il y eut dans l’air une telle influence, que toutes les filles se donnaient la mort sans aucune cause : il paraît que celles qui se tuèrent les premières servirent de modèle et d’exemple au plus grand nombre de celles qui furent ensuite victimes de cette épidémie.

(Les exemples de suicides épidémiques sont assez communs , et ces épidémies extraordinaires dépendent véritablement de l’étal atmosphérique. Suivant M. le docteur Falret, les villes de llouen et de Copenhague, situées à des latitudes bien différentes, ont été en 1800 le théâtre d’un grand nombre de suicides pendant les mois de juin, juillet et août; et il remarque que , pendant celte courte période, la constitution atmosphérique fut la même dans ces deux cités, si éloignées l’une de l’autre. On peut consulter d’autres laits analogues consignés par 1 auteur

que nous venons de citer dans son ouvrage remarquable sur 1 hypochondt ie et le suicide , 1 volume in-8°. Paris, iS'ii.)

HYGIÈNE

toutes leurs forces à l’accès, et qu’ils furent radicalement guéris.

De sombres misanthropes ont fait un crime de l’amour, et se sont efforcés de vouloir l’anéantir dans le cœur des hommes qu’ils dominaient par l’opinion. Celte doctrine, aussi absurde qu’extravagante, ne tendait à rien moins qu’à détruire l’espèce humaine , si la nature n’cùt pas été plus forte que ces docteurs : elle dit à tous les êtres de se propager, et il n’y a que les apôtres du néant qui méritent d’être anéantis. — L’amour est propre à la jeunesse ; l’instant où il commence à se développer est celui où les organes ont acquis tout leur accroissement, à moins que l’embrasement des sens n’ait été prématuré. Cette passion , que les poètes ont divinisée , est le principe et l’âme du monde physique; son empire est celui delà nature; tous les êtres animés sont soumis à ses lois; elle est la source du bonheur, mais souvent aussi celle des maux les plus cruels. L’amour heureux embellit non-seulement la vie et répand la sérénité sur son horizon , mais il entretient la santé et multiplie l’existence; bien plus , tel est son pouvoir, qu’il opère souvent la guérison de bien des maladies auxquelles l’art n’oppose que des inoyensimpuissants. La seule espérance de posséder l’objet de ses vœux a opéré quelquefois de semblables prodiges. àlais l’amour malheureux remplit la vie d’amertume et de regrets, et donne naissance à désaffections nerveuses cruelles, telles que la mélancolie, l’hystérie, la catalepsie, la consomption, la nymphomanie , etc.

L’amour se compose de plusieurs passions différentes : le désir, l’espérance, le plaisir, les chagrins, la jalousie, et quelquefois le désespoir, sont le nombreux corlége dont il est accompagné. Il produit donc sur l’économie animale différents effets, et dans des degrés plus ou moins grands, selon que l’une de ces passions est dominante , ou qu'elle est contre-balancée par une ou plusieurs autres. L’amour bien réglé est, sous les rapports physiques, utile et même nécessaire à la jeunesse, en ce que les différentes passions qu’il enfante occasionnent des ébranlements vifs et passagers dans 1 épigastre, et de là dans les autres organes, et que les successions rapides de spasme et d atonie qu’elles déterminent dans le diaphragme, favorisent la circulation des forces toniques, qui entretient l’harmonie dçs fonctions et par consé-

quent la santé. — En général , l’amour heureux produit l’expansion des forces ; il augmente l’énergie vitale, et rend le pouls fort, fréquent et développé. Il n’en est pas de même lorsqu’il se complique de la crainte ou de la jalousie : ces passions produisent un re serrement spasmodique dans l’épigastre, répandent une sorte de sensation douloureuse sur tous les organes, et rendent le pouls inégal. Ce fut par le pouls qu’Iiippocrate découvrit l'amour de Perdica pour Philas, et Erasistratc la passion qu’avait conçue Àntiochus pour sa belle-mère Stratonice.

