‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 181 sur 656 · ART. III. EXAMEN DES RESULTATS OBTE · texte numérisé non relu

ART. III. EXAMEN DES RESULTATS OBTE

NUS A LA SUITE DES DIVERS MOYENS EM- PLOYES POUR GUÉRIR LES PIEDS-BOTS.

Si personne, grâce au grand nombre de guérisons obtenues, ne met de nos jours en doute l’efficacité de la ténotomie appliquée au traitement des piedsbots , peut-être est-il vrai de dire pourtant que les travaux publiés à cet égard ne sont pas de nature à satisfaire complètement le praticien jaloux de m'entreprendre aucune opération sans connaître d’avance exactement les chances de succès qu’elle peut offrir; et il est malheureusement vrai de dire que pour la cure des pieds-bots comme pour celle de beaucoup d’autres infirmités ou de maladies, les succès seuls ont été publiés. Il eut été pourtant non moins important de ‘connaître les revers, et surtout de chercher à en déterminer la cause; afin de mettre les praticiens à même d’éviter à l’uvenir de tenter la guérison des cas qui ne se présentent pas avec des conditions de succès suffisantes. Aussi laut-il féliciter sincèrement IVI. Bonnet de Lyon d’être entré dans une autre voie et d’avoir mis le ecteur a même de juger entièrement de la valeur de l’opération nouvelle, relativement aux chances de succès qu’elle prescrite.

Félicitons surtout M. Bonnet d’avc poussé le scrupule au point de disii

*es cas ^,,ns lesquels pted étant revenu à sa conformation no oale a recouvré ses fonctions d’avec eei étTJ.eS2rel\l.i' C0nf0rmalion seule a vu

reil Lï J “! Jl ser;"1 désirer qu’un pi exemple trouvât des imitateurs poi

toutes les autres questions relatives à la chirurgie opérante. — La science y .gagnerait, sans contredit, beaucoup, et la considération de ceux qui en sont les interprètes s’en trouverait rehaussée.

§ Ier Jlésul'a/s pratiques obtenus à la suite du traitement du pied bol poplité interne au premier degr e’.

La section du tendon d'Achille suffit pour obtenir la cure de cette difformité, mais il s’en faut que, une fois l’opération pratiquée, le membre reprenne immédiatement sa forme normale. Bien souvent, en effet, on est obligé d’avoir recours à l'emploi des machines, mais aussi est-il vrai de dire que, dans ces cas, la guérison est non-seulement passible chez l’enfant et l'adolescent, mais encore, ainsi que nous avons été assez heureux pour l’obtenir, chez des sujets de vingt-cinq à trente ans. — Du reste on ne saurait attacher trop d'importance àdisfinguer les casdans lesquels le retour du membre est suivi en même temps du rétablissement des fonctions , car il n’y a guérison, à notre sens, qu’aulant que les modifications obtenues portent à la fois et sur l’ordre physiologique et sur I ordre anatomique. — Maintenant reste à indiquer d où naissent les obùaclts au rétablissement des fonctions quand le membre n’a repris que sa forme normale : viennent ils des muscles postérieur non divisés ou de la disposition des surfaces osseuses? C’est là, il faut en convenir, une question difficile à résoudre? seulement il est facile de constater que la douleur se fait senlir pendant le redressement non au niveau de la section du tendon, mais au-devant de 1 articulation de la jambe avec le pied et par 'conséquent là où s'exerce la pression des surlaces osseuses qui doivent se replacer dans des rapports naturels. — gUoi qu’il en soit, le redressement du pied s'obtient d'habitdde du dixième au quinzième jour chez les malades de plus de douze à quinze ans; mais le retour des lonctions du membre n apparaît guère avant le second mois et lu marche ne se fait avec quelque facilite qu’au bout de six à sept semaines : tandis que dans le jeune âge ce résultat

est presque immédiat.

