‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 144 sur 656 · DE LA RESECTION DES OS DE LA MAIN · texte numérisé non relu

DE LA RESECTION DES OS DE LA MAIN

Ti occon (1) parait etre le premier qui ait établi des données régulières pour les résections qui se pratiquent sur les organes du toucher. Galien (2), du resle, ainsi que nous l’avons déjà dit, puis Rilguer (3), Wardrop (4), Friclce (5) avaient eu l’occasion de réséquer avec succès les surfaces articulaires des divers os métacarpiens, et Textor (G) celles du grand os et l'extrémité postérieure du troisième métacarpien. A ces noms il convient d’ajouter encore ceux de MM. Fricke (7),

(1) Des amputations partielles de la main, 1816.

(2) Ouvr. cité.'

(°) Diss. sur 1 inutilité de l’amputation des membres, p. 70.

(4) Transact. méd. d’Edimb., 1819.

(5) Voy. Arcli. gén. 1838, t. ir, p. 187. “P1 2 * 4 5 6 et. de médec., art. Main, t. xvm, p. 5o8 et su îv.

(6) traité de méd. opératoire.

l7~oDi.Ct' de méd-> l« xvm, art. Main,

TRAITÉ

Champion fl), Roux (2), Blandin (3), Dietz (4), Fleury (&), qui oui également eu recours aux résections métacarpiennes ; Vigarous (6), au contraire, Cooper (7) , LassusfS), Robe (9) et Evans (10) ont plus spécialement agi sur les surfaces articulaires des phalanges.

§ Ier. Résection de l'articulation métacarpo-phalangienne.

Manuel opératoire. On comprend que, suivant l’état des parties atteintes, l’opération peut se borner à l’une ou à l’autre surface articulaire, ou porter au contraire sur toutes les deux à la fois.

Dans tous les cas , une incision partie du milieu de la région dorsale de l’os métacarpien , à un centimètre quatre millimètres de l’endroit où doit agir la scie, est ensuite conduite obliquement à la commissure du doigt; puis une autre incision, se rendant à la commissure du côté opposé , est pratiquée de manière à circonscrire un lambeau en V à base inférieure. Le lambeau qui en résulte une lois disséqué et renversé , le tenflon extenseur doit être écarté , les muscles interosseux isolés, l’articulation ouverte et les ligaments latéraux et antérieur incisés avec précaution, afin de respecter les tendons des fléchisseurs ; ensuite la tête de la phalange est luxée en arrière, et, les parties molles une fois bien isolées à leur tour, on glisse une plaque de bois ou de carton par-dessous afin de scier les deux surfaces ou l’une d'elles , suivaut le besoin , et pour ce faire on se sert de l’ostéotorne de M. Heine. — Dans le cas où la résection devrait avoir lieu sur l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce , de l’indicateur ou du petit doigt, il y aurait un avantage incontestable à former

(1 ) Ouvr. cité, p. 17.

(2) Bulletin de la Faculté de médec. , t. vi, p. 156.

(3) Nouv. Bibl. mcd., t. î, p. 18, 1828. (4; Thèse de Coulon , Université de

Wurlzbourg, 1835.

(5‘) Journal des connaissances médico- ■chirurg., p. 249, 1838.

(6) OEuvres de cliir., p. 455.

(7) Practioal treatisc on xvounds, etc.,

(8) Ouvr. cité, p. 7, 1784.

(9) Journal gén. de médec., t. xxvr, p. 165.

(10) Dict. de Samuel Cooper, t. lu

le lambeau du coté libre de l’organe, à placer, suivant le degré de l’altération des parties , sa base à la partie inférieure ou supérieure.

M. Robe, dont nous avons déjà parlé, a pratiqué la résection de la tète de la première phalange du pouce dans le but de remédier à une luxation irréductible de cette partie , et le succès a couronné sa tentative.

§ II. De V extraction complète du premier os métarcarpien.

a. Manuel opératoire. On pratique le long du bord radial du premier métacarpien une incision qui dépasse les deux articulations de quatorze millimètres en avant et en arrière; une fois celte première incision pratiquée , soit sous forme longitudinale cruciale ou en L, suivant le besoin , on détache avec soin la peau et les tendons extenseurs de la face dorsale, et successivement ceux situés à la face palmaire, à Y éminence thénar ■ Les lèvres de la plaie une fois écartées, l’opérateur dirige la pointe du bistouri sur le côté externe de l’articulation carpienne , coupe le tendon du long abducteur inséré au premier métacarpien et , traversant l’articulation , cherche ensuite à luxer l’os en dehors, à glisser l’instrument le long de la face interne afin d’en séparer les chairs en totalité. — Reste ensuite à désarticuler la phalange en incisant les ligaments interne, externe et antérieur qui la retiennent encore.