— L’amour violent et celui qui est voisin de la jouissance augmentent l’action, les forces et la chaleur; ils colorent le visage et l’enflamment, les yeux deviennent brillants , la respiration éprouve de légères interruptions, le cœur palpite, et les membres sont affectés de tremblement; mais, immédiatement après que la passion est satisfaite, tout le corps tombe dans une sorte d’affaissement, et tous les mouvements et les actions ne tardent pas à rentrer dans l’ordic et à reprendre leur état naturel. L’amour violent est peu susceptible d’être réprimé et de céder aux impulsions de la raison ; sans cesse occupé de l’objet de ses désirs et de la crainte de le perdre, il donne naissance à tous les phénomènes que produisent les contentions fortes et assidues de l’âme, jointes à la crainte. L’amour violent a quelquefois causé la mort. Un soldat amoureux d’une fille lui avait donné un rendez-vous la nuit : comme elle tardait à venir, il se lève à la hâte pour aller à sa rencontre. Du moment qu’il l'aperçoit, il se précipite vers elle, et , l’embrassant avec transport, il jette un cri de douleur et expire (l). On connaît l’avènture de ce jeune homme qui, étant épris d’une violente passion pour mademoiselle Gaussin , vint un jour se jeter à ses pieds , et y expira d'ainour, de plaisir et de fureur. Borsinius (2) rapporte qu’une demoiselle de Sienne, appelée la Vénus par excellence , mourut subitement au départ du comte Curiale, son amant. L’amour fit tant d’impression sur un jeune homme qui était assis à table auprès d’une jeune veuve aimable, que le sang lui sortit avec impétuosité d’une des veines du front.

L’ amitié est un sentiment doux, et qui diffère entièrement de l’amour en ce que

(1) Ephéméridcs d’Allemagne, décade 3, ann. 9, page 293.

(2) Histoire de Hongrie, liv. 3, déc. 3.

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celui-ci est toujours guidé par l’appétit matériel des sens, taudis que l’autre est l’union qui existe, indépendamment des sens , entre deux personnes sensibles et vertueuses. L’amitié a aussi ses martyrs.

Au siège de la Chapelle , un Espagnol mourut en tenant embrassé le cadavre de son ami. Horace ne survécut que neuf jours à la perte de Mécène.

De même que l’amour est le ressort du monde physique, Y ambition est le principe du monde moral. Mais il y a cette différence entre ces deux passions, que l’amour a pour objet des jouissances physiques, et que l’ambition aspire à un bonheur de préjugé. Le premier s’éteint ou languit par la jouissance, et l'autre en est alimentée. Les désirs de l'ambitieux s’irritent davantage à mesure qu’ils sont sa 'i- faits , et il va toujours au-delà du plaisir qu’il goûte : c’est ce qui l’empeche d’en jouir. L’ambition vit dans le cœur de l’homme , et s’y modifie de mille façons différentes, selon son caractère et les circonstances dans lesquelles le hasard l’a placé. Elle se compose de plusieurs autres passions, et produit sur l'économie animale des actions différentes, selon les diverses affections auxquelles elle se trouve réunie. L'âme de 1 ambitieux, toujours fixée sur les événements, flotte sans cessj entre la crainte et l’espérance, et fait éprouver au corps nonseulement les effets de la passion dominante, mais encore ceux des contentions fortes etsoulcnues. Lorsque l’ambition est excessive et que le succès ne répond pas à son attente, les chagrins et l’envie amènent souvent un fatal désespoir, ou minent et consument lentement le corps.

De toutes les affections qui accompagnent l’ambition, il n'en est point de plus funeste que l'envie : on l’a vue quelquefois donner la mort, à l’instant même où l’ambitieux rencontrait l’objet de sa passion. Tissot rapporte l’histoire d’un magistrat suisse qui tomba mort aux pieds

de son heureux concurrent, au moment où

il s’approchait pour ie féliciter de l'avoir emporté sur lui dans une élection populaire. On connaît tous les maux que cette passion, composée du désir, de la douleur et de la haine, occasionne dans l’enfance. Ou voit fréquemment des enfants être affectés d’obstruction , de fièvres lentes, de consomptions, de convulsions et d’autres maladies non moins dangereuses, parce que des parents ou des instituteurs, souvent injustes, leur témoignent moins d’amitié et leur font moins

de caresses qu’aux autres. — On peut rapporter à l'ambition l’amour effréné des richesses et la passion du jeu. L’aniour des richesses n’est pas une passion criminelle pur elle-même, puisqu’elles sont les intruments de nos besoins et de nos plaisirs. Mais il blesse l’ordre social , et il devient un crime lorsque, porté à l’excès, il fait employer des moyens obliques et illégitimes pour s’enrichir, ou qu’il dégénère eu avarice, espèce de monstre qui tourmente cruellement ses victimes, pour rendre malheureux tout ce qui l’environne.