II Des résultats pratiques obtenus a ta suite du traitement du deuxième degré du pied but interne.

Ua section du court fléchisseur des

TRAITÉ

orteils et celle de l’aponévrose plantaire doivent êire ajoutées pour ce ge re de difformités à la section du tendon d’Achille, et encore n'uhlient-on souvent que des résultats incomplets. Il est difficile en effet de ramener le talon à sa forme normale par la section du tendon d'Achille et l'opération ne procure d'habitude qu'une amélioration peu sensible dans l i forme du pied, à moins toutefois qu’il ne s’agisse d'individus jeunes encore (douze a quinze ans) ; passé cet âge , il est rare, nonobstant tout ce qu’on peut mettre en usage, de faire disparaître la courbure anlero-postérieure : qu'on se garde cependant d’y voir une contreindication aux opérations , car, pour ne pas être complète, l'amélioration n’en est pus moins très-sensible.

§ III. Des résultats pratiques obtenus à la suite du traitement des troisième et quatrième degrés du pied-bot interne.

La guérison du pied-bot poplité interne .alors que les déplacements sont peu étendus, peut être obtenue asstz aisément par la section du tendon d’Achille, et cela même chez des personnes âgées de vingt a vingt cinq ans; mais lorsque l’adduction ou la flexion de bavai t-pied sur l’arrière-pied a une certaine étendue on ne saurait se borner à cette simple section, à moinsqu’un n'opère dès les | reinieres années qui suivent la naissance. Passé en elle! l’âge de Irois ou quatre ans on ne peut s’empêcher d’agir et sur l’a jionév rose plantaire, et sur 1 adducteur du gros orteil , et sur le jamhier postérieur: et encore faut il, pour parvenir a faire marcher le malade sur le pied, qu’il soi! âgé de moins de quinze ans; car si le développement en hauteur est terminé ou à peu près achevé , ou n’ohiieui alors qu'un résultat si incomplet, et a l’aide d’uu traitement si long, que nous n’aurions peut-être pas le courage de conseiller l'opération aux personnes atteintes de pieds aussi dillbrines. — Ainsi , pour le troisième degré, surtout quand les déplacements sont peu é:eudus, il faut opérer sans crainte et promptement ; mais pour le quatrième degré, quand le pied est bien difforme, peut être est il sage de ne rien entreprendre après le développement en hauteur : deux ou trois mois sont do reste nécessaires, même dans les cas heureux, pour mener à bien une pareille guérison.

§ IV. Des résultats pratiques obtenus

a la suite du tru item-- u t du cinquième dejré du pied-bol poplité interne.

Les sections du tendon d'Achille, du jamhier postérieur, des fléchisseurs des orteils et de tous les muscles de la plante du pied suffisent à peine pour obtenir un résultat avantageux q land le malade est âge de plus de quinze ans Et quand, plus tard , ou arrive à faire cesser l’adduction de I avant— pied et à diminuer l'élévation du talon , on ne peut cependant parvenir à aplatir le pied et a relever Le q iialrièuie el le cinquième métatarsien. Fuis, si, pour saisir toute la partie (le pie l), un s’avise d’exercer une constriction circulaire, on voil tout aussitôt se rapprocher les os du métatarse el s’accroître par conséquent la difformité ; de teile soit qu’au peu d’efficacité de- sections vient s’ajouter la difficulté de faire usage des moyens mécaniques : aussi ceux qui n’ont jamais pratiqué la ténotomie doivent-ils se g rder de commencer par opérer bs difformités du quatrième et du cinquième degré, car il y aurait souvent de quoi les faire renoncer à jamais a son usage. — M. Guérin dit en avoir essayé plusieurs fois dans ces cas. mais sans résultat avantageux. Car jamais il n’a pu faire cesser l'enroulement transversal du pied et le renversement en dedans, de telle sorte, pour nous servir de ses expressions, a qu'âpres avoir lait à chaque pied huit » ou dix sections, prolonge le traitement » pendant deux ou trois mots, en com- « binant les machines, les massages,

