ORGANIQUES
Lorsque la carie, ou la nécrose ou toute autre affection grave n’a envahi qu’une portion plus ou moins restreinte des os des membres, il a dû souvent paraître cruel aux hommes de l’art de sacrifier un membre entier, pour une maladie d’aussi peu d’étendue, et de là à l'idée de la résection il n’y avait pour ainsi dire qu’un pas ; cependant, soit que la crainte que le mal ne s’étendit beaucoup plus loin qu’on ne l’avait cru ait arrêté les chirurgiens opérateurs, soit que le petit nombre de faits connus aient mis obstacle à la réalisation de cettedécouverte, les exemples de résection a la suite des maladies dont nous nous
(1) Chopart, Maladies des voies uri naires.
0 ®uvr: P°st,‘-> t. n, p. 55.
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TRAITÉ
occupons en ce moment, étaient fort rares : ce n’est guère , en effet , que dans ces derniers temps que l’attention des praticiens a été appelée, d'une manière plus spéciale, sur ce point important de la chirurgie opérante; et c’est surtout à MM. Moreau, Champion, Ley , Roux, Jœger, Dupuytren , Textor , etc., etc.
qu’il faut en rapporlerla gloire. Gardonsnous, cependant, d’imiter certains praticiens qui, s’exagérant la valeur de cette nouvelle conquête chirurgicale , la croient pour ainsi dire appelée à remplacer dans presque tous les cas V amputation. Outre en effet que, toutes choses égales d’ailleurs , la résection présente, sous le rapport de l’exécution , plus de difficultés réelles, il faut aussi, il faut surtout faire entrer en ligne de compte la crainte de voir se reproduire la maladie. J'assistais, il y a quelque temps, mon savant confrère et ami M. Philippe Rigaud, professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de médecine de Strasbourg, pour une désarticulation du bras, dans l’article nécessitée par un ostéo-sarcome de l’humérus queM. Bach, agrégé chargé de la suppléance , avait réséqué un an auparavant. — Or, évidemment en se conduisant ainsi, M. Bach avait péché contre le précepte qui veut qu’on n’opère qu’autant qu’on estsûrd’enlever tout le mal, et son inexpérience ou sa témérité (1) aurait pu coûter la vie au patient qui heureusement a parfaitement guéri par l’amputation. J’ai vu plus récemment un autre praticien jeune, il est vrai , encore agir avec la même imprudence pour une affection grave du tibia; mais cette fois, la mort s’en est suivie. Avant donc de se prononcer pour la résection, à la suite d’affections organiques, il faut se demander d’abord, si l’organe est assez important pour en tenter la conservation partielle; puis, si, une fois le mal enlevé en totalité, et les articulations restant intactes, la guérison pourra se faire sous des conditions avantageuses pour le blessé, tout en ne perdant pas de vue, en même temps, que, bien que beaucoup plus difficile que 1 amputation.
(1) Chez le sujet dont nous parlons, la résection était tellement contre indiquée qu’il existait déjà au moment de l’opération des productions osseuses s’élevant vers l’arliculalion, et qui n’ont pas peu contribué aux difficultés qu’a présentées l’amputation dans l’article.
la résection, en général, pourtant compromet moins la vie du sujet et surtout ne Le mutile pas.
Indications . La carie, la nécrose , ou le cancer des os, telles sont les principales maladies pour lesquelles les résections ont été le plus souvent pratiquées. Pour ce qui regarde la première affection; comme presque jamais elle ne compromet l’existence d’une manière immédiate , et que quelquefois on parvient à en limiter les progrès et même à en débarrasser les parties atteintes, il n'y a aucun inconvénient à patienter.
Dans tous les cas convient-il, au moins, alors que l’affection paraît tenir à un état général d’attendre qu’elle ait borné ses ravages; sous ce rapport même la carie peut, jusqu’à un certain point, être comparée à la gangrène. A plus forte raison est il sage de ne pas Irop se presser quand il s’agit de nécrose ; affection pour ainsi dire non douloureuse, et des plus lentes dans sa marche : d’ailleurs la résection ne lui est en général applicable que quand le fragment nécrosé jouit d’une certaine mobilité et se trouve isolé du reste de l’os. Jusque là, les inflammations, les fistules et les douleurs qui en résultent doivent être combattues par d’autres moyens. — Quand il s’agit, au ! contraire, d’ostéo-sarcomes , de cancers des os , alors il est prudent de ne pas i trop différer , afin d’opérer avant que l’organisme n’ait ressenti les effets de l’altération locale , si tant est que la maladie ne semble pas dépendre d’un état morbide général ; car, alors, on ne l saurait user de trop de précautions, tant sont fréquents les exemples où l’on a vu la maladie se reproduire après l’opération.
§ Ier. Résection des os de la main.