A. OS DE LA MAIN
Les os qui composent la main, avonsnous déjà dit , sont d’une telle importance , que l’on conçoit aisément le soin avec lequel les praticiens cherchent à en conserver la plus petite partie. Rien donc de plus rationnel que les résections opérées sur ce point à l’aide des pinces , des tenailles incisives , des ciseaux de Liston , de la scie à molette , de la scie d’horloger, de la scie en crête de coq. Quant aux règles générales qui doivent présider k cette extraction partielle , il nous paraît impossible de rien établir de fixe à cet égard ; et les notions qui s’y rattachent sont d’ailleurs si simples, qu’il n’est aucun praticien qui ne les devine.
B. os de l’avant-bras.
Une fois l’opération décidée , il ne faut pas hésiter à agrandir les ouvertures de la peau si les os font saillie à travers les téguments; ou s’ils sont broyés au fond d’une solution de continuité, inaccessible aux instruments. Reste ensuite à augmenter la courbure du membre en le mettant dans une position convenable, et à entourer la racine avec du linge, des plaques de carton, de bois ou de métal. Ces précautions prises, on retranche avec la scie le cylindre osseux, si le désordre est assez grave pour en exiger la résection complète : on se sert au contraire de tenailles incisives ou de cisailles , s’il ne s’agit que de l’enlèvement de quelques pointes, en se rappelant toutefois qu’il y a toujours de l’avantage à enlever une plus grande sur-
(1) Malad. des os, t. ii, édit, de Louis.
face osseuse , de manière k se donner plus de jour, bien entendu que les artères radiale et cubitale , ainsi que les nerfs du même nom et le médian , doivent être ménagés avec le plus grand soin; aussi est-il avantageux sous ce rapport d’attaquer les surfaces osseuses en arrière et en dehors de l’axe du membre. Une fois la résection opérée , on se borne k recourir aux tractions nécessaires pour obtenir la réduction des surfaces déplacées; puis, à appliquer l’appareil. Lorsque les os ne proéminent point, on peut se borner simplement à donner plus d’étendue aux incisions, et à les diriger autant que possible dans l’axe du membre, puis, k l’aide de fortes pinces, on enlève ensuite les éclats et les fragments qui peuvent porter obstacle à la consolidation; on doit au contraire agir k la fois sur les deux surfaces. Quand l’une et l’autre sont de nature k pénétrer dans les parties molles, on les irrite. Il va sans dire d’ailleurs que, pendant ce temps , les muscles de l’avant-bras doivent être relâchés, et le membre par conséquent tenu dans la flexion.