‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 130 sur 656 · I. Résection de la portion mentale · texte numérisé non relu

I. Résection de la portion mentale

Procédé de Dupuytren. Le malade doit être assis, la tête maintenue contre la poitrine d’un aide, et le chirurgien placé au-devant du sujet. Les artères labiales étant comprimées , l’opérateur s’empare de la partie droite de la lèvre inférieure, à l’aide de la main gauche, et, pendant ce temps, soutient le côté opposé , de manière à faciliter la section verticale que le chirurgien pratique sur la lèvre inférieure, à partir du bord libre de la lèvre jusqu’auprès de l’os hyoïde. Les lambeaux en sont disséqués avec soin , et le maxillaire ainsi mis à nu permet de voirl’étendue de la lésion. — Le périoste est divisé sur la limite du mal, et la dent qui doit correspondre de chaque côté au trait de scie enlevée : l’opérateur se plaçant alors derrière le malade , afin de faire agir la scie avec plus de facilité et ne pas la heurter contre la voûte palatine, il achève de l’un et l’autre côté la section du maxillaire , en ayant soin de préserver le nez et la lèvre supérieure, en y plaçant une lame de plomb, une feuille de carton ou une compresse pliée sur elle-même.

Il ne reste plus, une fois la section osseuse opérée, qu’à isoler cette dernière des parties molles auxquelles elle idhère encore ; et, à cet effet, l’opérateur se remettant au-devant du malade nlroduit un bistouri droit le long de la ace postérieure du maxillaire , et coupe ' es attaches des muscles qui s’insèrent à

I a ligne my lo-hyoïdicnne et aux apophyses génies, et termine ainsi l’opéra-

II ion. — Un ou plusieurs fers rougis à 1 ilanc sont ensuite portés sur les surla- ; es , dans le dessein d’arrêter l’hémor- ’ hagie fournie par les artères sotis-men-

aies , labiales et linguales; puis , une 1 iièchc de charpie est placée dans l’angle i nférieur de la plaie, afin de faciliter " écoulement de tout le pus, bien en-

Malle.

tendu , nonobstant le rapprochement des surfaces osseuses et la réunion de la lèvre inférieure par quelques points de suture.

Lorsque les téguments étaient altérés, Dupuytren conseillait de pratiquer d’abord une incision en Y , afin d’y comprendre la portion de peau atteinte , et de recourir ensuite au besoin à une nouvelle inci ion transversale, au- tessons du menton , afin de mettre à nu toute la portion malade.

Procédé de Delpech. Ce qui différencie le procédé de Delpech de celui de Dupuytren , c’est, d’une part, le soin que prenait le premier de séparer les chairs situées à la face postérieure du maxillaire, dans le point correspondant au trait de scie, afin de ménager ces parties ; et de l’autre bien plus encore la précaution prise par le chirurgien du Midi pour s'opposer au renversement de la langue en arrière; ainsi, le corps de Ja mâchoire une fois détaché, à l’aide de deux traits de scie , Delpelch engageait une érigne double, ou une simple ligature à la base de la langue , pouf la confier à un aide chargé de tirer un peu sur elle et de s’opposer au retrait de l’organe du goût, au moment où étaient

divisés les muscles génio -glosses Une

fois l’opération achevée , la ligature était fixée à une des épingles destinées à réunir les téguments par la suture entortillée. Dans un autre cas Delpech, au lieu d’en agir ainsi, eut recours à un fil d'or qu’il prit soin d'assujettir ensuite aux dents voisines, et qu’il enleva, ainsi que la ligature , aussitôt que la langue eut contracté des adhérences capables de la maintenir en avant , et d’éloigner ainsi tout danger de suffocation.

Procédé de M. Gensoul. M. Gensoul craignant que, par suite de la rélraclilité du tissu inodulaire, la cicatrice, alors qu’elle est située sur la ligne médiane , n’attire le menton versl’os hyoïde, préfère, pour éviter cette difformité fâcheuse, inciser d’abord la lèvre inférieure sur la ligne médiane, et, une fois la résection osseuse opérée, enlever une portion de peau de manière à en obtenir une latérale.

Page 1