DE DA RÉSECTION DU SCAPULUM
La résection des quelques parties de l’omoplate a été pratiquée plusieurs fois
(1) Lettre autographe de Vernet, ancien chirurgien en chef des armées.
Bayeux, 1816.
(2) Clinique de Montpellier.
(3) Dissert, sur la résection de la tête de l’humérus, 1814, p. 9.
(4) Gazette méd., t. vi, p. 425, 1838.
(5) Essai sur la résection, p. 18, ouvr. cité.
(G) Ouvr. cité, p- 164.
(7) Ouvr. cité, n° 52.
(8) Edimb. mcd. and surg., t. xvm, p. G2.
(9) Mélanges de cliir. et de phys., p. 240, 1809.
(10) Démonstr. des principales opérations chirurgicales, p. 178.
(11) Ouvr. cité, p. 58.
DE MÉDECINE
avec succès. Ainsi M. Larrey et Ilunt ont eu occasion d’enlever les apophyses coracoïdes acromiales, ou une partie de la cavité glénoïde ; et cette opération a paru offrir assez peu de gravité à M. Manec , pour qu’il n’ait pas hésité à conseiller de réséquer constamment Tacromion dans la désarticulation du bras. — Du reste celte ablation a été également pratiquée par Faure (1) , Laisné (2) et Frater , blâmée par bain. Cooper (3) , et plus récemment par M. Godard de Versailles (4). D’aulres chirurgiens ont eu occasion d enlever soit le corps ou toute autre portion du scapulum. En pareille circonstance , Ganson (5) s’y est pris do la manière suivante pour extraire le corps meme de l’épaule. Deux incisions semi— elliptiques furent d'abord pratiquées sur la tumeur (il s’agissait d’une tumeur dégénérée du pouls de quatre kilogrammes), puis les deux lèvres renversées ensuite sur leur face externe : la masse pathologique ainsi mise à nu fut isolée jusqu’à la fosse sous-scapulaire ; malheureusement, au moment oh l’opérateur la souleva pour la diriger en avant , elle se ruptura vers la partie moyenne , et la moitié externe put seule être extraite.
Les muscles trapèze, sus- et sous- épineux ayant été coupés à leurs attaches au scapulum, on reconnut que la portion supérieure située au delà de l’épine était saine, et l’opérateur s’empressa de scier l’épaule sur ce point de manière à conserver l’articulation scapulo-humérale. Une dernière incision oblique de bas en haut, d’arrière en avant et de dehors en dedans, mit le reste de la tumeur à découvert , la dissection en fut faite avec soin ; et quelques légères tractions pratiquées avec prudence , suffirent pour en obtenir la séparation complète. — Les vaisseaux une fois liés , on s’empressa de tamponner le fond de l’aisselle; puis , les lèvres de la plaie furent rapprochées et maintenues avec des bandelettes agglulinatives.
Telle était du reste l’étendue de la plaie
(1) Acad, de chir., t. vi, p. 114.
(2) Journ. général de médecine, t. vin, P- 401.
(3) Dict. de chir., t. î, p. 92.
(4) A nnales de chirurgie française et étrangère, janvier 1842.
(5) Archives générales de médecine,
L xii, p. 414.
qu’elle avait transversalement seize centimètres et vingt-cinq* centimètres de haut en bas. — Le succès couronna la tentative assez heureusement pour que les mouvements du bras sur la cavité glénoïde fussent conservés (l). — L) autres lésions plus graves encore ont été suivies de guérison. Les Mémoires de l’Académie de chirurgie (2) contiennent le fait de Despeletles, qui a vu la plus grande partie de l’épaule emportée par un coup de feu; la guérison eut lieu, bien qu’il ne restât que Vntigle antérieur du scapulum. On trouve dans Sam. Cooper (3) un autre exemple encore plus remarquable, le poumon et le péricarde étaient à découvert ; et Ravaton (4) fait mention d’une observation dans laquelle plus des deux tiers inférieurs de l’omoplate auraient été brisés par un coup de feu , et se seraient séparés successivement. Le trépan a aussi été appliqué à l’omoplate avec succès, par*Marschal et Celse , au dire de Sprengel ; et Slrommeyer et Champion ont enlevé l’angle inférieur du scapulum , et Iiaymann la majeure partie pour un ostéo-sarcome. — Dans l’observation de M. Godard, dont j’ai parlé plus haut, ce chirurgien a fait aussi usage du, trépan. — Enfin on trouve dans 1 ' Examinateur médical du S août 1842, une observation plus remarquable encore.