‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 259 sur 656 · C. DE LA RESTAURATION DE LA SOUS- CLOISON DU NEZ · texte numérisé non relu

C. DE LA RESTAURATION DE LA SOUS- CLOISON DU NEZ

Cette opération a été pratiquée à la suite d’une opération de rhinoplastie, où la gangrène s’était emparée de la portion destinée à former la sous-cloison, et le lambeau fut pris cette fois à la lèvre supérieure (1). Elle a été mise en usage pour plusieurs cas de bec-de-lièvre compliqué , puis pour un cas de destruction complète survenue à la suite d’une ulcération delà peau de la cloison avec destruction du cartilage même à 15 ou 18 millimètres de hauteur.

a. Procédé de Al. Blandin. — Détacher un lambeau sur les côtés de la lèvre supérieure, puis le tordre et le réunir au bout du nez, sauf à diviser ensuite le pédicule et à faire adhérer entre les deux narines, a du être la première idée qui se soit présentée à l’esprit de ceux qui se sont adonnés à cette partie de la chirurgie (l); mais, à mesure que la méthode française a été plus appréciée, on a senti peu à peu qu’il était inutile de tordre le

(1) Ibid., p. 256, pi. 22, fig. t.

(2) Malgaigne, Manuel de méd. opér.,

(1) Serre, ouvr. cité, p. 257, pi. 22, fig. 2.

DE MÉDECINE OPERATOIRE.

ambeau, et qu’il était préférable de le létacher de la partie moyenne de la èvre en le renversant de bas en haut, le manière à laisser en dehors la face irolonde de la peau, que le contact de ’air fait passer bientôt de l’état muqueux i l’état tégutnentaire, et c’est à M. Blanlin, je crois, qu’il faut rapporter l’honîeur d’avoir le premier pratiqué cette nodification sur une femme qu’il pré— ienta à l’Académie de médecine (1). — ■ 3eut-être serait-il mieux encore de déacher le lambeau par sa partie supéieure , puis de le séparer ensuite de la èvre, lorsque déjà il adhérerait au bout lu nez, sauf à former la feule labiale ;onime on le fait pour un bec-de lièvre simple (2). — M. Dieffenbach a récemment proposé de prendre un petit lamjeau sur le dos du nez, mais ce procédé îe nous paraît applicable qu'aux cas où a peau qui concourt à la formation de la èvre supérieure ne peut être utilisée ivec chance de succès.

b. Procédé de Dupuytren. — L’opé- 'ateur , la main armée d’un bistouri, îommence par rafraîchir ce qui reste de a cloison, et taille ensuite le lambeau pii lui est nécessaire sur la lèvre supérieure, après avoir, au préalable, pris ses dimensions. L’incision porte sur la .igné médiane, mais ne se prolonge pas usqu’au bord libre de la lèvre, et ne comprend en outre que la moitié de son épaisseur. L’incision latérale du côté jauc.be remonte un peu plus que celle du ’ôté droit ; puis le lambeau disséqué suiant ces données est tourné en tordant on pédicule de gauche à droite, et en e fixant à la pointe du nez à l’aide de leux aiguilles. — Deux autres aiguilles ervent à réunir par première intention a plaie faite à la lèvre ; puis deux tamions de charpie enduits de cérat sont •lacés dans les narines, pour les maiuenir ouvertes. On assujettit ensuite le out par des bandelettes agglutinalives ont le plein, appliqué sur la cloison, erl à la soutenir, et dont les extrémités ont se fixer sur les joues, le front et les empes. — Le succès couronna la tenntive de Dupuytren ; mais la torsion du édicule donnait lieu à une saillie désaréable, et la sous-cloison elle-même of-

(1) Uulletin de l’Ac. r. de mécl., t. iv, ». 558. 1839-40.

Serre, ouvr. cité, p. 259, pi. 23,

frait une largeur difforme : de plus , le bout du nez se trouvait tiraillé par la cicatrice et donnait à cet organe une forme aplatie. Aussi M.Gensoul crut-il nécessaire d’y remédier de la manière suivante : — Il cerna la base du lambeau par une incision en V, et réunit avec une aiguille la perte de substance qui en résulta pour la lèvre supérieure. — Ensuite, il enleva, à l’aide de deux incisions , une bandelette médiane dans toute l’étendue de la sous cloison et, à l’aide d’un point de suture entrecoupée, réunit les deux portions latérales.

c. Procédé de M. Labat. — Quand la sous-cloison manque, non par un vice congénital accompagné de bec-de-lièvre, mais par suite d’affection postérieure à la naissance, M. Labat a conseillé de refaire la partie à l’aide d’un lambeau pris à l’éminence thénar.

d. Appréciation. — Il n’est, pour ainsi dire, aucune méthode opératoire qui n’ait été mise en usage et conseillée à l’effet de remédier à l’absence de la souscloison : méthode italienne, méthode indienne et méthode française ont été tour à tour mises à contribution ; mais ici encore la méthode par déplacement noùs semble devoir être souvent préférée. — Toutefois, il peut se rencontrer des cas de restauration, en quelque sorte exceptionnels, dans lesquels il faille recourir à la méthode par transplantation pour réussir : témoin l’opération pratiquée par M. Roux pour une perte très-étendue de la face chez une malade opérée sept fois sur la lèvre supérieure et inférieure, puis sur la paume de la main, enfin une dernière fois avec succès sur la lèvre inférieure ; fait des plus remarquables , peut-être unique même dans les annales de l’art, et qu’il est à regretter beaucoup de voir perdu, pour ainsi dire, dans un journal périodique ( Revue médicale, tom, l", page 6, année 1830).

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