‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 213 sur 656 · DE LA SECTION DU MUSCLE URAND OBLIQUE · texte numérisé non relu

DE LA SECTION DU MUSCLE URAND OBLIQUE

Conseillée pour la guérison du strabisme en haut et en dedans, alors qu’on a divisé vainement le droit interne, la section du grand oblique a rencontré jusqu’à ce jour peu de partisans, et cela tient surtout aux dissidences survenues entre les auteurs touchant le rôle que joue cet organe dans les divers mouvements de l'œil. — Aussi, à en croire M.

Gairal (l), la section des insertions de la poulie de renvoi du muscle grand oblique, qui se trouve située à l’angle interne et supérieur du rebord orbitaire, serait surtout efficace dans le cas dont nous parlons : s’il en était ainsi, l’exécution en serait assez simple, car une simple ponction à la peau avec un ténotome permet de la terminer sans efforts, du moins sur le cadavre ; mais il importe d«i se rappeler que sur le sujet mort il n’est, pour ainsi dire, pas d’opérations difficiles, tandis qu’il n'en est souvent pas de même sur le vivant, où l’on agit au milieu du sang et des mouvements musculaires de la partie sur laquelle ou opère. — Nous croyons donc que celte opération peut offrir dans la pratique beaucoup plus de difficultés qu’on ne le pense généralement (2).

Quelques chirurgiens , partisans des nombreuses sections, ont eu recours à la section de la portion réfléchie du grand

(1) Gaz. des hôpitaux. 1840.

(2J Halgaigne, ouv. cité, p. 385.

oblique dans les strabismes en dedans et en haut, non suivie d’amélioration par la section du muscle droit interne; et, à cet effet, les uns se sont bornés à agrandir eu haut l'incision de la conjonctive et de l’albuginée, divisant ensuite le tissu adipeux jusqu’au moment où le muscle se montrait ; pois, passant derrière cet organe un crochet mousse assez fortement recourbé, la concavité de l’instrument, dirigée en haut et le divisant ensuite; d’autres, au contraire, ont préféré l'attaquer immédiatement avec des ciseaux, mais aucun ne s’est avisé de mettre à découvert son insertion scléroticale, qui se trouve au moins à 23 millimètres eu arrière du bord de la cornée. — Quel que soit, du reste, celui de ces moyens auquel on ail recours, on n’en cause pas moins un dégât assez considérable dans l’orbite; il paraît même que quelques opérateurs ont été assez maladroits pour couper le muscle sans s’en douter, et ne s’en sont aperçus qu’a près avoir vainement et longuement cherché après l’organe. Aussi, puisque rien n’est moins certain quel’ utilité de cet te section, le muscle, au dire de M. Bonnet, portant la co- née en bas et en dehors , sommesnous d'avis que, provisoirement, il est plus sage de s'en ab tenir, les succès obtenus par MM. Dieffenbach, Phillips, Amussat devant être attribués, d’après M. Bonnet (l), à ce que ces opérateurs ont été obliges d'isoler l’œil de la capsule dans une grande étendue, et de détruire par là tous la liens fibreux qui maintenaient le strabisme en dedans (2). — Qu’on n’oublie pas, du reste, si on se décide à diviser ce muscle, qu’il se termine en avant par un tendon cylindrique a (longé, qui commence à deux ou trois millimètres en arrière d’une poulie de réflexion qui s’attache à l’angle supérieur et interne de l’ouverture orbitaire, et qui se dirige, après sa réflexion, en bas, en arrière et en dehors, s’enroule ensuite autour de la partie supérieure du globe oculaire, et s’insère à son côté externe et supérieur; de plus, dans son trajet, ce tendon perce la capsule entre le droit supérieur et le droit interne, contracte avec elle des adhérences intimes, et a aussi deux portions, l’une extra-capsulaire et l’autre intra-capsulaire. La première glisse dans une gaine

(1) Bonnet, ouv. cité, p. 125.

(2) Ouv. cité, p. 126.

DE MÉDECINE

fibreuse dout la surface interne est tapissée par une membrane synoviale, et qui s’étend de la poulie cartilagineuse à la capsule ; la seconde est entourée d’une gaine qui lui est intimement adhérente et qui s’étend jusqu’au globe oculaire, auquel elle s’insère (l).

Quoi qu’il en soit, quand on veut découvrir le muscle droit externe il convient de se rapprocher du cul-de-sac de la conjonctive; car, en éloignant ainsi l’incision de la cornée, on arrive plus directemcftt sur le corps du muscle. Un autre soin à prendre est, relativement à la hauteur, de chercher l’organe immédiatement au-dessus de l’angle externe des paupières, et de pénétrer parce point dans la conjonctive et le fascia sous-conjonctival. Le muscle droit externe s’insère, d’ailleurs, il est bon de se le rappeler, à deux ou trois milliinèlres plus en arrière (2) que le droit interne et le droit inférieur.

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