La passion du jeu dérive de la soif des richesses et du désœuvrement. Elle est aussi nuisible à la société que préjudiciable à la santé : elle prive la première de la portion de travail , d’industrie et de talents que chaque individu lui doit, et elle donne lieu a tous les maux qui dépendent de la vie sédentaire, de la contention excessive de l’esprit, et des passions qui en sont inséparables. Souvent elle corrompt le cœur au point de faite commettre des injustices; et, comme l'a très-bien dit madame Deshoulières ,

te désir de gagner, qui nuit et jour occupe,

Est un dangereux aiguillon.

Souvent, quoique l'esprit, quoique le cœur soit bon,

On commence par être dupe,

On finit par Cire fripon.

Quoique l’ambition produise des efftU funestes , elle n’est pas néanmoins , par elle même, plus mauvaise que l’amour, lorsqu’elle est contenue dans de justes bornes, car la nature nous dit d’agrapdir notre être aussi bien que de le multiplier. Celte passion , dirigée vers une bonne fin, mérite les plus grands éloges; elle crée les savants, les artistes et les héros, dont les efforts, animés par l’espérance de la gloire, tendent au bien général, et illustrent le pays qui leur donna le jour. Le désir de se survivre en faisant du bien aux hommes est l’ambition la plus noble et la plus louable; el après elle c^est l'ambition de la gloire littéraire. Ces deux passions étendent l’âme, et font oser les plus grandes choses comme les plus difficiles elles plus utiles aux hommes.— On a vu quels étaient les dangers qui résultaient de l’abus des passions : il n’est pas aussi aisé de les prévenir. Une éducation sage est la seule digue qu’on puisse leur opposer, et souvent elle est impuissante. Il faut s’habituer de bonne heure à les contenir dans de justes bornes, car, pont peu qu'on leur laisse faire de progrès, elles deviennent de cruels tyrans, qui de-

hygiène.

truisent la santé et déchirent impitoyablement leurs victimes. — 11 n’est pas en notre pouvoir d’empêcher les excès subits de joie et de tristesse qui mettent le désaccord dans les mouvements de la machine, et quelquefois donnent la mort. Néanmoins, en s’accoutumant à ne voir qu’avec quelque indifférence les événements de la vie, on peut parvenir à être moins sensible à ceux qui sont extraordinaires et inattendus : c'est le moyen le plus sûr de diminuer cette grande vivacité avec laquelle on se laisse aller au premier mouvement des passions. — Les personnes qui sont nées avec un tempérament porté à la volupté doivent s'interdire l’usage des aliments succulents et échauffants , ainsi que celui du vin et des liqueurs , sine Cerere et Baccho f riget Venus. Il convient qu’elles ne restent pas trop long-temps au lit, et surtout lorsqu’elles ne dorment plus. Elles doivent fuir les conversations et les pensées libertines, les peintures lascives et les livres obscènes, mais surtout les personnes avec lesquelles elles ont eu des liaisons tendres ; elles ne doivent pas rester oisives, et même il est indispensable qu’elles fassent des exercices fatigants , car la source de l’amour est dans l’oisiveté. On demanda à Théophraste ce que c’était que l’amour : il répondit que c’était une maladie de l'àme oisive. C’est ce qui a fait dire à Ovide :

Ol»a • i tollas, perier* Cupidin’s arcus, Dcjpeclajque jaceut et sine luce faces.

Le travail est l’antidote de celle passion, a dit avec raison le philosophe de Genève; et en effet, quand les bras sont exercés, l’imagination se repose, et quand le corps est bien las, le cœur ne s’échauffe pas. C’est pourquoi on a conseillé la chasse pour écarter l’amour; on a fait Diane son ennemie, et l’allégorie est trèsjuste.

