DE LA RÉSECTION DES MEMBRES ABDOMINAUX
Nous avons déjà eu l’occasion de l’exprimer ailleurs , et nous nous faisons un devoir de le répéter en ce moment : autant les résections sont avantageuses aux membres supérieurs, à raison de l’importance des parties conservées , et des services qu’elles peuvent rendre encore à 1 individu, autant elles le sont peu en général aux extrémités inférieures, à raison même de la presque impossibilité de faire servir les parties restantes aux
TRAITÉ
fonctions auxquelles la nature a destiné les membres inférieurs. Cependant, ainsi qu’on le verra dans les articles qui vont suivre, la résection de ces extrémités a été pratiquée un assez grand nombre de fois, et il est plus d’un praticien qui préfère encore y avoir recours plutôt que de mutiler les individus par l’amputation.
ART Ier. — DE LA RESECTION DU NED.
Nous avons dit ailleurs les avantages que présente la résection des os qui composent le pied et la main, et nous avons décrit, pour ainsi dire, alors tout ce qui se rattache aux opérations de cette nature appliquées à la partie inférieure du membre abdominal : aussi pourrionsnous, à la rigueur, passer immédiatement à la description des procédés relatifs à l’extraction partielle des surfaces articulaires des os de celle région; mais nous sommes bien aise, auparavant, d’emprunter le passage suivant à la partie chirurgicale de l’Encyclopédie méthodique , afin d’édifier cerlains écrivains disposés à penser que rien de précis n’avait été indiqué par nos devanciers touchant les résections.
« Il faudrait établir comme règle gejj né raie ( y est-il dit l. I, p. 107) qu’ou » ne doit jamais amputer d'autres parties » que celles qui sont dans un état de » maladie, lors même qu’il ne resterait » dans tout le pied que deux os sains ; j) car, avec le secours d’un soulier bien » garni et dont la semelle est lorte , une 3) très-petite partie du pied peut être 3> fort utile, particulièrement, quand ce » sont les os du côlé interne qui demeu- » rent, c’est-à-dire, ceux qui corres- 33 pondentaux grosorteilselceuxquisont 3) les plus voisins de ceux-ci.
33 Si le mal se trouve dans le milieu )3 du pied , les os du métatarse de cha- 33 que côté étant en bon état, il ne faut 3) pas toucher à ceux-ci, on se contentera 33 d’enlever les os affectés, en les sépa- » rant dans leur jointure, soit que le mal 33 s’étende dans toute leur substance , » soit qu’il n’en ait attaqué qu’une por- » lion; car, quoiqu’il ne fut pas impos- >3 sible d’imaginer des instruments au 33 moyen desquels on put couper en tra- » vers un seul os dans lé milieu du pied, 33 cette opération serait beaucoup plus 33 longue et beaucoup plus douloureuse » que l’incision d’un os faite dans ses join- 33 tures, il n’y aurait d’ailleurs pas grand 33 avantage à espérer de ce que l’on en
» conserverait une extrémité. Mais Iors- » qu il y a un , ou deux , ou trois os af- 33 fecles àl un ouàl autre pied ; comme il 33 convient de sauver le plus que l’on 33 peut de cet organe, il faut tâcher de 33 scier les os dans un endroit sain , et le 3) plus voisin qu’il sera possible de leur 3) partie malade. »
§ I". Re'sectionclu premier métatarsien.
Une question importante surgit à propos de la résection du premier métatarsien, il s'agit de savôir en effet s’il ne vaut pas mieux recourir à l’amputation de cet os qu’à son extraction partielle.
On a dit, il est vrai, que, quand cet os était enlevé en totalité, le pied avait une tendance extrême à se renverser; mais il se pourrait aussi qu’ici, comme en beaucoup d’autres choses, on eût pris l’exception pour la règle. Ce qu’il y a de positif c’est que j’ai amputé le premier métatarsien sans qu’aucun accident soit survenu, et sans qu'à aucune époque le pied ait eu quelque tendance à se renverser. M. Velpeau avoue lui-même y avoir eu recours avec un plein succès, et avoir vu un assez grand nombre de faits analogues. D’où il suit qu’avant de rien conclure d 'absolu , à cet égard , il