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III. Articulations supplémentaires

Le 22 novembre 1826, M. R. Barton, [tour remédiera une ankylosé incurable

de la cuisse, le fémur étant fléchi à angle droit, et le bassin et le genou étant tournés dans la rotation en dedans, eut recours à l’opération suivante. Lne incision cruciale fut pratiquée d’abord sur le grand trochanter ; puis le col du fémur isolé en devant et en arrière, de façon à pouvoir aisément le contourner avec les doigts et le scier ensuite eu intéressant la partie supérieure du grand trochanter. La plaie fut ensuite réunie à l’aide de la suture et placée dans l’appareil à extension de Desault, la cuisse étant dans l’extension et ramenée en dehors. Deux moissuftirenl pour la cicatrisation ; mais à partir du vingtième jour on fit exécuter des mouvements à la partie, et ces mouvements persistèrent pendant six ans. Au bout de ce temps la nouvelle articulation s’ankylosa à son tour, et, le sujet adonné à l’ivrognerie ayant succombé, on constata, à l’autopsie, que 1< s deux bouts de l’os s’étaient primitivement moulés en partie l’un sur l’autre; que le bout mobile s’était arrondi et émoussé, tandis que celui du côté opposé s’était creusé en s’élargissant un peu : les muscles eux-mêmes s’étaient façonnés à cette articulation de fraîche date, toutes circonstances qui rendaient parfaitement comple des fonctions dont elle avait joui pendant plus d’un lustre.

Quatre ans plus tard M. Rodgers de New -York a pratiqué une opération analogue : cette lois des accidents graves survinrent dès les premièrs jours ; mais le malade les ayant surmontés, il avait été complètement guéri et vivait encore en 1840. — Un nouveau succès a été obtenu depuis par M. le docteur Kearney , sur un malade âgé de 47 ans, dont le fémur avait été fracturé à la partie moyenne, et la hanche du même côté fortement contusionnée. — L’ankylose était complète , et le malade, quand il marchait, avait les genoux écartés par un espaêe de (deux pouces) cinq centimètres six millimètres. Assisté des docteurs Mots, Déplions et Ghuesmun, M. Kearney pratiqua une incision de (six pouces) un décimètre six centimètres sept millimètres sur le fémur, à partir du grand trochanter, puis une autre qui, de la partie antérieure, vint rejoindre la première à lu partie moyenne. Les parties molles une lois détachées avec facilité, M. Kearney put aisément glisser ses doigts autour de l’os immédiatement au-dessous du petit trochanter; puis, avec la scie à chaîne, il essaya de diviser l’os : mais

TRAITÉ

■cette scie s’éfant brisée, il se servit alors <le celle inventée par le docteur Barton. Cette première section opérée, il devint facile de donner au membre une position parallèle à celle de la cuisse droite... Une seconde section fut pratiquée, et une portion cunéiforme du fémur d’une épaisseur de six lignes à la partie extérieure et de neuf lignes au voisinage du petit trochanter enlevée. La plaie fut pansée avec des bandelettes agglutinatives et de la charpie, et un bandage convenable fut appliqué par-dessus. Au Ier mars la cicatrisation était complète, et le malade put marcher à l’aide de béquilles. Deux ans après il marchait avec une canne et pouvait mettre le membre dans la rotation en dehors et en dedans, et le fléchir presque à angle droit. (American Journal of medical sciences, n° 50,, février 1840.) — A Dieu ne plaise pourtant que nous considérions ces deux exemples de guérison comme un motif suffisant pour engager les praticiens à imiter une pareille conduite : en vain M. Velpeau invoque en sa faveur les exemples dans lesquels on a vu des articulations accidentelles donner lieu en grande partie au rétablissement des mouvements des membres auxquels elles appartenaient; en vain M. Larrey raconte, au dire de M. Caron (Thèses de Paris, 1820, n° 83), l'histoire d’un malade qui, bien qu’atteint d’une fausse articulation delà cuisse par suite de fracture, n’en marchait pas moins facilement et sans béquilles; en vain M.Sanson parle d’un cas semblable, en vain M. Velpeau a cité l’observation d’une femme qui à l’aide d’une simple canne cheminait malgré cela, nonobstant une fausse articulation vers le milieu du fémur; en vain Saltzmann parle d’un tailleur qui, nonobstant une pseudarthrose du milieu de la cuisse, ne boitait que par raccourcissement (Reisessen, Thèse pour le doctorat, De arlicul. analog., cap. n , §5); en vain Sue mentionne un fait analogue ( Mémoire sur quelques maladies des os, 1703 ) , il n’en reste pas moins vrai que cette opération nous semble, contradictoirement à l'opinion de M. Velpeau (ouv. cilé, t. n, p. 599), des plus dangereuses, et que nous n’en conseillons l’emploi qu'autant qu’il y a pour le malade des inconvénients tels que la vie en devienne pour ainsi dire insupportable.

y lux doigts, par exemple, serait-ce, en conscience, la peine d’y recourir pour

une perle des mouvements des phalanges, croit-on qu’on pourrait sans inconvénient grave essayer d'établir une articulation artificielle? J'en dis autant du coude, et aux membres inférieurs, dans la grande majorité des cas, pour ne pas dire dans tous, le remède serait souvent pire que le mal, à raison de la crainte de voir la maladie s’emparer de l’articulation nouvelle, indépendamment des mécomptes que peut offrir l’établissement de cette dernière.

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