Il est bien plus difficile d’éviter les passions tristes et haineuses ; mais on peut diminuer les dangers auxquels elles exposent par un régime doux et délayant ; et, comme la digestion ne peut se faire d’une manière convenable dans ces circonstances , par rapport au spasme dont est affecté l'épigastre, il faut ne manger qu’en très-petite quantité, faire de l’e.xcrcice pour rappeler les forces à la circonférence, et chercher à se distraire par des sociétés agréables, les spectacles, les lectures amusantes et les voyages , qui ont le triple avantage de procurer de l’exer-

cice, de faire changer d’air et de distraire l’esprit; trois puissantes causes qui opèrent les changements les plus avantageux. — La passion du jeu est difficile à réprimer quand on en a une fois contracté l’habitude ; elle entraîne souvent , avec l’altération de la santé, la perte de la fortune. On ne devrait jouer que pour procurer du délassement à l’esprit. La fuite totale du jeu est le seul moyen qu’on ait à employer pour prévenir ses funestes effets.

La peur et la crainte sont des passions dont il n’est pas en notre pouvoir de détruire le germe. Il convient d’éloigner des enfants, dans la première éducation, les vieilles femmes et les domestiques , qui leur font ordinairement des conles de revenants, de fantômes, de sorciers et de quantité d’autres absurdités, dont les impressions subsistent toute la vie, ôtent à l’àtne toute ison énergie et exposent à une infinité demaux.Toul ce qu’on peut recommander pour s’aguerrir et diminuer la disposition à la crainte et à la peur, c’est de secouer le joug des préjugés, en réfléchissant mûrement sur les objets de nos craintes. — L’ambition des richesses et des honneurs exige trop de soins et trop d’inquiétudes pour qu’un homme sensé s’y livre à l’excès ; les espérances flatteuses , et le plus souvent vaines, dont cette passion nous berce, ne valent pas, lors même qu’elles se réalisent, les peines et les dangers auxquels elle expose. Ses fruits ne sauraient entrer en compensation avec la bassesse et l’infamie dont le plus souvent se couvrent ses sectateurs. L’homme sage, au sein de l’abondance cl au faîte des honneurs, est moins occupé à monter plus haut et à amasser davantage, qu’à jouir et à répandre le bonheur; il fait consister sa félicité dans la bienfaisance et dans la sérénité d’une âme pure, et il est digne d’en goûter long-temps les douceurs. Heureux celui qui se persuade que tout excès dans les passions est un vice, et dans les plaisirs une maladie ! Jouir des avantages et des agréments de la vie sans les rechercher avec trop de peines, régler selon la raison les mouvements de la nature, sacrifier les faveurs de la fortune et les honneurs aux délices de la liberté , et vivre au sein de sa famille et de l’amitié , voilà en quoi consiste le bonheur d’ici bas.

Il y a long temps qu’on agile cette question , savoir : lequel est le plus avantageux à l’homme d’être sensible ou in-

HYGIÈNE

différent. L'indifférence rend incapable de goûter les douceurs de la tendresse et de l’amitié; elle paralyse le cœur, et en ferme l’avenue à toutes les passions. La sensibilité, au cont aire, fait éprouver vivement louLes les affeclions ; elle ouvre l’âme aux plus douces impressions , et nous fait partager les maux de nos semblables. L’homme insensible ne connaît point les plaisirs, et son cœur glacé est étranger aux voluptés de l’amour. Sans sentiment comme sans désir, il est presqu’un automate. L’homme, au contraire, dont l'âme est électrisée par le sentiment, trouve. sa félicité dans tout ce qui l’environne ; il s'intéresse au sort de ses semblables ; l’humanité est pour lui un lien sacré, cl quels délices ne trouve-t-il pas à partager avec l’infortune et l’amitié ses biens et ses plaisirs! L’homme sensible connaît donc la vie et en jouit déli-

cieusement, tandis que celui à qui a été refusé le sentiment est né sous un astre sinistre. Ce dernier ne connaît point les pures jouissances.de l’âme; son cœur, cuirassé d’un triple airain , repousse loin de lui les plus douces impressions, il ne sacrifie jamais ni aux plaisirs ni aux grâces, et sa vie n’est qu’un long sommeil (l).

(1) Les dernières pages de ce chapitre sont remarquables par une grande justesse d’idées, cl une philosophie aussi sage , aussi vraie qu’elle est désirable pour tous les hommes qui veulent vivre heureux. Il est difficile de ne pas chérir la mémoire d’un homme de talent, qui, maître de ses passions, indique avec tant de simplicité les sources du bonheur, et nui, pendant sa vie, joignit l’exemple au précepte. (I. B.)

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