‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 215 sur 656 · DE LA SECTION DU MUSCLE PETIT OBLIQUE · texte numérisé non relu

DE LA SECTION DU MUSCLE PETIT OBLIQUE

A en croire M. Bonnet (2), la section du muscle petit oblique aurait été faite par lui avec succès dans les cas de strabisme divergent non suivi de succès par la division du muscle droit interne. Nous ne parlons pas ici des avantages que le même auteur en a retirés dans la myopie, dans certains cas d’amaurose, de tremblement convulsif des yeux, ou de la fatigue de ces organes, nous y reviendrons plus tard. — Quoiqu'il en soit, d’ailleurs, et pour en revenir au petit oblique, rappelons ici qu'il s’insère au rebord inférieur de l’orbite à un centimètre environ du sac lacrymal, et quelquefois, sinon souvent, à ce sac lui-mème ; que sa portion extra-capsulaire est plus longue que sa portion inJra-capsulaire, que l’ouverture aponévrotique dans laquelle il s’engage est Irès-rapprochée de celle du droit inférieur, que la portion intracapsulaire s’enroule autour de l’œil pour embrasser sa partie inférieure, se porte en arrière en dehors et un peu en haut, et va s’insérer en arrière de la partie moyenne de l’œil. — Ajoutons qu'au tour de son insertion il n existe aucun organe important, soit nerf, artère, etc., et qu’un instrument tranchant, glissé entre la paroi inférieure de l'orbite et le muscle, ne saurait être ramené en avant sans rencontrer l’insertion de ce dernier, et par conséquent sans le diviser:

Le muscle petit oblique peut etre d’ailleurs divisé à l’endroit de son insertion au globe de l’œil ou à1 2 celui de son insertion à l’orbile. — - La' première opération serait, il faut l’avouer, d’une exécution fort difficile, attendu lu profondeur à laquelle l'organe est situé et la position du muscle droit externe qui le recouvre ; si cependant on persistait à vouloir la pratiquer, il faudrait alors dénuder l’œil dans une grande étendue

(1) Phillips, ouv. cité, p. 207.

(2) Bonnet, ouv. cité, p. 27.

et l’opération pourrait peut-être alors perdre son caractère de simplicité et d’innocuité. Aussi est-il de beaucoup préférable de suivre le second procédé et de couper le muscle a son insertion a l’orbite, ainsi que i’a conseillé et proposé M. Bonnet (1).

Manuel of/ératoire. — L’appareil instrumental se compose d’un ténotome assez pointu pour piquer la paupière, et assez arrondi à sa pointe pour ne pa6 être arrêté en> glissant sur l'orbite. Sa lame doit avoir quatre centimètres de longueur et trois miliimètres.de largeur, et ne coupe que dans l’étendue de trois centimètres seulement ; de telle manière que, après l’avoir enfoncé aussi profondément que possible, sa p irtie tranchante ne corresponde plus à l'ouverture de la peau. — Quant à la situation du malade, il doit être assis la tète renversée en arrière et maintenue sur la poitrine d’un aide ou sur le dos d’un fauteuil; l’opérateur est placé du côté droit du malade, et si l’on suppose qu’il opère sur l’œil gauche, son doigt indicateur du même côté sera posé sur le milieu de la paupière inférieure de telle sorte que sou ongle repose immédiatement au-dessus du rebord inférieur de l’orbite : repoussant ensuite en arrière avec ce doigt l’œil et la paupière, il met ainsi le milieu du bord inférieur de l’orbite en relief.

— Il plonge ensuite le ténotome, qu’il tient de la main droite comme une plume à écrire (2), au-devant de son ongle, im- | médiutement en arrière du rebord orbi1taire , puis le pousse en bas jusqu’à ce qu’il rencontre la paroi inférieure de 1 orbite, puis l'enfonce dans cette cavité à une profondeur de deux à trois centimètres, en suivant une direction perpendiculaire à celle du petit oblique, | c'est-à-dire une direction oblique d’avant | en arrière et de dehors en dedans. Une I fois la pointe, qui ne doit jamais abandonner l’orbite, arrivée jusque près de l’ethmoïde, l'instrument, qui peu à peu a été ramené à lu direction horizontale, est reporté en avant, le tranchant dirigé! dans le même sens , et, du moment oii , on le sent au-dessus de la plaie et que sm j pointe aboutit un peu en dehors du sac , lacrymal, il paraît impossible qu’on n’ail pas accroché le muscle pelitoblique. Pouu eu assurer la section, il convient de tourc

(1) Ouv. cité, p. 233.

(2) Bonnet, ouv. cité, planche 8.

DE MÉDECINE

ner la lame d’abord en bas, puis contre la partie antérieure du maxillaire superieur, de manière que le muscle, s il n’est pas encore divisé, soit compris entre l’os et la lame de l’instrument, et qu’on soit sûr de compléter la section dans le cas où elle serait encore incomplète (1).

Si l’on opère du côté droit, il convient de se placer du côté gauche du malade, et alors on tient l'instrument d^e la main du même côté; à moins qu à I imitation de M. Bonnet l’opérateur ne préfère se placer à droite et derrière le malade, et se servir alors également de la main droite pour tenir l’instrument (2). — M. Malgaigne a eu occasion de se servir, pour pratiquer cette opération, d’une lame ordinaire de canif à tranchant concave dont il avait émoussé la pointe, et a également réussi (3).

Suites immédiates de la section du muscle petit oblique. — L’instrument est à peine retiré qu’aussilôt il s’échappe de la plaie une certaine quantité de sang, et que la paupière inférieure devient incontinent gonflée et ecchymnsée. Mais l’organe de la vue n’en est pas moins entièrement étranger aux suites de l'opération : tout au plus la conjonctive s’ecchymose-t-elle du troisième et quatrième jour ; mais ces taies disparaissent ordinairement du quinzième au vingtième jour, et comme il n’y a ni inflammation ni suppuration , le malade se trouve promptement rétabli.

UE l’excision de la conjonctive, pratiquée DANS LE BUT DE GUERIP, LE STRA- BISME LÉGER.

Pour remédier, dans le cas de strabisme léger, à une déviation survenue à la suite de l’opération de la myotomie du muscle droit interne, M. Dieffenbach a proposé de saisir la conjonctive au côté externe delà cornée, de former sur ce point, avec cette membrane, un pli vertical de plusieurs millimètres de lur- » geur, et d’excist r tout à la fois une portion de la conjonctive et de l'albuginée, ji tout près de l’insertion du muscle droit r 1 2 externe. — Une érigne et des ciseaux t courbes sur le plat suffisent pour prati- 0< rçucr cette opération. — Dans le cas où

(1) bonnet, ouv. cité, planche 2.

(2) Bonnet, ouv. cité, p. 237.

(5) Malgaigne,. onv. cilé, p. 988.

il s’agirait de remédier, au contraire, aux inconvénients du strabisme divergent ou externe, ce serait un lambeau de la portion interne de la conjonctive qu il faudrait enlever. — Suivant M. Gunier, mieux serait de combiner alors la section avec l’excision en ayant recours à une antre opération dont nous allons nous occuper.

DE LA SECTION DE LA CONJONCTIVE, PRATI- QUÉE DANS LE BUT DE REMEDIER AUX

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