DE LA SECTION DES MUSCLES DROIT SUPE- RIEUR ET DROIT INFÉRIEUR
Quelques auteurs, qu’on pourrait à bon droit appeler téméraires , pour ne pas dire plus, ont, dans l’espoir de remédier aux imperfections auxquelles avait donné lieu la section des muscles droit externe ou interne, conseillé de recourir à celle des muscles droit supérieur et inférieur. — Si on se décidait i jamais à tenter pareille opération, il importe de se rappeler que le droit supérieur s’insère à peu près à un centimètre de la cornée (3) ; tandis que le droit inférieur s’en rapproche beaucoup plus, puisqu’il n’en est guère distant que de cinq millimètres environ (4). — Chacun de ces muscles a, du reste, avec les paupières, des connexions qu’il importe de noter, car elles ne sont point indiquées dans les livres d’anatomie. Ces connexions sont d'ailleurs établies par l’intermédiaire de la capsule fibreuse -.ainsi, la gaine fibreuse du muscle droit supé-
(1) Bonnet, ouv. cité, p. 126.
(2) Ibid., p. 25. — Phillips, ouv. cité, p. 287.
(3) Bonnet, ouv. cité, p. 25.
(4) Ibid., p. 25. — C’est par erreur involontaire que M. Malgaigne (ouv. cilé, P- oSO) indique pour le droit supérieur
centimètres, et pour le droit inférieur '7 centimètres.
opératoire. 377
rieur se continue avec celle de l’élévateur de la paupière supérieure; de telle sorte qu’il existe une solidarité d’action très-intime entre ces deux muscles, à tel point même que sur le cadavre on ne saurait agir sur le droit supérieur sans entraîner en même temps les paupières en haut et en arrière. — Les rapports du muscle droit inférieur avec la paupière inférieure ne sont pas moins immédiats. La capsule fibreuse, en effet, après avoir fourni la gaine de cet organe forme ensuite un prolongement qui va s’adosser au cul -de sac de la conjonctive, et qui accompagne cette membrane en lui restant uni ; d'où il suit qu'il y a une connexion fort étroite entre le muscle abaisseur de la paupière inférieure par suite de la gaine fibreuse dont nous parlons.
Section du muscle droit supérieur. — Cette opération est assez difficile à exécuter, en raison de la tendance de la paupière supérieure à tomber sans cesse et à recouvrir ainsi le muscle qu’on veut diviser; aussi a-t-on déjà divisé, au lieu de ce muscle, le muscle grand oblique : pour éviter un semblable accident, il est bien de ne pas commencer par détacher la muqueuse en dehors En cherchant à faire passer le crochet mousse sous le muscle droit, on amène aisément, en effet, le tendon du trochléarié ; et, afin d’éviter cet écueil, il convient d’implanter une érigne double dans la partie supérieure de la sclérotique, et de tirer ensuite fortement en bas, de manière à faire sortir l'œil de dessous la paupière et de mettre à découvert le tendon d’attache du droit supérieur. — Les choses une fois ainsi disposées, ou agit alors avec tonie sécurité;. et le globe de l’œil ne tarde pas, au dire de M. Phillips (l), à reprendre sa position. — Ajoutons, avant de terminer ce qui a trait à la section du droit supérieur, que la dissection des tissus graisseux qui enveloppent le tendon du trochléarié ies prédispose singulièrement à l’inflammation.
Section du muscle droit injerieur. — Opération rare, attendu le peu de fréquence des strabismes inférieurs dans une direction franche ; elle s’exécute d’ailleurs de la manière suivante :
L’opérateur commence par abaisser la paupière inférieure et par soulever l’œil avec une érigne double; puis, après
(1) Ouv. cité, p. 292.
TRAITÉ
avoir ouvert la muqueuse transversalement, il introduit le crochet mousse île dedans en dehors, afin d’éviter le petit oblique, et, en tirant à soi le manche de l'instrument, il ramène le mu-cle sur le crochet, et le coupe à son attache à la sclérotique, ainsi que l’a fait avec succès Dielfenbaeh sur le nommé Ferdtnand- Godlibe Moscowitz (1).