DES DOIGTS
Les mouvements de la main ne s’exécutent dans toute leur perfection qu’autant que les tendons des doigts ont leur longueur ordinaire et qu’ils glissent dans leur gaine avec facililé; aussi est-il de la dernière importance de les réunir le plus exactement possible, de manière à obtenir une réunion par première inlention, et convient-il de se garder avec non moins de soin de compléter la section des tendons incomplètement divisés. Il y a quelques jours à peine, un sous-officier de zouaves se présente à moi avec la plupart des tendons de la région dorsale du carpe incomplètement divisés par une blessure reçue dans un combat singulier, en me demandant s’il devait suivre le conseil qui lui avait été donné par deux médecins civils d’Alger.
Je lui conseillai, on le pense bien, de n en rien faire et il guérit en moins de vingt jours a l’aide de la position et d’un simple bandage Les faits de cette nature, du reste, lou'millent dans la science; Maresehal fi), Heistér (2) Motl.e (3), A. Petit (4), Wagert (5); Cha.bert 6 Ledran (7). Arnaud (8), Champion, Velpeau (!)) en ont rapporté des exemples, etdans chacun de ces cas la position seule ouaidée des bandages, a suffi pour obtenir la guérison. — Et d’un autre côté, Mainard (10), Basterfll), Délaissé (12) Balthasar (13), Gensoul (i4), Robert de Chaumont (là) ont eu occasion d’employer la suture avec non moins d’avanage soit à la suite de lésion des ten-
(I) Maresehal, cité par Mondière. Archives génér. de méd., t. u, p. GO.
(-) De sutura tendinis in omnibus. Instit. de chir., t. n, p. -l 087.
(5) Mémoires de médec. et de chir
(4} Ancien Journal de méd. t xinr p. 449. ’
/ir- d,e m<îd- et de chir., p. 211.
((>) Obs. de chir. pratique, p. 215
(7) Consulf. de chir., p. 357.
(8) Dans Garengeot, t. m, p. 260.
L rr' C,lé’ *• "< P 508.
(10) IWornichen, 1. iv, p. 125.
(II) Méni. de Mondière, p 60 (l'2) Obs. de chir., p. t48
p. 142. AnC,e'1 J°Urnal dc m6d- C «V.U
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(l«») Velpeau, ouvr. cité, p. su.
TRAITÉ
dons fléchisseurs ou de celle des tendons extenseurs. La suture, du reste, ne doit être, à notre avis, appliquée à la région palmaire des doigts et même de la main, qu’autant que le tendon proémine à l’intérieur de la plaie, ou que les extrémités dégagées de la gaine ont une tendance extrême à s’écarter. — Ainsi donc :
1° rapprochement des lèvres de la plaie, flexion convenable du poignet et des doigts, puis application d’un bandage roulé, maintenu ou non par une attelle dorsale ou un coussin se prolongeant jusqu’à l’extrémité du métacarpe; 2° ou application d’une plaque de carton mouillée sur la surface dorsale de l’avant-bras, du poignet et des doigts, plaque qui devra être recourbée inférieurement et maintenue au besoin avec une bande trempée de dextrine et appliquée de manière, bien entendu, à laisser la plaie à découvert pour la panser quand il y aura lieu.