MACHOIRES
Quand les mâchoires sont trbs-’approchées l'une de l’autre, il n’est guère possible, souvent de faire passer dans l’intervalle qui les sépare que des bouillies liquides ; et à cet inconvénient majeur il faut ajouter , pour ceux qui en sont atteints, une plus ou moins grande difficulté de parole : les sons ne pouvant se produire convenablement eu égard à Vint possibilité d’imprimer à la bouche les divers degrés d’ouverture qu’elle présente dans l’état normal. — Des causes diverses peuvent donner lieu a ce resserrement permanent de la mâchoire inférieure : 1° l’ankylose de l’articulation temporo - maxillaire soit que, survenue à la suite d’une maladie des surfaces articulaires ou d’une rétraction musculaire, elle soit complète ou incomplète , maladie heureusement, du reste, a-sez rare, rien n’élant, en effet, moins commun que les tumeurs blanches de celle articulation, à raison sans doute des mouvements fréquents des surfaces articulaires. Toutefois le fait peut se présenter, ainsi que l’atteste la pièce présentée par M. A. Bérard a la société anatomique (4). Une diathèse particulière envahissant i on tes les articulations peut au-si donner lieu à l’ankylose de la mâchoire inférieure, ainsi que le démontrent les faits observés par Samuel Cooper, Larrey de Toulouse , Percy, Olivier et par nous-même ; mais ce n’est
(1) Ouvr. cité, p. 143, pl. vin , (ig. 1.
(2) Traité d’opérations nouvelles, et inventions mécaniques, 1814, in-8° avec figures.
(3) E. Chnssaîgnac, De l’appréciation des appareils orthopédiques. Paris, 1841,
(4) Ourr. cité, p. 605.
TRAITE
pas de l’hisloire de ces causes qu’il faut nous occuper en ce moment : de pareilles recherches appartiennent en effet a l'histoire des maladies désarticulations, et nou- ne nous occupons en ce moment que de celle des sections tendineuses et musculaires. Or exisie-t il des cas d. ns lesquels le resserrement des mâchoires se trouve déterminé par la rétraction des muscles temporaux et masseters? M. Bonnet dit avoir eu occasion d’observer un cas dans lequel cette rétraction n’était due ni à une maladie nervruse, ni à une cicatrice fibreuse succédant à une plaie de ces organes musculaires, mais bien à la résorption d’une tumeur située en dedans de l’arcade zygomatique. La mâchoire inférieure se trouvait dans une élévation permanente et forcée qui oblitérait entièrement l’ouverture de la bouche et, pour y remédier, M. Bonnet n’a voulu «i imiter Pccy, qui , dans une. circonstance analogue, arracha deux dents, ni JV1. Barton de Philadelphie, qui n'hésita pas à coup r les deux con I y tes de la mâchoire inférieure et à créer une articulation artificielle, ainsi que l’a proposé M. A- Bérard En partisan éclairé delà ténotomie, M. Bonnet a pensé qu une fois les moyens mécaniques les plus convenables, tels que l'introduction des éponges entre les mâchoires, le ressort à deux branches de M. Millet, essayés vainement; mieux valait, plutôt que d’abandonner entièrement le malade , recourir a la section des muscles temporaux ou masseters : le muscle plérygoïdien interne, bien que concourant avec eux à i’élév itiou de la mâchoire, devant céder néanmo ns à l’action de> moyens mécaniques, ainsi qu’on le voit dans l'équinisme, où la section du tendon d'Achille suffit seule pour produ re redressement, bien que tous les muscles de la partie postérieure de la jambe concourent à l’extension permanente du pied.
Maintenant lequel des muscles temporal on mas.scter convient il nneux de diviser? Au premier abord il semblerait que ce dût être le mas-eter et pourtant, en y réfléchissant, les inductions anatomiques indiquent de préférence la section du temporal, et empressons-nous d’ajouter d’ . illeurs que les expériences sur le cadavre confirment ces données et démoul rentrent en tnêm'' emps l'inutilité de la section du ptérygoïdieu interne. — Relativement ux inductions
anatomiques on comprend en effet que le mu-cle temporal, agissant sur un liras de levier beaucoup plus long que le muscle masseler et ayant se- fibres beaucoup plus longues et moins entremêlées de tissu fibreux, doit a«ir sur la mâchoire avec beaucoup plus d’avantages, et que dès lor- L doit concourir plus efficacement à l’élévation de la mâchoire lorsqu’on n'est obligé que d’avoir recours à la section d un seul muscle.
SECTION DU MASSETER.
Celte section ne peut avoir lieu dans les 4/50 inferieurs de cet organe, qui adhère dans toute son étendue a la branche de la mâchoire , à tel point, qu’à le supposer divisé dans tonte son étendue, ses deux extrémités retenues par leurs, insertions, ne pourraient s’écarlcr l’une de l’autre. La glande parotide le recouvre d'ailleurs dans les 4/o0 inférie irs.où il se trouve en rapport avec les diverses branches du nerf facial et le conduit de Stenon ; toutes parties qu’il importe extrêmement de ménager. C’est donc audess as ou au-dessous de l’arcade zygomatique qu'il faut agir. A cet effet on | prend un téuolome à lame très-résistante et de cinq à six centimètres de long et on l’enfonce immédiatement au-dessous du malaire et au-devant du muscle ma -se 1er ^ en ayatitsoin toutefois de faire la piqûre de la peau vis-à-vis la face interne du muscle. L'opérateur rencontre sur ce point, il est vrai, l’apophyse coronoïde, ce qui ne l’empêche pas d enfoncer l'instrument ju-qu’a ce que sa pointe arrive au-devant du condyle de la mâchoire ou derrière le muscle masse>er,donl le bord postérieur est facile à sentir; puis, tournant en dehors la lame i de l'instrument, il divise toutes 1rs fibres i qui le séparent de la peau. — Ou pourrait, si on le désirait, faire agir finslru- * ment des parties superficielles vers les parties profondes . mais nous aimons mieux procéder, pour notre pari, de de- |> dans en dehors ou d’arriere en avant. t’ — Au-dessus de l'arcade zygomatique, la section sous .cutanée offre aussi les conditions les plus favorables. Le mus- ", cle masseler ne se trouve, en elle! , par v. la surface externe, en contact ni avec >. la glande parotide, ni avec le conduit de j Su-non , ni avec le nerf facial; et par sa face interne il est séparé de la ma- 1 ; clioire par un tissu cellulaire adipeux dans lequel peut cheminer aisément i’iu- (
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strument. Enfin, le relief qu’il forme en avant servant à guider la main de l’opé rateur, ce dernier ne craint p,,s alors de léser un organe important , la carotide étant piotégéeen arrière par le col et le condyle de la mâchoire et à une d, stance de plus d'un centimètre.