L’artère radiale est facilement évitée; en tout cas, rien ne serait facile comme d’en pratiquer la ligature.

b. Pansement. La plaie est réunie par première intention , et les chairs maintenues en contact à l'aide de charpie et de compresses graduées; d’ailleurs la paume de la main, étant ellemême assez bien garnie, concourt à conserver le pouce dans la position indiquée.

c. Résultats. Proposée par Troccon , cette opération a été pratiquée par M. Roux sur un tailleur qui , une fois la guérison survenue, put continuer sa profession ; celle opération a aussi été faite avec succès par M. Blandin. Il va sans dire que, immédiatement après l’opération , le doigt se trouve raccourci, et que ce n’est que peu à peu qu’il reprend scs fonctions.

A ce sujet rappelons que M. Velpeau parle d’une personne dont la pre-

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mi ère phalange, ayant été alteinte de nécrose, disparut peu à peu par fragments , et chez laquelle pourtant les mouvements du pouce étaient conservés (t. ii, ouvr. cité, page 686).

§ III. De la résection des os métacarpiens du milieu.

Manuel opératoire. Pratiquée sur le cadavre , cette opération ne présente réellement pas beaucoup de difficultés pour qui a des connaissances en anatomie. M Dietz, d'ailleurs, y a eu recours avec avantage, puisque son malade a conservé l’index. — A cet effet une incision , étendue de l’extrémité carpienne du côté malade à quatorze millimètres (un demi-pouce) au-devant de l’articulation métacarpo-phalangienne, est pratiquée sur la région dorsale, en ayant soin de ne pas entamer le tendon extenseur. — Les parties molles une fois isolées avec précaution , l’opérateur cherche à diviser avec la pointe le l’instrument les divers liens qui unissent les surfaces articulaires: en évitant le léser les tendons des doigts correspondants. — i\l Blandin , au lieu de rommencer par l'articulation carpienne, Préfère mettre à découvert d’abord les surfaces métacarpo-phalangiennes. — A notre avis il y a peu d’avantages à en igir ainsi : l’extraction complète des os Métacarpiens du milieu , nous parait l'ailleurs une opération encore un peu lasardée. La résection partielle, ainsi pie l’a pratiquée M. Textor pour l’exremité articulaire antérieure du troilème métacarpien, nous paraît sans conrcdil bien préférable.— Une fois en effet os mis à nu par la face dorsale, les iseaux de M. Liston permettent d’en pérer aisément la résection.

l extraction du cinquième métacarpien.

Luc fois 1 extraction du pouce opérée iccsuccès, rien n’était plus naturel, plus 'gique pour ainsi dire, que de songer à u faire l'application au cinquième os du clacaipe. Toutefois, l’utilité des deux garnis étant loin d’être la même, on uiçoit que beaucoup de praticiens, et au? ’Omines de ce nombre , préfèrent, raison du peu d'importance du doigt nie i .me , recourir a l’amputation du Jigi metarcarpien correspondant. Quoi

qu’il en soit; comme il serait possible qu’on fut tenté d’en pratiquer la résection, nous allons décrire le procédé qui s’y rattache.

Manuel opératoire. Une incision, étendue de la région carpienne cubitale au milieu de la région correspondante du petit doigt , devrait être pratiquée dans la région dorsale , de manière à isoler les parties molles , à éloigner les tendons , et à mettre à nu les surfaces osseuses. Une fois les chairs dirigées du côté radial, le tendon du cubital antérieur et les divers trousseaux fibreux de l’articulation seraient divisés; et, l’articulation une fois ouverte, un bistouri serait glissé a plat jusqu’auprès de l’articulation métacarpo-phalangienne , qu’on ouvrirait à son tour en respectant avec soin les tendons environnants.

§ Y. De la résection des os du carpe.

Ast. Cooper a, dit-on, extrait le scaphoïde à la suite d’une- luxation et a conseillé d'en agir ainsi, au cas échéant, pour un ou plusieurs os de cette région. M. Velpeau a également enlevé l’os crochu et les deux métacarpiens en coupant leurs attaches dorsales , et en glissant une spatule dans les intervalles articulaires. Mais ces cas sont tout à fait insolites et ne demandent point de descriptions particulières. Aussi terminerons-nous ici tout ce que nous avions à dire sur les résections des os de la main.

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