‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 226 sur 656 · DU STRABISME ARTIFICIEL · texte numérisé non relu

DU STRABISME ARTIFICIEL

C’est à M. Florent Cunier que revient l’honneur d’avoir proposé de produire des strabismes artificiels (2) pour remédier aux cas où il existe une tache centrale à la cornée qui s’oppose à la pénétration des rayons lumineux jusqu’au fond de l’œil, et des rayons lumineux qui pourraient arriver jusqu’à la réline si au lieu de se présenter de face ils se présentaient de côlé. L’opération qu’il a pratiquée sur le nommé Elzæeht parait même avoir été couronnée de succès.

Atteint de nystagme de l’œil gauche depuis sa naissance, E zæcht avait été pris à l’àge de deux ans d'une ophthalmie purulente catarrhale quis’élail accompagnée de la foule de l’œil droit, et qui avait déterminé sur les deux tiers extérieurs de la cornée de l'œil gauche, une opacité leucomateuse. Quant au tiers interne resté transparent, il se trouvait caché dans le grand angle de l'organe et

(t) Bonnet, ouv. cité, p. 307, 508.

(2J Lettre à l’Acad. des sciences.

n’était visible qu’autant que le maladè comprimait le moignon qui restait à droile et faisait ainsi cesser le strabisme de l’œil gauche. Il pouvait du reste discerner les objets rapprochés, en les portant vers le nez et en tournant l’œil le plus possible en dehors ; la pupille était libre d’adhérences et se contractait normalement, la chambre antérieure avait aussi sa capacité normale. — Pour remédier à un pareil état de choses, M. Florent Cunier divisa d’abord le muscle droit interne et fit cesser immédiatement le loucher. La pupille étant venue se placer au centre de l’orbite, puis l’œil n’élant pas assez porté en dehors pour permettre au malade de discerner convenablement les objets, M. Florent Cunier mit à nu la sclérotique jusqu’aux muscles droits supérieur et inférieur, sans pouvoir déterminer le moindre degré de strabisme externe. Coupant alors le muscle petit oblique, il eut la satisfaction de voir l’œil se porter aussitôl en dehors et un peu en haut; position des plus favorables au sujet. — M. Florent Cunier a opéré également avec succès le nommé Meihiels et la nommée Pétronille Vandyck (1).

Est venu ensuite M. Petrequin, qui, dans une lettre également écrite à l’Institut, s’est exprimé d’une manière favorable sur le strabisme artificiel (2). — En compulsant les Annales de Shart, on trouve en effet un certain nombre de:

strabismes qui se sont développés consécutivement à diverses altérations organiques dans le champ de la vision; en.

d’autres termes, la déviation oculaire, était physiologiquement liée à la déviation de l’axe pupillaire. — La nature ouvrait ainsi une voie féconde. Or, aujourd’hui que les effets de la strabotomier sont parfaitement appréciés, l’homme de:

l’art est logiquement amené par le raisonnement et par l'expérience, à créeri cette même liaison physiologique dans des circonstances analogues où la naturfi reste impuissante. C’est ce que j ai faiti à l'exemple de M. Cunier, sur un ouvriei mineur de Rive-de-Gier ; ayant remar-" qué qu’on avait ainsi l'immense avan-.

tage de subslituer la manœuvre facile c< généralement innocente de la myotomie à l’opération de la pupille artificielle s>

(1) Bonnet, ouv. cité, p. 411.

(2) Lettre à l’Acad. des sciences. Ana tom., môd., cliir., p. 106, lSéA.

délicate dansl’exécution,si souvent compliquée d’accidents et si rarement heureuse dans ses résultats. — Tous ces faits, nous les citons avec plaisir ; afin que nos lecteurs puissent non-seulement en prendre connaissance, mais encore s’en servir au besoin dans des cas analogues.

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