» les fumigation- avec les sections lendi- » lieuses cl musculaires, il n a pu arriver i> a laite marcher les in lividus sur la » plante du pied. Examines dans le lit,

» ils paraissaient avoir beaucoup gagné » à l'opération ; mais, comme on ne les ;

» avait pas amenés au point de faire que « le [ited ne reposât sur le sol que par sai » face inférieure, celui-ci, au heu de « s’améliorer par la marche comme on le » voit toujours quand les malades ces — » sent d appuyer sur le bord externe ou: » sur le dos du pied, a épris graduelle-- >i nu- ni sa |ir. mière forme vicieuse ( 1 )- — Du reste un résultat aussi désavan — i lageux n’elotiiie p,.s M. Guérin, qui,, ainsi que nous l’avons déjà dit, a eu OC*-

(t) Bonnet, ouvr. cité, p. 539-540.

DE MEDECINE OPERATOIRE.

casion de faire l’autopsie d’un pied bot po -1 i I é interne chez un homme âgé de trente-sept ans chez lequel, on l'a vu, il fui impossible, même après l'enlèvement de tous les muscles et de tous les tendons, de redresser le pied; les ligaments et les os étant seuls conservés (1).

« En definitive donc, jusqu’à l'âge de « dix à quinze ans il n’est pour ainsi dire pas d’espèces de 'pied-bot qu’on » ne puisse espérer de gué ir à l’aide «des di'ers moyens que nous avons " préconisés ; mais passé celte époque » les pieds-bols du premier, du deuxiè- » me et du t oisième degré sont les seuls » dont on puisse tinter la guérison avec » chance de succès. Aussi, ne saurait-on » trop le répéter , c’est dès le plus jeune » âge qu’il convient de recou ir à la té- » uotomie : alors, en effet, tes O'gines » reprennent si aisément leur-, formes a et recouvrent si f,.cil ment leurs fonc- » lions que l'emploi des machines suffit » parlois pour old nir la guérison coin- » plète de la difformité. »

§ \. De s resu! lait pratiques à la suite du tr i lL ment du pied bot popiite externe.

On sait combien sont rares les difformités de c-lle nature; aussi nous serat-il impo sible de formuler noire pensée a l 'égard de celle affection , ainsi qu’il nous a été permis de le faire pour les différentes vanelés de pied-bol interne.

Il nous sera également impos-ible de rien préciser relativement a la section des péroniers latéraux pratiquée dans le but de remédier aux pieds-plats, et nous le regreltons vivement, à rai-nn du jour que jetterait sur la théorie de VI. Bonne! une p ueil e opération : en retour, celle section a été appliquée au renversement des pieds en dehors et à leur aplatissement accompagnés de douleur au-d<ssus de la malléole pendant la marche et, a en croire M. Bonnet, les résultats auraient été avantageux ; mais de l’aveu de l'auteur, le renversement du pied en dehors était si peu prononcé qu’il fallait y regarder de près pour s’en assurer.

1 uiijours est-il que, dans lesd.uxoü ervations rapportées dans le tr.nlé des section, tendineuses, l'amélioration ne

fut pas douteuse (1). — Mais qn’on se garde de penser que le renversement en dehors soit plus prononcé, les résultats soient plus favorables : quand ces ienver-ements . en effet, s'accompagnent d’une flexion du pied sur la jambe et d’un redressement de ces organes d’avant en arriè-e, ces ligaments alors sont très-relâchés ; à tel point même que la malléole paraît déjetée en dehors, et, lorsqu on est parvenu à opérer un certain redressement, les efforts de la pression du jiied sur le sol tendent à reproduire la difformité. Aussi notre opinion est-elle absolue à cet egard comme pour le cinquième d. gré du pied-bot pnpiité interne. En pareille circonstance, il est prudent de s'abstenir.

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