‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 252 sur 656 · ART. 1". DE L’AUTOPLASTIE DU CRANE · texte numérisé non relu

ART. 1". DE L’AUTOPLASTIE DU CRANE

Les essais entrepris dans le but de montrer 1 utilité de l’autoplastie à la ré-

tobre 1834. * ' ’ ô C

(-) I)c 1 autoplastie après l’amputatii des cancers. — Lettre de M. Phillips M. Dieffenbacli, 1839.

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gion supérieure du crâne, ou sur les parties osseuses de cette région , ont justifié jusqu’à ce jour les craintes que cette opération avait fait naître. La greffe animale avait d’ailleurs déjà été essayée par ceux qui , ayant foi en Duhamel et Hunter , avaient espéré effacer l’ouverture pratiquée par le trépan , en replaçant dans l’orifice le disque osseux enlevé par la couronne ; mais nonobstant les faits rapportés par Job-a-Meckren(l) et Walther , malgré les conseils donnés par M. Maunoir (2j, nous n’hésitons pas à rejeter d'une manière absolue de pareils moyens , à raison des accidents inflammatoires qu’ils pourraient faire naître dans l’intérieur du crâne, et parce que rien ne nous paraît moins authentique que les succès qu’on dit avoir obtenus.

ART. II. — DE l’autoplastie AURICULAIRE (otoplastiqueJ.

Galien. Paul d'Egine, Celse et la famille des Branca, selon toute apparence, ont eu recours à cette opération, ou du moins ils eu parlent; et, à en croire Tagliacozzi , la ressemblance etilre les deux oreilles était si exacte après la cure qu’il avait faite, qu’on s’y serait aisément mépris. Toutefois , personne ri’avait songé à remettre en honneur cette opération avant M. Dieffenbach, qui y a eu recours avec succès , et il faut en dire autant de M. de Renzi (3). M. Velpeau n’a pas été aussi heureux dans les deux tentatives qu’il a faites (4) ; mais aux deux succès susmentionnés il nous est doux d’en joindre un troisième que nous avons opéré à Alger sur un jeune Maure de cette ville , qui avait perdu I’helix presque entièrement. Le procédé dont nous nous sommes servi n’ayant différé de celui que nous allons décrire que pour l’application , c’est-à-dire à cause de l’étendue de la lésion , nous nous bornons simplement à enregistrer ce nouveau succès d'autoplaslie auriculaire. Cette demi re peut porter d’ailleurs sur la .partie supérieure , inférieure ou postérieure de l’oreille.

(1) Goocli, On tlie wounds, etc.

(2) Dict. dessciences médic. Ente animale.

(3) Gaz. méd., p. 634. -1834. — nict.

en 55 vol., art. Oreille, t. xxii, p. 353.

(4) Méd. opérât., t. i, p. 635. 1639.

Manuel opératoire. — Il peut être divisé en trois temps:

Premier temps. — La portion de l’oreille qui forme le bord de la difformité une fois régularisée et rafraîchie , l’instrument divise la portion de téguments qui recouvre la tempe, l’apophyse mastoïde ou l’échancrure sous-auriculaire , un peuplas près cependant de l’organe de l’audition que du niveau de la partie avivée , mais dans une direction parallèle au bord de cette dernière. L’opérateur pratique ensuite à chaque extrémité de la première une autre incision d’une longueur appropriée, de:

manière à donner au lambeau la forme et l’étendue convenables , mais qui doit être dans tous les cas au moins une fois aussi giande que celle de la perte de: substance. Reste ensuite à disséquer excentriquement le lambeau, c’est-à-dire de la première plaie vers le bord adhérent, et à agir de façon à conserver une quantité suffisante de tissu cellulaire à sa face postérieure.

Deuxième temps. — Le bord libre de l’opercule est appliqué à la plaie de l’oreille externe et maintenu à l’aide de ; la suture entortillée; puis l’opérateur passe derrière l’espèce de pont auquel!

cet agencement donne lieu une bandelette de linge enduite de cérat , afin de • s’opposer au recollement du lambeau, et le tout est arrosé d’eau de guimauve tiède , grâce aux compresses qu’on imbibe de ce liquide et qu’on place sur la partie. La réunion obtenue, et elle peut: arriver au bout de trois ou cinq jours, . les aiguilles doivent être enlevées avec précaution; dans le cas contraire, on les réapplique, si on le juge convenable; . puis quand, au bout de vingt ou trente ■ jours, la cicatrisation a fait assez de progrès pour que les adhérences aient acquis quelque solidité , on sépare le lambeau téguinentaire du crâne.

Troisième temps. — Faire disparaître les inégalités du lambeau , en régulariser les angles pour éviter qu’il ne se mortifie , le soumettre de nouveau à des applications émollientes , doit être alors la conduite du chirurgien , qui continuera ensuite à panser eetie partie • et la plaie de la tète comme si I une et l’autre étaient dues à d autres causes -1 2 3 4 morbides. La guérison une fois com- i plète , il n’est pas rare de voir la ci- j catrice du lambeau sc rétracter, s’é- j paissir, se durcir, prendre h forme d’un bourrelet; puis , après avoir pâli dès le

principe, acquérir ensuite une rougeur assez vive et qui persiste long-temps après encore, de manière à effacer en partie la coloration du pavillon.

En résumé donc , ce qu’il importe avant tout, quand on se décide à recourir à l’auloplastie auriculaire , est de placer en dehors la face cutanée du lambeau , de manière à faire correspondre le côté saignant , qui doit suppurer et se couvrir d’une cicatrice , vers la tête. Dois-je ajouter qu’ici encore la méthode française est non -seulement applicable , mais qu’elle doit presque toujours être préférée?

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