II. De la résection de l'extrémité supérieure du tibia
Composée de substance spongieuse et, de plus , épaisse et Ircs vasculaire , l’extrémité supérieure du tibia est souvent le siège de la carie et de la nécrose : ces affections, d’ailleurs, peuvent aussi affecter le centre ou la surface de l’os, ainsi que j en ai vu un exemple à l’hôpital St-Antoine, en 1 82S,
chez une femme entrée pour un soidisant abcès sous rotulien , et chez laquelle il suffit de fendre les téguments de cinq à huit centimètres (deux ou trois pouces) , pour découvrir une large lame nécrosée. M. Velpeau parle également d’un jeune homme chez lequel la nécrose était si profonde au tiers supérieur de la jambe, qu’il fut obligé, à l’aide du trépan , de la gouge et du maillet, d’aller de bas en haut et d'avant en arrière, jusqu’à quelques millimètres du cartilage articulaire , pour en opérer la destruction complète. Enfin, nousmêrne, en iS33, nous avons enlevé une nécrose de la face interne et supérieure du tibia. Le désordre ici était si grand , qu’après avoir employé la gouge et le maillet pour enlever tout le mal , les parents furent effrayés de la caverne profonde qui eu résultait. Toutefois, nonobstant cette grave altération , le blessé guérit en moins de quinze mois.
Manuel opératoire. Il est difficile d établir des préceptes généraux à cet égard, car, suivant le siège précis du mal, il peut être nécessaire de pratiquer une incision cruciale , oblique ou elliptique; au besoin même, une incision simple pourrait servir. Quant aux instruments destinés à agir sur les os, il n est pour ainsi dire aucun de ceux dont nous avons parlé qui, à la rigueur, ne put être employé avec avantage (le bislouu ), mais avant tout et par-dessus tout nous recommandons le bistouri des os de M. Heine, c est-à-dire l’ostéolome.