‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 151 sur 656 · DE LA RÉSECTION DE LA CLAVICULE · texte numérisé non relu

DE LA RÉSECTION DE LA CLAVICULE

Peu d’os ont des rapports plus importants que la clavicule , à raison des troncs veineux et artériels qui se rencontrent dans le voisinage et qui exposent à des accidents graves; ainsi, les veines jugulaires internes et externes, la veine et l’artère sous-clavière, les différents nerfs du plexus brachial, et du côté gauche le canal thoracique , peuvent donner naissance , par leur lésion, ou à des hémorrhagies prompte-

(1) Archives générales de médecine > t. xii, p. 414.

(2) T. ni, p. H4.

(3) Dict- de chir. pratique, t. i, p. 92.

(4) Le chir. d’armée, p. 249, obs. 52, 17(38.

züU

TRAITÉ

ment mortelles , ou à la paralysie des membres supérieurs, ou à l’introduction de l’air dans les veines. — Si, aux difficultés qui naissent du voisinage de ces parties importantes , on ajoute que des muscles nombreux et d’un volume assez considérable viennent s’insérer sur les bords de cet os , tels que le sternomastoïdien , une portion du trapèze, du deltoïde et du grand pectoral , on comprend mieux encore le danger qu’il y a à en pratiquer la résection , nonobstant certains faits pathologiques propres à encourager les chirurgiens dans de pareilles tentatives. Ainsi l'enlèvement du séquestre du corps de cet os par Dangerville (1), celui que l'on doit à Bayer (2), à Otto de Weissenpels (3), sont des exemples qui justifient sans contredit les tentatives faites par Pezoldi (4) , et Kuhn (5) , et Textor , sans que pourtant un pareil succès diminue en rien la gravité de l’opération nécessitée d’habitude soit p«r des fractures comminutives , à la suite de plaies par armes à feu , soit par des affections graves de l’os lui-même.

§ Ier. Resection de 1‘ extrémité acromiale.

M. Velpeau y a eu recours en 1828, pour une nécrose du tiers externe de la clavicule ; et après avoir pratiqué une incision cruciale dont les deux branches avaient environ onze centimètres il disséqua les lambeaux qui en résultaient et les lit tenir renversés par un aide, pendant qu’il divisait les ligaments acromio-claviculaires et quelques faisceaux d’origine du trapèze et du deltoïde.

Enfonçant ensuite une plaque de bois dans l’articulation, il s'en servit comme d’un levier pour soulever l’os et le détacher des parties saines. — Peut-être, et tel est notre avis à cet égard , vaudrait-il mieux en pareille circonstance faire usage de la scie en crêle de coq, mais surtout de l’ostéotome de M. Heine ;

(1) Mémoires de l’Acad. de chir., t. v, in-8°, p. 217.

(2) Mém. de l’Acad. de Toulouse, t. i,

(5) Gazetlc médicale pour l’Allemagne,

(4) Obs. méd.-chir., p. 126.

(5) Deexosiosi selitomatodo claviculæ.

Dantzick, 1752.

cet instrument serait surtout à préférer dans le cas où la portion osseuse serait située profondément : la scie à chaîne à son défaut pourrait être avantageusement aussi employée, car, une fois passée derrière la clavicule, on la ferait agir en pleine sécurité d’arrière en avant.

— Enfin, si l’os seul était malade et les parties molles non altérées, on pourrait recourir à une incision en L qui permettrait alors de meltre complètement à nu la portion malade , et d’appliquer la scie sur la partie saine, sauf à enlever ensuite le fragment avec de fortes pinces ou un élévatoire. La scie à molette ou les sécateurs de M. Liston , mais avant tout l’ostéotome de M. Heine , devraient être employés , afin d’agir sûrement et de simplifier l’opération.

Page 1